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Du téléphone arabe aux réseaux sociaux

Reporter photographe
ALGER - ALGERIE
À propos du blog
Du téléphone arabe aux réseaux sociaux En 1960 de Gaulle se vantait d’en avoir fini avec l’ALN. Dès son retour au pouvoir, il avait mis tous les moyens humains et matériels de la France, de l’OTAN et un nombre impressionnant de harkis, pour vaincre la lutte de libération nationale. Il a étendu la pratique de la torture, les bombardements des villages, l’utilisation du napalm, la multiplication des camps de concentrations pour plus du quart de la population. Il a consolidé les barrages électrifiés aux frontières est et ouest pour isoler le pays. Il avait proposé sa paix des braves qui consistait pour chaque résistant à déposer les armes et à rejoindre son foyer comme si de rien n’était. A Aïn-Témouchent le 9 décembre 1960 il pensait qu’il était face à un peuple désarmé, amoindri par plus d’un siècle de colonisation et six années de guerre, mûr pour une soumission définitive à la France. Mal lui en a pris, car cela a été perçu comme la provocation de trop, comme la goutte qui fait déborder le vase, et a donné l’occasion au peuple de prouver encore une fois s’il le fallait que l’ALN n’est rien d’autre que lui-même, affaibli certes mais toujours capable de poursuivre par d’autres moyens sa lutte de libération. Grace au téléphone arabe la protestation touchait Alger le surlendemain et tout le pays sans qu’un mot n’ai été parvenu par la radio et la télévision aux oreilles des algériens mais par le oui dire de bouche à oreille et qu’on appelait le téléphone arabe, s’ébranlait comme un seul homme contre la colonisation et criant l’étendard déployé son indépendance La haine est contagieuse et celle de De Gaulle envers l’ALN n’a d’égale que le mépris qui caractérise la colonisation envers les peuples. Ceux qui le qualifient de visionnaire doivent nous dire pourquoi il a opté pour la guerre à outrance contre les algériens dès son arrivée le 13 mai 1958. De Gaulle a été vaincu par l’ALN qui a donné à la diplomatie de la lutte de libération les moyens pour isoler la France à l’ONU et montrer à toutes les nations de vrai visage de cette puissance mondiale qui oppressait le peuple algérien et lui menait la guerre dirigée par le général de Gaulle qui n’était en réalité qu’un assassin. Je n’ai fait ce long rappel que pour dire que si de Gaulle n’avait été qualifié par les historiens d’assassin à l’instar d’Hitler, c’est parce que les décideurs de cette colonisation et de cette guerre ne sont toujours pas vaincus. Pour vous le prouver j’ose faire le parallèle que vous connaissez tous celui de Bouteflika qui aujourd’hui devrait être en prison et qui ne l’est pas. Il ne l’est pas pour la simple raison que ceux qui le protègent sont toujours aux commandes de l’Etat. Non de Gaulle n’avait aucune vision de l’avenir comme le prétendent certains à ce jour. Son seul souci était la défense des grosses fortunes et en priorité celles des français. Ces fortunés n’avaient plus les moyens de faire face aux dépenses pour vaincre notre lutte de libération, et ne supportaient plus le discrédit dans le cas ou leur général prolongerait la guerre Si de Gaulle, était un assassin, Bouteflika était un voleur. Ils ne le sont pas, aux yeux des assassins, des voleurs et des aveugles politiquement. Bouteflika a présidé le pays pendant vingt ans alors qu’il n’était qu’un voleur qui avait souhaité avoir l’âge des terroristes pour en être un. Voilà un homme qui n’a pas le droit d’être candidat à la Présidentielle mais parce qu’il avait dans sa poche le chef des services secrets, il est devenu non seulement président pendant un mandat mais quatre. Pour être président il avait un « Toufik » dans sa poche. Pour être président on doit avoir une institution ou de l’argent qu’on ramasse au poclain. Pour durer, on place des fils de harki, qui ne peuvent pas contester les ordres à la tête des institutions. Se libérer d’un tel système était l’affaire de tout un peuple et c’est sa jeunesse dans toute sa diversité, femmes et hommes qui se sont chargés de cette tâche un 22 février 2019. La première leçon à tirer de cette malheureuse histoire est qu’on ne peut pas élire un homme honnête au sommet de l’Etat si on ne commence par élire des gens honnêtes dans les associations, les assemblées, les syndicats, les APC... Toutes les grèves dans le secteur public et particulièrement dans l’enseignement y compris celle des étudiants aujourd’hui et qui dépasse quelques heures n’est pas dans l’intérêt du mouvement populaire. Par contre la protestation dans le secteur privé serait propice à la syndicalisation qui manque cruellement aux travailleurs. La particularité de ce mouvement est le manque de frontière entre la réaction et la révolution. Il existe des indices pour les distinguer. Si la marche est révolutionnaire, toute entrave à cette marche pacifique est réactionnaire. Baraki (voir à ce sujet le témoignage de Hania Chabane sur les réseaux sociaux) par exemple est le summum de l’acte réactionnaire. La nomination de Kamel Feniche le jour même de la démission de Bélaiz du Conseil Constitutionnel en est un autre et ce n’est pas l’anti constitutionnalité décriée par certains qui gêne mais ses actes envers de jeunes lycéens dans le passé. Il existe des propos que nous ne pouvons pas taxer de réactionnaires mais de sibyllins. Quand Gaïd invite la justice à ouvrir les dossiers, alors que son devoir à lui dans ce domaine est de mettre Bouteflika, Saïd, Khellil en prison. En faire des exemples aux yeux des magistrats s’il voulait se faire entendre. Dans le cas contraire mettre les seconds couteaux en prison demeure un contre-exemple. Avec les rendez-vous du vendredis qui sont des agoras à éterniser, les rencontres comme celles des étudiants le mardi ou celle des travailleurs ce 17 avril pour dégager le Secrétaire Général de l’UGTA Sidi Saïd doivent non seulement se multiplier mais s’étoffer un peu pour donner une suite sur les réseaux sociaux jusqu’à élire des représentants Certains de nos concitoyens font l’amalgame entre le système et l’Etat. Le dégagisme concerne les oligarques et doit être limité à ceux-là pour cette période car seuls les élus et la justice indépendantes peuvent nous prémunir des erreurs et des règlements de comptes. Il faut rappeler que l’Etat est à préserver. A ce jour, le travail des fonctionnaires honnêtes accompagnent et facilitent le changement qui est une des revendications majeures du mouvement populaire. Il faut rappeler que les trois étendards déployés par le mouvement représentent les constantes nationales. Celui de la patrie, celui de son identité et celui de sa solidarité envers les peuples et le peuple palestinien est l’exemple et l’illustration. S.K
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