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Présenté l'été dernier lors du Festival In d'Avignon, « Misericordia », d'Emma Dante, captive grâce au croisement de langages divers qui se disputent, à égalité, l'art brut et l'effronterie d'énoncer des réalités qui dérangent parce qu'elle sont l'ordinaire de gens simples. Or, si leur énergie communicative décourage toute pudeur, c'est que la poésie l'irrigue sans être préméditée.
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Née exactement il y a cent ans, auteur de thrillers qui ont inspiré souvent les cinéastes les plus fameux, personnalité ambiguë et volontiers secrète, Patricia Highsmith n'a pas besoin d'une date anniversaire pour être célébrée. Voire ?...
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Le Norvégien Jon Fosse a ouvert, avec « L'Autre nom », un nouveau cycle intitulé « Septologie ». Quand l'écriture, évoquant les destinées en apparence dissemblables de deux peintres portant le même prénom, captive, sidère, vous remue aux lisières de la veille et du sommeil et, surtout, interroge l'impact, l'essence - ou, parfois même, la vacuité - d'une image.
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D'une discrétion peu commune, la plasticienne qui fréquenta plusieurs écrivains de renom, et qui était retournée vivre dans son Morbihan, bien que galeries et Musées d'art contemporain continuaient de la célébrer de toutes parts, a emporté chevalet et toiles immaculées de l'autre côté du bleu'horizon, ce 11 août dernier.
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À chaque jour suffit son chant. Et quand les beaux jours se vivent, on aime en décupler la chaleur et la saveur par quelques airs qui marqueront une saison toujours trop tôt filée. A (ré) écouter matin ou soir, selon l'humeur et le rythme.
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Auteur de plus d'une cinquantaine d'oeuvres dramatiques, Serge Valletti a été choisi pour que l'une d'entre elles soit lue dans le cadre du « Souffle d'Avignon ». « On entend les flûtes au loin », cette farce parfaite car idéale pour revigorer l'esprit de fantaisie qui manque de plus en plus à nos jours et nos scènes actuelles, devrait ravir plus d'un auditeur-spectateur.
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En songeant aux jours sombres que nos amis germaniques connaissent depuis avant-hier, avec ces catastrophes d'inondations et de disparitions soudaines, comment ne pas se remémorer ce poème d'Apollinaire qui évoque les maléfices du Rhin, la divinité Fleuve aux forfaits imprévisibles ? Pour eux, nos vers se brisent ainsi que leurs destins trembleurs...
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Un ouvrage, paru, le 3 juin dernier, réunit des lettres échangées entre Michel Butor, Claude Mauriac, Claude Ollier, Robert Pinget, Alain Robbe-Grillet, Nathalie Sarraute et Claude Simon. Considérations croisées et passionnantes à propos (entre autres) de la littérature mais aussi l'Amérique, le monde éditorial ou leur condition d'écrivains.
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A partir d'un roman de René Belletto, Michel Deville réalise un film qu'on ne se lasse pas de voir et revoir (c'est le propre des presque chefs-d'oeuvre) tant l'homogénité et l'élégance, la fluidité et les trouvailles cinématographiques confèrent à ce jeu de pistes et de dupes, une mécanique machiavélique pour s'amuser, surtout, avec la fascination du spectateur.
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Adapté d’une pièce de théâtre que Marguerite Duras lui avait « offerte », le long métrage de Benoît Jacquot réjouira divers publics mais pas forcément pour les mêmes (bonnes ou méchantes) raisons : détracteurs ou inconditionnels de la femme de lettres se rejoindront peut-être pour regretter une adaptation qui souffre d'un manque de nuances et, surtout, d'aspérités.