Dans cette époque grave, la gauche porte l’immense responsabilité de former la digue. Il faut, non seulement, défendre la démocratie en elle-même mais aussi et surtout traiter les maux qui font prospérer les menaces fascistes. Ces maux sont bien identifiés. Ce sont les rejetons du libéralisme. Ils appellent une réponse qui est tout aussi connue, celle de la gauche égalitaire.
Dans notre système politique, surtout depuis le référendum de 1962, nous n’avons pas le choix : tous les cinq ans, nous devons nous choisir un sauveur suprême. Mais dans la perte de sens politique actuelle, chaque présidentielle est un coup supplémentaire porté à la démocratie. Voilà pourquoi la démocratie doit rompre avec sa préférence pour le fait majoritaire et pour le césarisme présidentiel.
Aux États-Unis, Elon Musk a beau s’être mis en retrait, la destruction de l’État avance à plein. En France, Cyril Hanouna a nié être candidat à l’élection présidentielle. Mais cela n’efface pas son adhésion au projet anti-État. En toute simplicité, l’offensive anti-État nous propose de retirer la politique des mains du peuple pour la réserver à ceux qui possèdent déjà tout le reste.
Ce week-end, j'ai voulu lire l'interview de Laurent Wauquiez dans le JDNews pour attester par moi-même de l'outrance qu'il y a déversée. Bien au delà de la proposition sur Saint-Pierre-et-Miquelon, le candidat à la présidence de LR a multiplié les coups de canif dans l'État de droit.