Dans le contexte actuel, avec un système éducatif où la transmission aux élèves de tout âge des « valeurs de la république » occupe une place centrale, obsessionnelle, la distance entre les principes affichés et la réalité vécue est impressionnante.
Un fâcheux oubli ou autre chose ? Dans leur dernier communiqué, trois organisations lycéennes appellent à une mobilisation contre le gouvernement et à un soutien aux gilets jaunes. Curieusement, ce communiqué ne mentionne pas la question du SNU (service national universel) qui, pourtant, apparaissait clairement dans les dernières manifestations. De quoi ce revirement est-il le signe ?
Depuis plusieurs semaines, le traitement par Mediapart de l’actualité gilets jaunes laisse sans doute une bonne partie de ses lecteurs, de ses abonnés, sidérés.
La violence infligée par les autorités à des lycéens de Mantes-la-Jolie révolte. Elle ne résulte pas d’un excès de zèle de quelques fonctionnaires, d’une simple bavure policière, elle est en réalité l’expression d’une logique de répression qui s’exprime à l’Education nationale depuis plusieurs années, dans une certaine indifférence. Les événements de Mantes viennent de loin.
Timidement et avec beaucoup de retard, le SNU commence à faire l’objet d’une contestation publique, venant notamment des premiers concernés, les jeunes des lycées. Une contestation qui, si l’on n’y prend pas garde, risque de s’égarer dans le grand défouloir des gilets jaunes et de leurs répondants politiques. Un tabou de la convergence des luttes...
La chose est entendue : en 18 mois, Macron aura livré la France au chaos et ses prédécesseurs n'y sont pour rien. Les électeurs non plus, votant sans doute sans penser aux conséquences...Puis, un jour, les gilets jaunes vinrent, avec la solution toute simple à tous les problèmes...
A en croire Mediapart, le 1er décembre 2018, la révolution gronde un peu partout. La Bastille est à l’Elysée, Emmanuel XVI aurait trouvé refuge en Argentine et dans les provinces reculées du royaume, les manants occupent les péages d’autoroute. Mais le 2 décembre au matin, au réveil...
Dans le contexte actuel, lancer un mouvement lycéen n’est pas une chose facile. Dans cette première vague de manifestants, certains ont pu se laisser tenter par la perspective d’actions communes avec les gilets jaunes dans le cadre d’une très hypothétique « convergence des luttes ». Il ne faut pourtant pas se tromper de combat.
Face à des contestataires à l’indignation sélective qu’on n’a jamais vus jusqu’à présent remettre en cause l’ordre politique et social, la veulerie des élus et des politiciens de tout bord, leurs médiocres calculs ne sont certes pas le signal d’un renouveau démocratique.
La direction de la pédagogie confiée à une militaire : la nomination par Blanquer à la tête du service de l'instruction publique et de l'action pédagogique d’une ingénieure en chef de l’armement et colonelle, pour atypique qu’elle puisse paraître, n’est pas vraiment une surprise. Elle confirme la sérieuse dérive militariste de l’ensemble du système éducatif.