Progression du fascisme
Tandis que s'installe aux Etats-Unis une répression aveugle, fascisante, exécutée par des sortes de SA des USA, commanditée par Donald Trump, ce dernier se fait mousser avec son Board of peace ("Conseil de la paix") entouré à Davos d'un ramassis de chefs d'Etat criminels de guerre, mafieux, sanguinaires, racistes, fascistes.
L'heure internationale est en extrême danger, mais aussi chez nous où l'extrême droite progresse. Où Marion Maréchal Le Pen, invitée ce lundi 26 janvier matin sur France Inter, dit son soutien à Trump, partageant avec lui « la lutte contre l'immigration, l'insécurité, la lutte contre le narcotrafic, le wokisme, entre autres choses ».
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À propos d'Alex Pretti, tué à bout portant par les sbires de Trump, elle parle d’un « incident », accusant les « militants d'extrême gauche » de vouloir entraver l'action de la police de l'immigration (ICE et Border Patrol). Elle annonce que si on veut lutter contre l’immigration clandestine, si on veut envoyer la police pour renvoyer ces personnes (les sans-papiers), sous-entendu quand l'extrême droite sera au pouvoir en France : « voilà à quoi ça va nous conduire, à des morts » ! C’est ce que l’info en France sur un drame qui se passe à Minneapolis, bien loin de chez nous, chercherait à instiller dans l’esprit des gens. Après avoir dit qu’elle partageait les objectifs de Trump !
Il est temps qu'en France tous les démocrates, malgré leurs divergences, s'unissent pour faire face à la bête brune (bête immonde et peste brune) qui avance progressivement, en disposant de médias et de publications complices. La petite-fille de Jean-Marie Le Pen, qui loue son grand-père précurseur « sur l'immigration, sur l'islamisation, sur la mondialisation sauvage », affirme qu'il fait désormais consensus ! Le nouveau livre qu'elle sort est publié par la maison d'édition de Bolloré (Fayard) qui donne la parole à la fine fleur de la droite extrême et de l'extrême droite : Zemmour, de Villiers, Bardella, Goldnadel, Mabrouk, Sarkozy... À noter que Madame Le Pen Maréchal confond allégrement clandestins, sans-papiers et OQTF (une personne sous OQTF, avec obligation à quitter le territoire français, est certes "sans-papiers" ou n’est plus "avec papiers", mais n’est pas clandestine, par définition la préfecture sait qu’elle est là, sur le territoire français, d’ailleurs elle peut très bien lui accorder un titre de séjour après l’avoir auparavant déclarée OQTF). Mais dans sa phraséologie, comme pour l’extrême droite dans son ensemble, il importe de parler avec dégoût de tout immigré et d’employer des mots qui ne permettent pas la moindre empathie.
. À noter que Greg Bovino, le chef de ICE, joue sur le code vestimentaire nazi. Quant à Capgemini, société française, elle collabore avec ICE pour localiser les migrants et s’en vante (selon France 2). Enfin, se souvenir du film de Philippe Van Leeuw, The Wall, où le personnage joué par Vicky Krieps, agente fédérale de l’US Border Patrol, chargée de surveiller la frontière de l’Arizona avec le Mexique, abattait froidement un Mexicain clandestin et maquillait cet assassinat pour invoquer la légitime défense.
[27 janvier]
« Wokistes radicalisés » sur France culture
Quasiment au même moment, sur France Culture, Guillaume Erner recevait Aquilino Morelle, ancien conseiller de François hollande, viré car il se faisait cirer les pompes à l’Elysée aux frais de la princesse. Il publie un livre dans lequel il accuse les intellectuels français de s’être convertis à la pensée américaine. Et de dérouler le mantra des réactionnaires, à savoir qu’il y aurait un danger des « extrêmes » et que les « wokistes radicalisés » seraient la cause des malheurs, y compris de la réussite de Trump. Discours bas du plafond qui rejoint celui de Marc Weitzmann, qui est parfois reçu sur les plateaux de télé avec son air de chien battu, à moins que ce soit une difficulté pour lui d’assumer cette propension à tout expliquer par le "wokisme" qu’il aurait vu à l’œuvre aux États-Unis. C’est ce qu’il répétait pour la énième fois avant-hier soir (26/01) sur France 5 (C ce soir).
Pour revenir à Aquilino Morelle, il a été opposé à Laure Murat qui ne renie pas le qualificatif de "woke", terme qui en français n’aurait aucun impact (en tout cas pas négatif) et qui est utilisé par des propagandistes qui espèrent qu’un seul mot (anglais) agité comme un hochet suffirait à désigner le diable. Les "éveillés" mènent un combat pour la justice sociale et l’égalité raciale, et le terme woke est là pour disqualifier les luttes antiracistes et féministes. Morelle, Weitzmann et tant d’autres (Michaël Prazan auteur d’un documentaire laborieux sur les Racisé·e·s) sont bien incapables de tenir un propos significatif sur le sujet (lors de la projection de son film, sur LCP, Prazan a été sérieusement contré par Anne-Lorraine Bujon, directrice de la revue Esprit). Laure Murat a eu beau jeu d’opposer la saillie scandaleuse d’Arno Klasfeld sur les rafles… de sans-papiers, mais cela ne semblait offusquer ni Erner et ni Morelle.
[28 janvier]
Les rafles de Klarsfeld Arno
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Arno Klarsfeld, avocat parait-il, nommé jadis par Nicolas Sarkozy médiateur pour les sans-papiers, promu par le même Sarkozy au Conseil d’État, puis chargé par toujours le même (Sarko, devenu mari de son ex-petite amie, Carla Bruni, et futur condamné à 5 ans de prison, pour trafic avec un État terroriste), de la présidence de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), chroniqueur raciste, vantant la politique d’Israël, sans jamais un mot sur le massacre des Palestiniens (lui l’ancien soldat de Tsahal), donnant souvent l’impression d’avoir fumé la moquette, sur la chaîne d’extrême-droite CNews (et sur LCI), appelle à effectuer des rafles contre les sans-papiers ayant fait l’objet d’une OQTF. Participant avec les racistes de CNews à l’idée fausse que faire l’objet d’une OQTF c’est être délinquant.
L’Etat français abuse des OQTF, nombre d’entre elles sont annulées par les tribunaux administratifs. CNews s’emploie inlassablement à recenser les faits divers, parfois graves, qui impliquent des étrangers faisant l’objet d’OQTF, écartant autant que possible ceux qui concernent des français de souche, pour alimenter sa hargne viscérale anti-immigrés, qui justifierait des poursuites pénales.
[25 janvier]
Les "brebis galeuses" du RN
Sur 122 députés RN, 30 se présentent comme tête de liste aux élections municipales : 26 d’entre eux ont été épinglés ces derniers jours, mois ou années par la presse – notamment Les Jours – pour leurs fréquentations néofascistes, leurs embauches problématiques, leurs présences dans des groupes Facebook privés nauséabonds, leurs propos racistes, complotistes, sexistes ou pro-Russes… Ces lourds pedigrees, en principe connus des instances dirigeantes du RN, n’ont pas suffi à les disqualifier. Selon Libération, ce sont 50 brebis galeuses, et Mediapart a annoncé qu’une douzaine de "brebis galeuses" étaient réinvestis pour les municipales et qu’en Bretagne, 100 % des élus RN du conseil régional en étaient. Ce n’est pas nodulaire mais est-ce contagieux au sein du parti lepéniste ?
[25 janvier]
Marianne poursuit sa campagne anti-immigrés
Marianne poursuit son chemin, tentant de concurrencer Causeur et Valeurs actuelles. Cet hebdo qui fut centre gauche est devenu droite extrême, pas encore extrême droite. La rédactrice en chef, Eve Szeftel, venue de Libération, a montré depuis un an, en plein contexte de Gaza laminée par l’armée israélienne, qu’elle se préoccupait exclusivement d’Israël, et n’avait pas un mot pour le génocide qui se déroulait sur cette enclave palestinienne (près des ¾ de la rédaction lui a reproché son management brutal et ses orientations politiques, mais cette contestation n’est pas visible à la lecture du magazine).
Rachel Binas est dans le même sillon : sur des plateaux de télé elle n’a pas caché son agacement quand des intervenants osaient se préoccuper du sort des Palestiniens. Dans le journal, elle est là pour déverser des récriminations incessantes envers les musulmans. La semaine dernière, elle publiait trois articles sur la France qui accueillerait dans ses hôpitaux des déséquilibrés venus d’ailleurs (comme par hasard, arabes). Elle liste quelques cas qui ont défrayé la chronique, se gardant bien de citer ce qui dans la chronique criminelle ne relève pas d’étrangers venus du Maghreb. Bien sûr, l’invocation d’une maladie mentale est uniquement pour obtenir une régularisation. Elle s’adresse à l’OFII (Office français de l’immigration et de l’intégration), organisme qui a pour mission de refreiner l’immigration et auprès duquel elle puise les chiffres qui lui permettront de dérouler sa hargne anti-migrants. Elle interroge un médecin de l’OFII ainsi : « Dans l’Hexagone, bon nombre de personnes ont le sentiment que les déséquilibrés dangereux d’origine étrangère dans l’espace public sont de plus en plus nombreux », contre toute attente, le médecin répond : « cela reste à démontrer », les unités pour malades difficiles ont été créées bien avant les vagues migratoires, « dépassionnons donc les choses » ! Elle finit son "dossier" sur cette formule qui tend à atténuer la charge, comme pour tenter de minimiser l’attaque. Déjà son "dossier" sur "l’hôpital sous tension à cause de l’immigration illégale" en avril dernier n’était pas probant (voir mon article ici). Par ailleurs, elle n’a aucun complexe à se rendre chez CNews.
Rachel Binhas a remplacé Martine Gozlan qui, à Marianne, était la militante en chef pro-Israël, anti-Palestine. Mais elle a dû partir quelques mois après le 7-octobre : sur un plateau de télé, elle s’est plaint d’avoir été virée (sous la direction de Natacha Polony, avait-elle tendance à en faire trop, quand elle condamnait par exemple la décision de la Cour Internationale de Justice condamnant l’État hébreu ?). Martine Gozlan est l’actuelle rédactrice en chef du magazine d’extrême droite Écran de veille, qui diffuse des sondages dézinguant régulièrement les Musulmans (repris jusqu’à plus soif par les médias mainstream). Elle se pavane sans complexe sur CNews et sur la radio complotiste Sud-radio.
Écran de veille est financé par... les États Arabes Unis [EAU] qui mènent une guerre contre le Qatar et donc les Frères musulmans, d’où la nécessité d’affirmer que la France est gangrénée par les fréristes et d’où l’exploitation de sondages ad hoc. Le directeur est Atmane Tazaghart qui a le soutien des EAU, État dans lequel il a investi dans des sociétés. Tout ça est cocasse quand on sait qu’il y a quelques années il a été licencié de France 24 et qu'alors avait été évoqué le fait qu’il aurait tenu des propos anciens antisémites. Non seulement Martine Gozlan n’en a pas tenu compte mais le patron d’Écran de veille a prétendu que c’était pur mensonge, véhiculé par la « mouvance woke ». Tout s’explique !
[22 janvier]
Le dérapage d’un manuel scolaire Hachette-Bolloré
Arnaud Lagardère, le fils bien né qui a dilapidé l’héritage de Jean-Luc, a dû s’excuser : chez Hachette, trois manuels scolaires présentaient le 7-octobre comme un massacre à l’encontre de « colons juifs ». La Licra (Ligue contre le racisme et l’antisémitisme), présidée par Yonathan Arfi, également président du Crif (qui ne se mobilise que contre l’antisémitisme, jamais contre le racisme anti-arabe ou anti-musulman) s’est offusquée : cette formulation serait une sorte de « légitimation du terrorisme du Hamas ».
D’ordinaire, CNews, qui souvent, ne sachant pas de quoi causer, ressasse un fait divers jusqu’à ce qu’il soit totalement essoré par ses chroniqueurs, aurait consacré trois journées entières sur l’affaire. Sauf que la maison d’édition coupable, Hachette, est en réalité propriété de Bolloré (qui a quasiment tout racheté de ce que détenait Lagardère, y compris le vaisseau amiral Europe 1). Alors CNews s’est tue, ni vu ni connu, silence total (faut causer des magasins halal, de la démographie qui ne fait plus de petits blancs, de LFI vouée aux gémonies, etc).
Que disait réellement le manuel litigieux : « En octobre 2023, à la suite de la mort de plus de 1200 colons juifs lors d’une série d’attaques du Hamas, Israël décide de renforcer son blocus ecomique et d’envahir une grande partie de la bande de Gaza »… Vous avez bien lu : « ecomique ». Ce qui démontre combien le clan Bolloré se moque du tiers comme du quart de ses clients : manifestement, ce texte n’a pas été relu et n’est sans doute pas écrit par un enseignant. C’est-à-dire que les mêmes qui crachent en permanence à la face de l’Éducation Nationale et de ses enseignants traitent par-dessus la jambe les documents devant servir à préparer le bac (en réalité non pas des manuels officiels mais des abrégés de bachotage).
J’ajoute que la Licra et le Crif se réjouissent de ce genre de dérapage puisque cela leur permet de monter au créneau en faisant un pataquès qui leur évite, une fois de plus, de parler du massacre des Palestiniens (ils n’avaient pas réagi en 2024 quand l’erreur avait déjà été commise). Or, la phrase aurait dû s’écrire ainsi, pour respecter la vérité historique : « … à la suite de la mort de 800 civils (dont 70 étrangers) et 400 policiers et militaires, et l’enlèvement comme otages de 251 personnes, provoqués par une attaque du Hamas, Israël… ». Mais cela le Crif ne le dira pas, car si l’attaque du Hamas est terroriste (puisqu’elle tue délibérément des civils), elle a été suivie de combats mortels, dans les rangs israéliens mais aussi palestiniens (puisque la plupart des assaillants ont été tués). Il importe de faire l’impasse sur cette réalité et préférer affirmer qu’il y a eu 1200 civils tués.
Le Crif et la Licra tiennent à préciser que les victimes israéliennes n’étaient pas des colons, à raison. Sauf que la Licra précise : « un colon, c’est un agresseur. Donc elles [les personnes tuées le 7-octobre] perdent leur qualité de victime ». On ne le lui fait pas dire : en Cisjordanie, ce sont des colons qui agressent les Palestiniens, détruisant leurs maisons, rasant leurs récoltes et brûlants leurs oliviers, exécutant à bout portant des civils dans la rue (des vidéos existent), avec le soutien de l’armée (ce qui relève d’un pogrom, alors que le 7-octobre, si horrible qu’il soit, n’est pas un pogrom, contrairement à ce qui a été dit par des propagandistes qui ne peuvent ignorer le sens des mots, car les victimes du Hamas n’ont pas été tuées avec l’approbation de l’État, sauf à dire que Netanyahou n’ignorait pas ce qui se tramait et qu’il a laissé faire, ce qui à ce jour n’est pas prouvé même si en Israël certains l’affirment et que le leader juif d’extrême droite devra certainement un jour rendre des comptes à ce sujet). Est-ce que la Licra est prête à dire que des colons juifs qui seraient tués lors d’affrontements avec des Palestiniens en Cisjordanie occupée ne pourraient être considérés comme des victimes, puisque véritablement colons ?
. Gauthier Le Bret, venu de Valeurs actuelles, anime avec un culot phénoménal sur CNews l’émission 100 % Politique. Ici celle du 14 janvier : pas un mot sur l'affaire, alors que toute cette clique est à l'affût du moindre sujet qui pourrait alimenter leur logorrhée raciste, accusant, par ailleurs, tout ce qui n’est pas d’extrême droite d’être antisémite !
[16 janvier]
CIA et Mossad à Téhéran ?
Ce qui suit c’est presqu’une anecdote, car lorsqu’on allume LCI ou BFM, on pourrait pondre des pages et des pages même si l’on n'a écouté qu’une dizaine de minutes. Ce n’est pas pire que CNews, dont les chroniqueurs et invités déversent des tombereaux de haines, de vulgarités, d’approximations, de fake news, à chaque instant. Bon revenons à LCI : le 5 janvier au soir, pour apporter son grain de sel sur ce qui se passe en Iran, Raphaël Jerusalmy, ancien des services de renseignement de l’armée israélienne, est en direct d’Israël. Il est brut de décoffrage, ce qui n’empêche pas LCI de lui passer la parole : or c’est un défenseur sans faille de Tsahal, l’armée israélienne, qui a été chargée de tuer un maximum de Palestiniens à Gaza, avec un tel systématisme que l’on peut voir là un projet génocidaire, comme l’a dit la Cour Internationale de Justice. Et bien c’est cet homme que LCI invite avec déférence sur son plateau (en visio). Avant c’était Olivier Rafowicz, porte-parole de Tsahal qui était sans cesse sur les chaînes mainstream, en toute impunité. Pourquoi se gêner alors qu’on laisse causer des "experts" qui ont servi dans l’armée israélienne, afin qu’ils nous donnent un avis "objectif" sur ce qui se passe au Moyen-Orient.
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Là, Jerusalmy, le 5 janvier, dit que c’est le moment idéal pour frapper l’Iran et ajoute que la population qui s’est soulevée « est soutenue par la CIA et le Mossad », laissant entendre que ces émeutes sont attisées par ces soutiens extérieurs ! Ce qui suit mériterait d’être rapporté (comme Renaud Girard, toujours péremptoire, en bon ancien grand reporter du Figaro, estimant que le droit international n’existe plus depuis 1945), mais je vais sauter aussitôt au 11 janvier où Jerusalmy est à nouveau en liaison depuis Israël. Jersusalmy, qui soutient sans réserve son pays et donc ses crimes, s’emporte, osant qualifier les centaines de morts (peut-être des milliers) provoqués par la police des mollahs de « crimes contre l’humanité », « un des pires massacres depuis le début de ce millénaire » ! Or Trump a dit que s'il y avait des morts, il interviendrait.
"Égorger Khamenei"
Un peu plus tard, Jerusalmy réapparait à l’écran, car Darius Rochebin est allé le chercher en disant qu’il doit bien y avoir le Mossad à Téhéran : il fait alors celui qui est dans le secret des dieux, qui a des confidences qu’il peut livrer en direct à l’équipe de LCI (et donc aux téléspectateurs), accuse les mollahs de torturer, « ce sont des bouchers ». Il ne souhaite pas une intervention militaire des USA mais un soutien aux manifestants. La CIA et le Mossad sont déjà là sur le terrain. Il faut viser des bâtiments officiels, il faut aider les émeutiers pour qu’ils arrêtent le guide suprême (Khamenei) et il propose de « l’égorger ». Gêne de Rochebin qui passe vite la parole aux autres. On discute de l’enlèvement possible de Khomenei, comme pour Maduro. Mais Jerusalmy revient et confie qu’il y a « quelque chose de prêt en Iran », concocté par le Mossad et la CIA qui sera activé le moment venu, ce sera pire que les bippers (contre les cadres du Hezbollah au Liban). Il ajoute que des militaires iraniens ont été préparés pour prendre le pouvoir.
Si on voulait donner du grain à moudre aux mollahs et autres ayatollahs on ne s’y prendrait pas autrement. Tout est possible, ces services secrets étrangers sont sans doute présents sur le terrain, mais il y a là une façon classique des états autoritaires qui consiste à dire qu’un soulèvement ne peut être que manipulé par des agents extérieurs. D’ailleurs c’est le même discours que tiennent les autorités iraniennes, qui sauront utiliser ces déclarations de propagande, auxquelles se prête LCI.
Je ne parle pas du fils du Shah Pahlavi qui tente de s’introduire dans le jeu. Faut-il rappeler que l’Iran avait jadis un premier ministre apprécié, Mohammad Mossadegh, assassiné par les Américains en complicité avec le Shah (un dictateur) qui venait de le destituer, la CIA ayant fomenté un coup d’État. Mossadegh était suspecté de ne plus vouloir vendre le pétrole iranien aux occidentaux ! De cette destitution manipulée, il en a découlé une multitude d’événements tragiques par la suite. Mais Eisenhower, comme GW Bush plus tard, n’ont pas été poursuivis ni condamnés pour leurs crimes en Iran ou en Irak. Et puis tout cela est si vieux, c’était en 1953... et 2003.
[12 janvier]
Jerusalmy était encore en ligne sur LCI avec Darius Rochebin le 26 janvier avec le même discours satisfait : « la CIA et le Mossad sont sur le terrain en Iran ».
Les silences criminels de Finkielkraut
Alain Finkielkraut, qui ne craint pas de critiquer les médias et le service public, alors qu’il pontifie depuis 30 ans sur France Culture le samedi matin, déversant de sa voix componctueuse sa propagande conservatrice, si ce n’est parfois raciste, et qui n’hésite pas à plastronner chez CNews, voilà qu’il a eu droit à la matinale de France Inter le 19 janvier : à Benjamin Duhamel, il confie qu’il n’aime pas son époque qui se livre à des « lynchages » dans une allusion à l’affaire Duhamel, accusé d’abus sexuel. L’intervieweur tient aussitôt à préciser qu’il s’agit d’Olivier Duhamel [aucun rapport avec la famille de Benjamin Duhamel], revenant sur une polémique qui avait défrayé la chronique et qui avait conduit LCI à virer Finkielkraut. Ce dernier, en effet, relativisait le viol commis sur un adolescent de 14 ans par son oncle. Il récidivait puisqu’il avait, en 2009, nié que Polanski ait violé une fillette (elle avait 13 ans). Le polémiste, que le sociologue Pierre Bourdieu avait qualifié de « sous-philosophe », a évoqué la tragédie du 7-octobre et s’est insurgé qu’on puisse dire que les Juifs sont un « peuple génocidaire » (alors que c’est le pouvoir de Netanyahou qui est ainsi traité), a tout de même condamné ce que fait Israël en Cisjordanie (il va jusqu’à dire : « je ne suis pas seulement en colère, j’ai honte »). Mais il a été totalement incapable de dire un mot sur ce que les Palestiniens ont subi et subissent encore à Gaza : plus de 70 000 morts, dont tant d’enfants, des blessés par dizaines de milliers, une enclave détruite à 80 %, cela n’émeut pas l’auteur de La défaite de la pensée.
Comme le service public veut montrer qu’il est capable d’inviter des polémistes rétrogrades, c’était au tour de Léa Salamé de dérouler le tapis rouge samedi 24 janvier dans son émission Quelle époque ! Le prétexte à lui donner encore une tribune : il publie un livre d’entretien avec Vincent Trémolet de Villers (journaliste du Figaro Vox, droite extrême, et d’Europe 1, extrême droite). Pareil : il condamne les morts de Cisjordanie, mais pas un mot pour Gaza : pourquoi un intellectuel qui, en se taisant, signifie qu’il approuve cette destruction génocidaire, n’est ni poursuivi ni mis au pilori dans le débat public ? Il a fait le procès d’autres pour bien moins que ça. Le titre de son livre : Le cœur lourd ! Imagine-t-il que c’est le cœur lourd qu’à l’entendre on assiste depuis si longtemps à la défaite de la pensée.
[28 janvier]
Par contre, Finkielkraut s'est ailleurs prononcé pour deux états afin de consacrer une séparation et Orient XXI daté du 28 janvier écrit qu'il "condamne le nettoyage ethnique à Gaza", ce qu'il n'a pas fait dans les deux émissions que je cite ci-dessus.
CNews : les rats vont-ils quitter le navire ?
Tout d’abord une précision à l’intention de Sophie de Menthon patronne d’un machin patronal qui se prétend Ethic et qui poursuit en justice Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, pour avoir utilisé l’expression des rats quittant le navire à propos des patrons voulant se barrer à l’étranger : je tiens à préciser que je n’insulte pas les rats avec cette formule, surtout depuis que j’ai appris que les musaraignes ne sont pas du tout des animaux nuisibles.
Mais voilà que ça tangue chez CNews : après sa condamnation définitive pour corruption de mineurs (deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende). Une autre affaire (il avait exigé d’un jeune comédien qu’il pose nu au cours d’un casting) est en cassation. Alors Sonia Mabrouk dit qu’elle n’en dort pas la nuit, Pascal Praud murmure qu’il la comprend, Philippe Bilger, qui n’a rien dit, s’épanche car on ne l’invite plus : alors qu’il n’a pas eu le courage de partir de lui-même, il lâche que c’est une chaîne à la « philosophie totalitariste », « une pensée unique », « une atmosphère d’étouffement » qui le mettait mal à l’aise, le pôvre ! Lui qui a collaboré au discours ultra-réactionnaire de CNews. Bolloré en restant intransigeant sur son soutien à Morandini cherche peut-être à faire ce qu’il a fait avec i-Télé, justement parce qu’il ne voulait pas virer Morandini, qui était déjà mis en examen, alors que la rédaction protestait : c’est la quasi-totalité des journalistes grévistes qui sont partis ! Ainsi ceux qui ne sont pas totalement fidèle pourraient être virés ? Et venir solliciter d’être récupérés ailleurs en affichant un désaccord de dernière minute ? Pas certain, car ce sont les fidèles des fidèles qui ont des états d’âme (y compris Laurence Ferrari, Geoffroy Lejeune). L’affaire se corse puisque Mediapart a révélé avant-hier que le directeur de l’information de CNews, Thomas Bauder, n° 2 de CNews, a été condamné en décembre à quatre mois de prison avec sursis pour avoir commis des violences sur ses enfants.
[28 janvier]
Billet n° 903
Le blog Social en question est consacré aux questions sociales et à leur traitement politique et médiatique. Parcours et démarche : ici et là. "Chroniqueur militant". Et bilan au n° 700 et au n° 600. Le plaisir d'écrire et de faire lien (n° 800). Rendre compte du mouvement social local (n° 900).
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