"La construction historique est consacrée à la mémoire de ceux qui n’ont pas de nom" (Walter Benjamin). "L’histoire est la science d’un changement et, à bien des égards, une science des différences" (Marc1…
Bloch). L'image est prise au coeur du monument-mémorial de Portbou dédié à Walter Benjamin ("Passages", de Dani Karavan).
Le 28 décembre 1943, il y a soixante-dix ans jour pour jour, les sept frères d’une même famille et l’un de leurs camarades ont été froidement assassinés à Reggio Emilia par des fascistes dans le contexte du régime républicain de Salò, régime fantoche à la solde des troupes allemandes d’occupation.
Le passé est constamment inscrit dans notre présent. Il est une référence constante pour des luttes du présent. Cela passe parfois par des comparaisons abusives, des références anachroniques mais hautement symboliques (CRS SS). Mais pouvons-nous vraiment nous en passer et les mettre à distance quand le travail de mémoire est confronté à tant d'obstacles et d'occultations?
Il n’y a pas qu’un seul 11 septembre, et il n’est pas sûr que le premier ait été moins global que le second, ou qu’en tout cas, il l’ait été aussi peu qu’il l’est ainsi laissé entendre. Au temps de la guerre froide et de la domination états-unienne exercée sur l'Amérique Latine, ce crime politique de masse a été mené par une forme d’impérialisme international aussi bien que transnational.
La déclaration du responsable du Parti socialiste sur les adeptes de l’« esprit munichois » qui n’auraient pas le courage de soutenir une intervention militaire en Syrie est un mésusage du passé tout à fait significatif.
En Suisse, la fête nationale du Premier Août a été inventée à la fin du XIXe siècle pour réconcilier des forces bourgeoises qui s’étaient affrontées quelques décennies auparavant, mais qui devaient désormais faire face aux effets politiques de la question sociale et à l’affirmation des luttes ouvrières. Elle a donc une signification très conservatrice.
Peut-être connaissez-vous Roberto Calderoli. C’est l’un des dirigeant de la Lega Nord en Italie, un grossier personnage qui est très fier d’avoir été l’auteur du Porcellum, une loi scélérate qui rend l’Italie ingouvernable en protégeant la droite ; cette figure détestable a maintenant comparé une ministre noire de l’intégration à un orang-outan. Ni plus, ni moins.
Ce 9 juin 2013, les électeurs de la Suisse (à 78,5%), dont d’ailleurs ceux de Genève (à 61,3%), ont une nouvelle fois très largement approuvé une modification d’une loi sur l’asile qui porte de plus en plus mal son nom puisque toute une batterie de mesures de restrictions du droit en question est ainsi de nouveau introduite.
Le décès de Giulio Andreotti, figure diabolique de la démocratie chrétienne italienne, a donné lieu à tellement d’hommages déplacés qu’on pourrait finir par se demander s’il a vraiment disparu.
La réélection de Giorgio Napolitano à la présidence de la République italienne apparaît comme une reddition de la démocratie parlementaire (comme l’écrit Marco Revelli dans Le Manifesto du 21 avril 2013) en étant explicitement associée à la perspective de larges ententes, c’est-à-dire d’un gouvernement dominé par la droite et cautionné par un centre-gauche laminé.