L’externalisation du contrôle de la frontière britannique sur le sol français est jalonnée de traités, arrangements, accords, déclarations conjointes. Dans la novlangue du nouveau monde, nous avons le « plan d’action de lutte contre l'activité des migrants dans la Manche». Avec un nouveau chèque britannique.
Les procès politiques se multiplient pour tenter de mater le mouvement des gilets jaunes. La résistance s'organise. Le week-end prochain, festival de soutien à Stéphane Trouille et aux trois autres inculpé-e-s de Valence.
À travers des arrêtés d'interdiction et des circulaires sont désignés des groupes sensés constituer des dangers pour l'ordre public et des sources de violence. La rhétorique utilisée pour énoncer leur dangerosité est similaire. Quelques exemples.
On a parfois le sentiment que des arrestations lors de manifestations sont ciblées et s'apparentent à des règlements de compte. Comme celle de Stéphane Trouille, journaliste militant, arrêté pendant la manifestation des Gilets jaunes de samedi dernier à Valence.
Ou presque. La marche pour le climat prévue à Nancy et les rassemblements prévus par les Gilets jaunes dans les principales localités du département ce 8 décembre sont interdits par un arrêté préfectoral mis en ligne le 7 en fin d'après-midi. Le défilé de la Saint-Nicolas à Saint-Nicolas-de-Port est maintenu à l'intérieur d'un périmètre de sécurité.
Comme souvent, c’est le bruit médiatique qui reste dans les mémoires : en affirmant le principe de fraternité, le Conseil constitutionnel aurait condamné le « délit de solidarité ». Le procès des « 7 de Briançon » nous rappelle à la réalité. Bref état des lieux.
L'Union européenne va expérimenter un détecteur de mensonge - une webcam, un ordinateur, un logiciel interprétant les mouvements du visage, un protocole d'action en fonction du résultat - à certaines frontières extérieures de l'Union européenne. Qu'est-ce à dire ?
Lorsque des parents d'élèves risquent l'expulsion, lorsqu'un CAO ouvre où sont envoyé-e-s des exilé-e-s de Calais ou d'ailleurs, des solidarités se mobilisent. Mais lorsque les exilé-e-s sont maintenu-e-s derrière des murs ou au-là des mers ?
Lancé en novembre 2017, après une session plénière en mai 2018, le processus des États-Généraux des Migrations se trouve en cette rentrée face au défit de la durée, celui aussi d'accueillir le dépassement des habitudes, des positions acquises, nécessaire pour aller à la rencontre d'un courant d'opinion favorable à l'accueil des exilé-e-s.
Ce 2 octobre, le gouvernement français a notifié à la Commission européenne qu’il prolongeait jusqu’au 30 avril 2019 le rétablissement des contrôles aux frontières françaises. Depuis juin 2015 dans les faits, novembre 2015 en y mettant les formes, sous des gouvernements se disant europhiles, la France s’est extraite d’un des piliers de la construction européenne, l’espace de libre circulation.