"La construction historique est consacrée à la mémoire de ceux qui n’ont pas de nom" (Walter Benjamin). "L’histoire est la science d’un changement et, à bien des égards, une science des différences" (Marc1…
Bloch). L'image est prise au coeur du monument-mémorial de Portbou dédié à Walter Benjamin ("Passages", de Dani Karavan).
Ce 30 août 2015 marque jour pour jour les 50 ans de la tragédie de Mattmark avec ses 88 victimes, dont 56 Italiens. Un glacier s’est effondré sur des baraques du chantier d’un barrage en haute montagne. Sa mauvaise réputation avait eu peu de poids face aux exigences de rentabilité et de délais de construction. La tragédie était en quelque sorte annoncée, mais personne n’allait en assumer la responsabilité.
Bref billet retournant sur un été sombre et inquiétant. La crise grecque a ouvert des espoirs aussitôt déçus sans que rien ne se résolve, bien au contraire. Problèmes de gestion économique, de méfaits de l’austérité, au nom d’un dogme imposé à tous. La crise humanitaire des réfugiés arrivant aux portes de l’Europe a fait s’élever des murs et des barbelés sans aucune politique commune. Problèmes de replis identitaires et d’oubli manifeste des valeurs qui ont fondé l’idée de construction européenne sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale.
« On n’entre pas à Lampedusa. On ne sort pas de Calais. On ne passe pas à Ventimille. De la Serbie à Budapest, on voyage dans des wagons plombés. À Ceuta et Melilla, enclaves espagnoles en terre d’Afrique, comme à la frontière entre Bulgarie et Turquie, ou à la frontière entre Hongrie et Serbie, des murs et des grillages s’élèvent.» (Alessandro Portelli, Il Manifesto, 30 juillet 2015)
La version 2015 de la fête nationale suisse du 1er Août n’a pas dérogé à la tradition. Il s’agit ici d’une tradition inventée de toutes pièces au XIXe siècle, tournée vers un passé idéalisé et dont les valeurs fondamentales sont le repli sur soi et le refus de l’étranger. C’est pourquoi cette fête nationale est à côté de la plaque.
16 juillet 2015. Triste journée que celle où un pays européen ayant exprimé par deux fois un vrai vote progressiste, un vrai vote d’espoir, se retrouve face au spectacle de l’inévitable déchirement de ses dirigeants et surtout du vote, pistolet sur la tempe, d’un absurde et inqualifiable renforcement de l’austérité dans un pays en pleine crise humanitaire pour éviter un possible chaos qui serait peut-être encore plus dommageable pour les plus démunis.
Après le centenaire du génocide arménien du 24 avril dernier, après les 70 ans de la Libération en Italie le lendemain, après les commémorations du 8 mai, la question se pose encore et toujours de savoir comment les mémoires sont appelées à évoluer et, si possible lorsqu’elles charrient des souffrances mal reconnues, à perdurer sous l’effet de l’écoulement du temps.
En Suisse, alors que des promoteurs d’identité s’efforcent dans l’indifférence générale de produire un nouvel hymne national, une majorité de députés genevois de droite et d’extrême droite veulent imposer à tous les élèves de l’école primaire l’apprentissage de l’hymne actuel, le Cantique suisse, dont le texte suranné n’est vraiment pas digne d’une société laïque du XXIe siècle.
Le 27 janvier 2015, dans la matinale de France-Inter, le témoignage sombre et pessimiste de Marceline Loridan-Ivens, survivante d’Auschwitz, ne pouvait laisser personne indifférent. Il a fait immédiatement voler en éclats une chronique de Bernard Guetta pleine de certitudes sur le caractère unique et spécifique de la destruction des juifs d’Europe.
L’une des manières les plus immédiates, mais jamais suffisante en soi, de contribuer à une amélioration de l’enseignement et apprentissage de l’histoire consiste à produire des manuels et ressources didactiques innovants, soit par leurs contenus, soit par les activités qu’ils proposent aux élèves. Deux exemples récents destinés aux enseignants et à tout lecteur intéressé, y compris les élèves, concernent surtout les contenus de narration du passé, un manuel d’« histoire à partager » de la Méditerranée et un manuel d’histoire critique de l’époque contemporaine.
Ueli Maurer, membre du parti d’extrême-droite UDC, mais aussi membre du gouvernement fédéral de la Suisse, le Conseil fédéral, qui est élu par les parlementaires des deux Chambres législatives nationales, a exprimé le souhait que la Suisse dénonce la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH).