Hebdo du Club #43: deux plumes chargées d'amour

Cette semaine dans l’Hebdo du Club #43, nous reviendrons sur la polémique à distance entre Jeanne Guien et Raphaël Enthoven avant de mettre l’accent sur le témoignage de deux femmes, Valérie et Solène, deux mamans qui parlent de leur enfant, de leur handicap. L’un est autiste, l’autre en fauteuil roulant.

Moi, coresponsable du Club, j’aurais pu commencer ce billet en parlant tissu. Avec Nestor Romero ou Jean-Pierre Veran. De signes religieux ostensibles avec Paul Cassia. Parler lecture scolaire avec Claude Lelièvre. Et oublier les examens universitaires par internet ou le Parcoursup des lycéens en pleines épreuves du baccalauréat.

Moi, coresponsable du Club, aurais pu introduire ce billet par le feuilleton migratoire scénarisé par le ministre de l’Intérieur. La loi asile et immigration, les expulsions à Paris, le procès à Gap, les contrôles à Menton…

Moi, coresponsable du Club, aurais pu passer les frontières pour raconter l’enfermement des prisonniers politiques en Russie avec Pierre Haffner. Ou lena chinchio. Le retour de Corée du Sud d’Antoine Perraud. Des acquis sociaux mis à mal au Venezuela avec Saintupery. Ou de football comme salut pour beaucoup d’Africains d'Alex Devechio.

Moi, coresponsable du Club, j’ai trouvé impossible de faire l’impasse sur la polémique épistolaire numérique entre Jeanne Guien et Raphaël Enthoven, vendredi dernier. Un règlement de comptes sans trop d’intérêt sur le fond mais qui dans la forme a généré plus de 200 commentaires sur chacun des fils de commentaires des deux blogueurs. Les critiques considérant Raphaël Enthoven plus comme un sophiste médiatique que comme un agrégé enseignant la philosophie et Jeanne Guien plus comme une militante que comme une doctorante en philosophie ont fait parler. Nous n’ergoterons pas sur les motivations de l’un et de l’autre des protagonistes. Chacun est libre de se faire sa propre opinion.

Dès le jour même de la publication du premier billet dans le Club de Jeanne Guien, les réactions n’ont pas tardé. Majoritairement favorables à l’auteure qui a pris le temps de répondre à ceux et celles qui l’interpellaient ou la soutenaient dans sa démarche.

Comme celui de Amalfi Loup sur l’honnêteté intellectuelle et les nouveaux philosophes citant au passage Deleuze. Ou celui de Salah Guemriche recommandé 40 fois :

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Avec la réponse de Latude pour relancer le débat :

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Ou celle de Sycophante qui dissèque le texte et opère en direct une volte-face : d’honnête au début, il trouve finalement le billet sans intérêt.

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Le soir même, dans son blog qu’il n’avait jamais utilisé depuis le début de son abonnement en 2011, Raphaël Enthoven a tenu à répondre. Dans un fil à la base hostile, passé le prosélytisme de certains insoumis ou le long développement hors sujet sur la corrida, voici résumée par Joël Martin la pensée dominante :

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Pour clore le chapitre, vous avez le choix de lire deux billets supplémentaires sur le sujet. Celui de Stéphane Clerjaud-Bodocs et celui de Marylin Maeso. Ou alors terminer par une pirouette et savourer ce pastiche signé Le Concombre Masqué (ici et ).

Deux femmes, deux mamans et deux textes sur le handicap

Le premier de ces récits est signé Valérie Gay-Corajoud. Un texte poignant de sincérité pour cette musicienne qui a arrêté de jouer pour s’occuper à temps plein de son fils autiste Asperger. Ce n’est ni le premier billet ni le dernier. Avec elle, nous suivons l’évolution de son petit dernier Théo. Sur lui elle écrit, un film témoignage a même été réalisé. Ce week-end, elle a livré aux lecteurs du Club la dernière page du « Journal d’un enfant autiste » dans lequel elle fait part de l’état « dépressif » actuel de son garçon. C’est puissant et touchant y compris dans le fil de commentaires. Comme ce mot adressé par Diaslaki :

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Le second est un premier billet. Celui de Solenee. Une réaction à la disposition de la loi ELAN adoptée par les députés qui rompt avec le principe d’accessibilité universelle dans une construction neuve. Cette mère de famille ne décolère pas. On refuse à son fils Antonin de 7 ans qui se déplace en fauteuil roulant – ainsi qu'à sa famille – « une vie normale ». Ce billet a indigné les commentateurs, dont Alfred Adler qui reprend un dessin de tOad:

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Ou Baloz, dont la phrase pourrait servir de légende à ce dessin.

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« Franchement, comment ne pas être révolté et écœuré par une telle politique ? Que dis-je, politique, une telle mascarade est autant une insulte à la politique qu’à l’intégrité et à la dignité des personnes handicapées ! » Ce mot de la fin revient à Marcel Nuss qui n’épargne ni Emmanuel Macron, ni Sophie Cluzel, secrétaire d’État aux personnes handicapées. Dans son dernier billet, il conclut que « notre gouvernement se lance dans l’intégration avec un sens de l’humour digne de Buster Keaton… ».

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