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Marie-Christine Gryson

Psychologue Clinicienne, Experte judiciaire (1989-2015) Formatrice,essayiste et lanceure d'alerte !
Aire sur la Lys, Lille. - France
  • Justice pour les experts d’Outreau

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    Je vous livre ici un aperçu de mon  article publié sur le site Village de la Justice et donc validé par ce site essentiellement dédié aux magsitrats, aux avocats et aux experts judiciaires.Dix ans après l’affaire d’Outreau, les experts psychologues des enfants, dont je fais partie, sont encore sur la sellette, notamment lorsque deux articles récents, celui du Figaro et Nice-Matin laissent croire que nous serions responsables du blocage de l’évolution de l’indécente rémunération des psychologues-experts, alors qu’en réalité, l’on déplore l’indignité de nos tarifications depuis près de 40 ans. Force est de constater que ce discrédit perdure à cause des réactivations régulières et sans pédagogie des contre-vérités et caricatures utilisées stratégiquement par les avocats de la Défense durant les procès d’Outreau.Comment ce discrédit peut-il être fondé eu égard aux verdicts de ces mêmes procès alors que 12 enfants dont nous avons validé la parole et le traumatisme, ont été reconnus par la Justice victimes de viols, agressions sexuelles, corruption de mineurs et proxénétisme [1] ? Il s’avère indispensable de clarifier les données relevant des expertises afin de lever au moins une petite partie de cette forme d’obscurantisme qui s’est abattu sur cet événement dramatique qui a déstabilisé la Justice et toute la société. On peut espérer que le lecteur fera ensuite la démarche de se ré-informer sur cette affaire dont la contradictoire n’a jamais été relayé par les médias.La ré-information sur l’affaire qui a démarré avec la publication en 2009 de mon ouvrage « Outreau la vérité abusée », a pourtant permis l’investissement de deux grands journalistes d’investigation avec la réalisation du film documentaire « Outreau l’autre vérité » en 2013 de Serge Garde [2] et la contre-enquête de Jacques Thomet [3] la même année - et rien à faire, le mal persiste, la désinformation condamne toujours les experts. Je prendrai donc un style plus direct pour démentir les topiques - issus d’une rhétorique perverse - qui ont le mieux fonctionné au plan des reprises médiatiques :- NON : il ne se s’agissait pas des expertises des enfants d’Outreau quand le Professeur Jean-Luc Viaux a évoqué des expertises de femmes de ménage (cf Hors contexte).- NON : je n’étais pas à la tête d’une association de Défense des enfants et je n’y ai pas suivi en thérapie les enfants d’Outreau que j’avais expertisés, je n' étais donc pas en conflit d'intérêt. (cf Contre-vérités).- Non : je n’ai pas été disqualifiée en encore moins récusée par le Président des Assises durant le procès de Saint Omer (cf contre-vérités).- NON : nous n’avons pas accrédité aveuglément les dires des enfants prétendument imaginaires. Non je n’utilisais pas la « méthode du clignement d’Yeux » (Invention de Eric Dupond-Moretti) pour repérer les victimes. Non l’image de « la musaraigne à grosse queue » tirée d’un test proposé par Christine Condamin-Pouvelle, Docteur en Psychologie, n’a pas accrédité les viols des enfants (cf caricatures lamentables).Avant de démontrer la fausseté de ces assertions qui font des experts les boucs émissaires désignés juste après Fabrice Burgaud, je rappellerai le contexte avec une autre perspective qui parle non plus aux émotions mais à la raison :
  • Bertrand Tavernier condamné, Fabrice Burgaud dédommagé.

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    Le verdict du procès correctionnel qui a eu lieu le 3 Décembre 2013 suite à la plainte de Fabrice Burgaud pour Outrage à Magistrat a été rendu aujourd'hui : Bertrand Tavernier a été condamné à 1500 euros d'amende et à 500 euros d'indemnités pour Fabrice Burgaud au titre de son préjudice.Il lui était reproché d'avoir dit sur une chaine de télévision : « Je ne suis pas pour la peine de mort mais Fabrice Burgaud est une personne que l'on a envie d'exécuter! »Le tribunal n'a donc pas suivi les réquisitions du Procureur qui avait requis la somme de 3000 euros. Même si le plus important reste la condamnation qui mettra un frein aux velléités de menaces de mort à l'endroit de Fabrice Burgaud qui en a suffisamment souffert, on peut s'interroger sur les raisons d'une certaine clémence dont la valeur est avant tout symbolique au niveau du sens. Cela signifie que les juges ont été sensibles aux arguments du prévenu et de son avocat.
  • Outreau : F.Burgaud/B Tavernier, la mauvaise foi d'un grand Monsieur

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    Pierre Joxe, en habit d'avocat, venu dignement soutenir Fabrice Burgaud à l'audiencement de sa plainte, a assisté à un étonnant spectacle donné par  Bertrand Tavernier qui, cette fois-ci, n'en assurait pas la réalisation . Cela se passait le 3 décembre, au Tribunal de Grande instance de Paris, le cinéaste Bertrand Tavernier y est devenu l'acteur d'un mauvais film dont le texte écrit par son avocat, était pour le moins invraisemblable voire ubuesque. En effet, il a été dit que ce n'était pas le vrai juge Burgaud qu'on a envie d'exécuter quand on parle du juge d'Outreau, mais celui du film « Présumé coupable » ! Il aurait suffi de lui demander pour en être rassuré. Mais aucun regret, aucune excuse et pas même un regard ont été adressés au magistrat blessé qui rappelons-le encore, a sorti de l'enfer des viols en réunion, au moins 12 enfants reconnus victimes par la Justice.
  • Adélaïde à Berck-sur-mer ou la petite sirène rendue à la mer

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    C'est le titre du conte créatif élaboré samedi avec des enfants1 - tellement traumatisés par ce drame qui s'est passé si près de chez eux - comme un hommage réparateur, vraisemblablement à tous nécessaire.
  • Droits de l'enfant au Conseil de l'Europe : un constat alarmant !

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    A l'occasion de la journée des droits de l'enfant, il semble utile de rappeler les conséquences désastreuses d'Outreau sur la prise en compte de la parole des enfants telles qu'elles ont été présentées dans une communication au Conseil de l'Europe à Strasbourg en 2011 lors d'un colloque « Violence et droits de l'enfant en Europe, état des lieux » organisé par Regain et la chaire Unitwin (Gérard Lopez)Sommaire :I- Le traitement judiciaire et médiatique des enfants dans l'affaire d'Outreau comme révélateur de la fragilité voire de l'illusion des acquis en matière de droits de l'enfant en 2004.II- Constats accablants à propos de la régression des droits de l'enfant en 2011III- Propositions pour une évolution positive de la situation Introduction :On a coutume de dire que depuis Outreau on a régressé de 20 ans en matière de prise en compte de la parole des enfants, c'est vrai. Outreau est la clé de voûte de cette régression d'autant que le verdict judiciaire concernant les enfants n'a jamais été médiatisé et que ni le grand public ni les professionnels ne savent que 12 enfants ont été reconnus victimes de viols, agressions sexuelles, corruption de mineurs et proxénétisme et indemnisés – faiblement - comme tels.
  • Le bébé du coffre, le bébé de la baignoire et le tabou de l'inceste ( pour Frédéric Mitterand)

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    Cet épouvantable fait divers d'un bébé de 18 mois sans existence déclarée retrouvé dans le coffre d'une voiture – une petite fille nue et très petite, dénutrie et déshydratée et très en retard au plan psychomoteur - m'a remis en mémoire le cas d'école d'une autre petite fille que j'appelais « l'enfant de la baignoire » lors des cours de victimologie que je donnais dans les années 2000. Son histoire peut être racontée car je suis levée de l'obligation de réserve qui oblige les expert à rester discret sur leur travail dans la mesure où les faits ont été jugés publiquement aux assises et par deux fois. Elle a un nom et un prénom mais sa filiation est problématique, nous l'appellerons Zoé. Elle a passé de longues journées des mois durant dans une baignoire avec sa mère comme si ce lieu de contenant utérin, à l'instar du coffre de la voiture, était une prothèse symbolique accueillant un petit être considéré non comme un bébé mais comme un fœtus, dont on ne doit s'occuper que de manière inconsciente.
  • Fabrice Burgaud, Christophe Rossignon, Bertrand Tavernier « Présumé coupable »

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    Les conséquences désastreuses du film « Présumé coupable »C'est donc en évoquant le film de Vincent Garencq « Présumé coupable » lors de l'émission « C à vous » sur France 5 que Bertrand Tavernier a prononcé les mots qui lui valent d'être poursuivi par le Parquet et donc jugé en correctionnelle, non pour « incitation au crime » comme le souhaitait Me Maisonneuve, avocat de Fabrice Burgaud mais pour « Outrage à magistrat ». Ce grand réalisateur avait pourtant dit de Fabrice Burgaud que c'est un homme que l'on a envie d'exécuter... La peine de mort ainsi décrétée publiquement pour un représentant de la Justice qui - lorsque l'on veut bien s'intéresser de manière dépassionnée et objective à cette affaire - n'a fait que son devoir en sauvant une dizaine d'enfant de l'enfer des viols avec barbarie dont été reconnus victimes ! Il est vrai que ni cette vérité judiciaire des enfants et encore moins leur souffrance ne sont présentées dans ce film débordant de contre-vérités.Ce risque d'emportement lié au choc et cette attitude revancharde, j'avais déjà pu en faire état à Christophe Rossignon le producteur du film « Présumé coupable » - reconnu par la profession du fait des ses précédentes productions - avec qui j'ai eu un échange très intéressant en Juin dernier, j'y reviendrai plus loin.
  • La fessée à 500 euros : encore un adulte victime d'un enfant !

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    Emballement médiatique sur une info au moment où les députés vont devoir se prononcer pour ou contre l'interdiction de la fessée comme l'ont fait le plus grand nombre des pays européens.
  • Affaire Loïc Sécher, affaire d'Outreau, où sont les vrais coupables ?

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    A propos de l'acquittement de Loïc Sécher son avocat Eric Dupond-Moretti a dit au  Journal du soir sur France 3 le 1er Octobre «  On a identifié les vrais coupables ».Grande nouvelle !Pourquoi le journaliste n'a t'-il pas réagi à ce scoop !!! Qui sont -ils, comment les a t-on retrouvés ?Qui les a dénoncés ? La victime ? Un procès d'assises est il prévu ? Quand et où aura t-il lieu ?Pourquoi leur victime a t-elle dénoncé Loïc Sécher plutôt que ses vrais agresseurs, dans quel but, avait elle peur des vrais coupables ? Ce sont des questions fondamentales qui n'ont  été posées...De manière incroyablement choquante- aucun journaliste ne réagit non plus -des coupables sont déclarés comme tels, sans procès et sans jugement, par un avocat qui paradoxalement enrage contre l' absence en France de respect de la présomption d'innocence ! Il est clair que c'est systématiquement cet ogre des assises qui mène le débat lors des interviews et personne n'ose s'aventurer en dehors des sentiers du discours imposé . Est-ce de la fascination ? La crainte de ses colères épiques qui déstabilisent et discréditent son timide contradicteur ?Eric Dupond Moretti est-il devenu à lui tout seul un concept : celui de détenteur de LA Vérité ? Il « confusionne » de manière hypnotique le rationnel en introduisant dans sa définition la notion de doute dans une pirouette affective sur l'erreur judiciaire qui laisse pantois l'interlocuteur.
  • Le combat de Loïc Sécher et de Eric Dupond-Moretti, par respect du contradictoire : un autre son de cloche

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