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Billet de blog 16 nov. 2021

« L’Enfant de personne », film et débat

Ce film, projeté hier soir sur France 2, raconte l’histoire dramatique d’un enfant placé en famille d’accueil et en établissement. Décryptage du film et du débat qui a suivi.

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L’Enfant de personne, réalisé par Isker Akim, retrace l’histoire de Lyes Louffok, nommément désigné dans le film, à partir du récit qu’il a fait de son enfance en famille d’accueil et établissement, dans un livre ayant pour titre Dans l’enfer des foyers, moi, Lyes, enfant de personne (Flammarion, 2014).

Tout commence par l’assistante familiale qui accueillait Lyes depuis presque six ans : alors qu’elle veut rejoindre le sud de la France avec son mari, Émilie est effondrée car elle apprend que l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) ne l’autorise pas à partir avec l’enfant qui lui a été confié. La raison invoquée est qu’il a encore sa mère, malade mentale mais qui conserve l’autorité parentale. Le couple semble avoir été persuadé qu’il n’y aurait aucune difficulté, il a vendu la maison, le mari a trouvé un emploi. C’est trop tard pour reculer, sa sœur Agathe lui reproche cette précipitation. L’enfant a six ans, il est placé depuis l’âge de 4 mois (plus loin dans le film il est dit qu’il est resté en pouponnière jusqu’à 6 mois).

Lyes, désespéré, est emmené de force par la nouvelle assistante familiale. Agathe découvre qu’il n’est pas scolarisé, accuse l’assistante familiale de ne pas faire son travail et prévient l’ASE. Jeanne, l’assistante sociale ASE, effectue alors une visite, et découvre que les conditions de vie sont dignes des Thénardier : l’enfant est enfermé dans une pièce où il dort sur un galetas, il ne prend pas ses repas avec la famille. Elle l’emmène aussitôt et menace l’assistante familiale de rétorsion. Il est le jour-même placé dans un foyer où ce ne sont qu’engueulades, disputes, chahuts, cris. On interdit à Agathe, qui est attaché à cet enfant, de venir lui rendre visite. Il apprend par un éducateur que sa mère n’est pas Émilie mais Leila qui est malade et ne peut s’occuper de lui. Il cherche à savoir qui est son père, il n’a pas de réponse. On l’empêche de joindre par téléphone Émilie. On lui impose une rencontre avec sa mère, en visite médiatisée, en présence d’une infirmière et de l’assistante sociale, pour contenir le comportement particulièrement perturbé de cette femme.

Lyes grandit, s’est endurci. Il se bagarre, traite sa mère de « folle », de « pute ». Les éducs sont quelque peu bourrins, l’un (non diplômé) particulièrement violent, excepté une éducatrice compréhensive… car elle a été elle-même placée enfant, sa mère ne pouvant l’assumer. Les jeunes noirs ou rebeu sont nombreux (dans son livre, Lyes Louffok écrit : « les Blancs-blancs sont très minoritaires au foyer »), il n’empêche qu’il est traité de « sale Arabe » et de « sale pédé ». Agathe n’obtient pas de pouvoir l’accueillir car elle est célibataire, sans enfant, par ailleurs Lyes a toujours sa mère. Agathe, colère, explique ce refus par le fait qu’elle lui donnerait trop d’amour, trop d’affection. Et, en interne, en réunion de synthèse, les professionnels débattent : l’un, le chef, lâche qu’elle est la cause du fait que Lyes ne s’intègre pas au foyer, il faut donc espacer les temps de rencontre avec elle. Il fugue avec deux filles, rattrapés par la police. Il est soumis à un châtiment de la part de l’éduc non diplômé. Et envoyé dans une énième famille d’accueil, sans préparation, ce qui provoque un pétage de plomb de l’éducatrice qui l’avait pris sous son aile et qui démissionne.

Agathe (isabelle Carré) et Jeanne, l'assistante sociale (Andréa Bescond)

Tandis qu’une des fugueuses se pend, Lyes ne supportant pas le fermier frustre et violent chez qui il a été placé, le menace d’un couteau. Sa fureur est d’autant plus forte que le fermier a interrompu une conversation téléphonique de Lyes avec sa mère « biologique » alors qu’elle s’apprêtait à lui donner le nom du père. On menace de le placer dans un Centre Éducatif Renforcé, finalement il se retrouve chez Yasmina : elle est chaleureuse, mais il lui en fait voir pire que pendre, les injustices accumulées font que l’adolescent est en révolte permanente.

Le film est interprété avec talent par la solaire Isabelle Carré (qui semble vouloir se couler dans ce genre de rôle, comme l’institutrice dans la Maladroite, en parallèle à un combat pour l’enfance maltraitée). Les enfants successifs campent Lyes de façon convaincante (Moncef Farfar, Yassine Chorfa, Abdelmadjid Guemri), ainsi que la « bonne » éducatrice Myriam, prénommée Caroline, algéro-marocaine, dans le livre (Nawell Madani), bien que sa colère avant démission paraît surjouée. Andréa Bescond est une assistante sociale plausible. Excepté quelques raccourcis, le film retrace assez fidèlement le livre.

Cependant, une scène n’est pas dans le livre, sauf erreur : celle où Agathe rencontre l’assistante sociale de l’ASE qui lui confie : « si ça dépendait que de moi, il y a longtemps qu’il serait avec vous. Je ne peux aller contre la politique de l’ASE. On aurait dû laisser votre sœur adopter Lyes, on n’en serait pas là ». Cette étonnante contrition tend à centrer sur la « méchante ASE » (comme jadis sur la « méchante DDASS ») la cause de tous les loupés. Par ailleurs, Agathe parvient à récupérer le dossier du juge (grâce à son avocat) : elle permet à Lyes de le découvrir, il ne trouve toujours pas de trace du père, et donc pas de réponse à ce qui le hante. Et apprend que sa mère était schizophrène, bien avant sa naissance (donc il n’y est pour rien si elle est malade). Il se demande pourquoi elle ne l’a pas abandonné (ce qui aurait permis l’adoption) : la réponse est inscrite là dans ce dossier, c’est le psy qui l’a incitée à ne pas signer d’acte d’abandon, cela faisait partie de sa guérison éventuelle.

Le film se termine par un commentaire off censé être prononcé par Lyes Louffok, extrait du prologue de son livre : « ce récit n’est pas une thérapie dont vous seriez le divan, car je n’ai jamais imaginé guérir de tout ça, mais une alerte sérieuse, un devoir de parler pour les autres ».

 . diffusion le 15 novembre, sur France 2, disponible en replay jusqu’au 7/01/2022 (déjà diffusé en Belgique depuis le début de l’année) : ici. Prix du meilleur téléfilm au Festival de La Rochelle 2021. 

Commentaires :

Ce film de fiction, car s’il raconte une histoire vraie, il n’est pas un documentaire, est traité de façon honnête. Ce qui était une gageure : car il devait suivre assez strictement l’histoire réelle (en tout cas le récit qu’en ont fait Lyes Louffok et la journaliste Sophie Blandinières), mettre en exergue la veine dramatique mais aussi ne pas tomber dans une facilité consistant à condamner tout le secteur de la protection de l’enfance, avec le risque de mal le connaître et de dérouler des lieux communs. Il n’échappe pas toujours à ce risque (ne serait-ce que parce que l’histoire de Lyes est assez singulière, concentrant tous les dysfonctionnements sur un seul enfant) mais il confirme ce que j’ai déjà commenté : paradoxalement, la fiction est bien plus près de la réalité, s’en fait bien davantage l’écho, grâce aux sérieux des réalisateurs (je pense aussi à La Maladroite ou à La Tête haute), que certains documentaires cherchant à faire scandale et sacrifiant au buzz (par exemple, mais pas seulement : Enfants placés : les sacrifiés de la République ou Enfants placés : que fait la République ?).

Le débat :

On notera tout d’abord qu’Adrien Taquet, secrétaire d’État chargé de l’enfance et des familles, n’avait pas daigné venir. Certes, lors d’un débat précédent, il avait été traité de « menteur » par Lyes Louffok, mais ce n’est pas une raison. Cette politique de la chaise vide le grille car si le communiquant, inventeur de la formule En Marche, a eu du mal à convaincre de sa compétence sur les sujets dont il a la charge, cette fuite le dessert. Il se déplace en France et rencontre des anciens enfants placés qui lui font bon accueil, mais un passage à la télé c’est autre chose. Nathalie Elimas, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports chargée de l’Éducation prioritaire, a été envoyée au charbon pour le remplacer sur des questions qu’elle ne maîtrise pas. Elle ne pouvait pour l’essentiel que dire qu’elle était émue, mère de famille de 4 enfants et citoyenne, lâchant pathétique quelques mots (projet de l’enfant et intérêt de l’enfant). On mesure que Lyes Louffok brûlait d’envie de stigmatiser la lâcheté du ministre, mais il a respecté l’engagement (vraisemblable) qu’il avait pris de ne pas provoquer d’esclandre. 

Le journaliste Julian Bugier a commencé la soirée, organisée par France 2 le 15 novembre, en disant que 170 000 enfants sont retirés de leur famille par sécurité mais qu’ils n’échappent pas à la violence comme le montre le film L’Enfant de personne. Déjà là, il y a confusion entre enfants placés (ou accueillis) et enfants « retirés », puisque parmi les enfants placés 17 % sont accueillis sur accord des parents (sans décision judiciaire), 10 % mineurs, 7 % jeunes majeurs. Et certains enfants placés par un juge le sont en accord avec les parents. Mais la chaîne veut du croustillant, c’est pourquoi Bugier ne cessera de chercher à faire dire que l’enfer régnait dans les foyers et les familles d’accueil.

Marie Vaton, journaliste à L’Obs, auteur d’Enfants placés, il était une fois un naufrage (j’ai critiqué ce livre qui a le mérite d’interroger le terrain mais sacrifie à certaines facilités, voir ici). Ces facilités, on les retrouvait dans ses propos : comme « 101 Départements, 101 politiques », ou le fait qu’on lui aurait cité un cas, totalement invraisemblable, où un petit enfant aurait fait « 24 familles d’accueil entre 1 et 3 ans ». Elle tenait à dire que des djihadistes sont passés par l’ASE (dont les frères Kouachi), argument utilisé depuis les attentats de janvier 2015 par les contempteurs de l’ASE, également par Lyes Louffok dans son livre, sans que l’on nous précise ce que signifie alors le fait que nombre de terroristes sont issus de (petites) classes moyennes, avec des parcours familiaux « normaux ». Remarque déplacée, tout au moins maladroite quand on sait que Daech, dans sa revue internationale Dar al-Islam en décembre 2015, appelait non seulement à s’en prendre aux enseignants mais aussi aux services sociaux « qui retirent les enfants musulmans à leurs parents ». Elle lâche que depuis des années, les éducateurs ne sont plus sur le terrain, elle parle de bureaucratisation, ils reçoivent dans les bureaux (cela aurait mérité qu’elle développe une telle assertion). Elle tente de dire qu’on ne fait rien pour l’enfance parce que ce sont des familles pauvres, ajoutant la tarte à la crème sur « les enfants qui ne votent pas », puis se corrige aussitôt pour lâcher cet autre lieu commun : « la maltraitance ça touche tous les milieux ». Elle disait avoir découvert le mot « incasables » utilisé pour désigner les mineurs les plus difficiles (mot, ceci dit en passant, qui a cours depuis 40 ans, ou davantage).

Par contre, elle rend compte avec justesse des burn-out de nombreux travailleurs sociaux contraints à assurer un nombre invraisemblable de suivis éducatifs et sociaux, avec des collègues en arrêt maladie, et la crainte chevillée au corps de passer à côté d’une situation grave dont ils seraient tenus pour responsables. Elle note également que beaucoup d’enfants accueillis à l’ASE ont  des handicaps qui justifieraient des prises en charge spécialisées : « l’ASE ne peut pallier les défaillances des autres institutions ».

L’ancienne juge des enfants (ayant quitté la fonction apparemment en désaccord avec les conditions d’exercice) a trouvé le film juste et réussi, a reconnu que c’était difficile d’évaluer les liens entre un enfant et ses parents. Elle accuse les Départements de garder agréées des familles d’accueil connues pour leur comportement violent, se plaint que les juges n’aient pas leur mot à dire sur le lieu de placement. Elle regrette que les décisions des juges demandant un contrat jeune majeur ne soient pas exécutées car non financées, sous-entendant pour le téléspectateur que c’est le Département qui rechigne (sans préciser que ce serait alors à la Chancellerie de financer dans l’état actuel de la loi… et ce depuis 1975). Elle accuse les services des Départements de ne prendre en charge que les jeunes majeurs les plus dociles.  

Elle dénonce à son tour « le dogme ou le mythe du retour de l’enfant dans sa famille ». La ministre enchaînait sur le fait, oui oui, qu’ « il faut déconstruire ce dogme ». Julian Bugier avait dû lire quelque chose sur le sujet, alors mi-affirmatif, mi-interrogateur, il dit que cela fonctionne différemment en Belgique et en Angleterre (oubliant les excès du dispositif anglais : voir voir « Les enfants perdus d’Angleterre »). A noter que personne n’est revenu dans le débat sur cette idée (qu’évoquent le film et le livre) que l’ASE condamnerait les familles d’accueil exprimant trop d’affection, qui, selon moi, est une facilité d’explication face à des décisions non comprises.  

La représentante des assistantes familiales a déclaré qu’elle était « en guerre avec toutes les institutions ». Elle tacle l’ADF : absente des réunions nationales organisées au ministère par Adrien Taquet. Elle se plaint que les écrits des assfam ne soient pas transmis tels quels au juge.

Le représentant de l’Assemblée des Départements de France (ADF), Frédéric Bierry, n’a rien à dire pour l’ADF (toujours incroyablement absente sur la protection de l’enfance). Il s’exprime plutôt comme président (LR) du Conseil Départemental d’Alsace. Il a pris la peine d’interroger « ses » travailleurs sociaux. D’emblée, il dit que dans l’affaire de Lyes il y a « au moins 19 dysfonctionnements ». Je crois qu’il a raison mais il est regrettable qu’il ne les ait pas listés. Il note à juste titre que les situations préoccupantes explosent partout, dans le secteur de l’enfance mais pas seulement : aussi sur la pauvreté et l’insertion. La tension est telle qu’ « on a du mal à recruter ». Il relève le manque de pédopsychiatres et annonce que dans son département, des retraits d’agréments ont lieu quand la famille d’accueil n’est pas à la hauteur. Il tient au final à dire qu’il y a de « très belles réussites », rend « hommage aux travailleurs sociaux pour le travail remarquable qu’ils accomplissent » et conclut sur la nécessaire prévention, évoquant la Protection Maternelle et Infantile (PMI). Du coup, ce fut le seul (ce qui est normal du fait de sa fonction) à avoir une vue plus transversale de l’action sociale.

Lyes Louffok, 27 ans, a tenu un propos pertinent sur ce que vivent et subissent les enfants placés, et sur la politique publique de protection de l’enfance. Il a apporté des compléments d’explications sur ce qu’il a vécu, avec une certaine pudeur à la suite d’un film qui racontait son histoire et des éléments intimes, mais il n’est pas resté rivé sur son cas personnel. Il a admis que les thèses de « sacralisation absolue de la famille biologique » seraient en recul, évoquant une prise de conscience des professionnels (vrai, mais cela est bien antérieur au combat qu’il mène à ce sujet). Sa position est compréhensible du fait de son histoire très particulière : car si le film parle de 4 ou 6 mois en pouponnière, il semble bien qu’il y soit resté 18 mois. Si c’est le cas, c’est là une première erreur très grave de l'institution ASE. Ensuite, si sa mère était vraiment dans l’état où elle est décrite, il est évident qu’il n’aurait jamais dû être retiré de sa première famille d’accueil (dont la décision de départ, sans tenir compte du risque de ne pouvoir emmener l’enfant, a été une violence supplémentaire pour lui). Aucune visite chez la seconde famille d’accueil, pendant deux ans apparemment : si c'est vrai c'est une faute professionnelle extrêmement grave. Si Agathe avait les qualités annoncées, on ne comprend pas la non-prise en compte de sa demande. La violence de l’éducateur, des éducs non formés, etc…  Il est bien possible qu’il y ait eu 19 dysfonctionnements et si Julian Bugier voulait faire accroire que c’est le cas ailleurs, pour ma part, tout en ne prétendant surtout pas que tout va bien dans le meilleur des mondes, pour avoir connu des centaines d'enfants placés, je n’ai jamais vu une telle situation. Celle-ci était relativement récente quand le livre est paru (2014, Lyes avait 20 ans), j'ignore si le Département des Yvelines s'est au moins expliqué compte tenu d'un récit qui le mettait gravement en cause.

Alors qu’il a tendance d’ordinaire à se mettre en avant, jouant (peut-être, selon lui, pour la bonne cause) les rôles que des bonnes âmes ont cherché à lui faire endosser (souvent pour leur propre gloire), le conduisant à être particulièrement injuste envers les travailleurs sociaux, là il se fait leur défenseur, d’autant plus que, scandale habituel, ils et elles ne sont pas représentés sur le plateau. Il précise qu’il est (aussi) éducateur spécialisé (ce qu’il évitait de dire jusqu’alors), alors même qu’il n’est pas sur ce plateau à ce titre. Il évoque la souffrance des professionnels ("autant maltraités"), déroulant leurs revendications pour pouvoir mener à bien leurs missions, dénonçant le fait qu'ils et elles ont été exclus du Ségur, et appelant à la grande manifestation prévue le 7 décembre pour défendre les conditions de travail. On verra si désormais il sera aussi souvent invité s’il commence à porter des revendications y compris salariales (comme il l’a fait ici) alors que les chaînes le cajolaient pour qu’il fasse pleurer Margot à heure de grande écoute. 

Gabriel Attal et Lyes Louffok chez Ruquier samedi [capture d'écran d'OEED]

Il rappelle ses propositions, totalement fondées, qu’il avait déjà déclinées chez Laurent Ruquier samedi soir (OEED, 13 novembre) à savoir : mise en place de normes dans l’encadrement éducatif des maisons d’enfants, contrôles indépendants des établissements, fichier national des assistantes familiales, avocat auprès des enfants, et maintien de la prise en charge des jeunes majeurs (après 18 ans et ce jusqu’au moins 21 ans). Sur ce dernier point, il indique que cette politique publique est une suppléance de l’activité familiale : « c’est une honte nationale », de lâcher ainsi en pleine nature des jeunes qui partout ailleurs continueraient à être aidés (dans leur famille). Il contre sévèrement Julian Bugier qui annonçait que cela allait bientôt changer. Il ne parle pas de recentralisation de la protection de l'enfance, ce qui serait, selon moi, une erreur, l'Etat n'ayant pas fait ses preuves quand cette mission était centralisée. Par contre, un contrôle permanent extérieur est effectivement nécessaire. Par ailleurs, il est souhaitable que la protection de l'enfance s'inscrive bien dans une action sociale transversale, territoriale. 

Tout à la fin, un extrait du documentaire de Pièce à conviction de janvier 2021 est diffusé : Lyes Louffok indique, ce qui n’est pas repris sur le plateau, que la jeune fille filmée, pleurant à l’écran car seule pour subvenir à ses besoins, a été traitée ensuite de « façon lamentable » (par les services du  Département, apparemment).  

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Bilan dans un an, concluait Julian Bugier (donc docu de France 2 à prévoir à l’automne de 2022, à l’époque des marronniers).

Billet n° 643

Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique. Parcours et démarche : ici et "Chroniqueur militant". Et bilan au n° 600.

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