Malgré le temps maussade et les risques de pluies orageuses, dixit la météo, je partis derechef à la conquête de ma clientèle. Dès que je fus assis sur ma serpillière, j'attendis – c'est bien l'attente qui caractérise le mieux l'emploi de mendiant – que des âmes généreuses daignassent m'offrir quelque menue monnaie.
À 13 heures, j'ouvris ma boîte mail et constatai, que les porte-parole de Solidaires, n'avaient toujours pas daigné me répondre, encore moins m'expliquer les raisons pour lesquelles les engagements pris par le secrétaire général de Solidaires 21 et l'ex-déléguée du personnel Solidaires de Ressources n'avaient jamais été tenus.
Un peu avant 13 heures, je demandai par mail aux deux numéros un de Solidaires de bien vouloir m’informer des raisons pour lesquelles les engagements pris par le Secrétaire Général de Solidaires 21 et l’ex-DP Ressources n’avaient pas été tenus.
Je pris la pose exigée par le règlement intérieur de la Mondiale Mendicité – le cul par terre, adossé à l’une des vitres – pose qui, bien entendu, évolue au cours des heures lorsque la gêne ou de légères douleurs s’emparent de mes jambes, de mon fessier ou de mon dos : ces affres du dénuement social qu’aucun parti, jamais, ne daignera reconnaître comme maladie professionnelle.
Ce passé remonte lentement à la surface, comme un noyé surgit des flots après avoir déchiré ses menottes d’algues et s’évade plutôt que de pourrir dans son cimetière marin.
Il est des heures lourdes comme les souvenirs, des heures plus longues que l’ennui, des heures passées à réfléchir, à méditer, à nourrir le désir de porter la parole – le témoignage –, à tenter d’éveiller les consciences comme l’on entretient un feu sacré.
Soulevons le masque de Solidaires, un syndicat qui se prétend différent des autres et découvrons ceux qui, à son plus haut sommet, ferment les yeux sur la trahison des travailleurs ; un constat qui n'épargne ni la France Insoumise, ni le NPA.
« Je crois que ceci vous appartient ». Ce fut en substance la teneur du mail que j’envoyai alors à la CPME, laquelle me confirma que le fichier reçu, après avoir émigré naguère au doux pays de Ressources, avait enfin retrouvé ses pénates.
Ce matin-là, après m'être rendu au sauna afin d'y boire une vodka, j'avalai ma chloroquine, dégustai une tisane d'artemisia, m'enivrai d’un alcool inconnu à base de sève de palmier, et plongeai mon regard en direction de quelque passage de mon missel ; puis, tel un Georges de Lydda prêt à affronter le dragon, je quittai mes pénates le cœur léger.
Ce matin, au sortir d'un rêve ombreux, après que mon cœur se fut nourri de l'exhalaison furtive d'un vague souvenir de lutte des classes, me vint l'envie de déposer mon curriculum vitae sur le bureau de quelque politicien amoureux des lois sociales et fort respectueux des travailleurs.