Hebdo #92: Éducation nationale – risque d’implosion à tous les étages

Coincés entre des injonctions sanitaires et éducatives contradictoires, les corps éducatifs apparaissent au bord de la rupture. Si Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal cristallisent les rancœurs, la colère monte. Face au sentiment d’être sacrifiés pour que « l’économie du pays puisse continuer à tourner », les milieux éducatifs opposent une volonté de réfléchir et d’agir collectivement pour poursuivre leur mission pédagogique. État des lieux d’une institution qui cherche par tous les moyens à éviter le naufrage.

« Il semblerait que l’institution, notre Suprêmité, le ministère de l’éducation nationale aime à penser qu’à chaque problème suffit sa couche. Elle les empile donc allègrement, couches et surcouches, y fige et badigeonne sa base, nous, d’une belle peinture uniforme et photogénique, peu coûteuse et bien pratique en temps de crise. […] Les couches s’empilent, s’entassent, durcissent jusqu’à former un carcan plus épais et lourd que les murs fondateurs.

Et sous les couches il y a des professeur·e·s, des surveillant·e·s, des CPE, des principales et des principaux, des adjoint·e·s, des agents d’entretien, des infirmièr·e·s, des psychologues scolaires qui essaient malgré tout de poursuivre le mouvement, faire vivre les établissements, continuer leur travail : s’occuper au mieux des élèves. »
Elsa Fleurus – Sois prof et bouge pas

Coincés entre les injonctions d’un protocole sanitaire jugé inapplicable ou insuffisant, l’image erronée de hussards noirs de la République tenus d’enseigner une laïcité de la liberté d’expression au risque de leur vie et des réformes toujours plus précarisantes, les corps éducatifs apparaissent au bord de la rupture.

« Les maux de l’École s’entendent comme jamais à travers ces mots répétés : épuisement, isolement, échec, découragement, stress, usure, dégoût, peur, solitude, colère, écœurement, angoisse. Le risque est grand de désespérer ceux auxquels on confie la jeunesse d’un pays. »

Appelés à pallier les manques de moyens, le corps enseignant se vit aujourd’hui comme en première ligne de la crise sanitaire, comme le furent les soignants du premier confinement. Pourtant, un an après le suicide de Christine Renon, la situation a fait bien plus qu’empirer.

À la litanie des réformes du printemps qui se poursuivent succèdent des imprécations où l’impéritie de la rue de Grenelle à préparer une rentrée dans des conditions acceptables tient une bonne place. Le constat demeure le même : manque de moyens, non-écoute des personnels de terrain informés en direct sur les chaînes d’info par un ministre jugé autoritaire et sourd aux messages portés par la base. Un sentiment de colère, une rancœur amère animent des enseignants dont les témoignages attestent pourtant d’une « foi » toujours forte et renouvelée dans leur mission éducative.

Face au sentiment d’être sacrifiés pour que « l’économie du pays puisse continuer à tourner » – cette même économie « qui a conduit au désastre sanitaire actuel par des cures d’austérité dans les hôpitaux… et les écoles, souffrant tous deux de désinvestissement chronique depuis des années » –, les milieux éducatifs opposent une volonté de réfléchir et d’agir collectivement pour poursuivre leur mission pédagogique en présentiel.

Pourtant, du « prof-bashing » du printemps au « prof-héros » de l’automne ou coupable de propager l’« islamo-gauchisme », la tension ou la lassitude n’en sont désormais que plus palpables. Le ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer et la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal cristallisent les rancœurs. La colère monte et les appels à la démission rencontrent un écho, même si le mouvement de grève du 10 novembre, émaillé de violences policières contre les lycéens, s’est avéré, selon le ministère, peu suivi.

Alors que Mediapart révèle comment un syndicat lycéen pro-Blanquer dilapide l’argent du ministère, le décrié et secret Conseil de défense – plus de 40 réunions depuis le début de l’année – s’est prononcé aujourd’hui par la voix de Jean Castex pour un maintien du protocole sanitaire actuel. État des lieux d’une institution qui cherche par tous les moyens à éviter le naufrage.

#BalanceTonProtocole et droit de retrait

 « Notre École est un bateau fragile au milieu d’un océan déchaîné. Dans cette tempête, l’Éducation nationale a besoin de faire confiance aux enseignant·e·s qui, chaque jour sur le terrain, affrontent les déferlantes pour éviter le naufrage de cette institution. »
Cédric Forcadel – Pétition Blanquer démission

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Dans un contexte de seconde vague épidémique, les conditions sanitaires du retour dans les écoles et établissements décidées par le ministère sont très largement pointées du doigts. « Stupéfiantes par leur insuffisance », elles « ont déclenché l’inquiétude, l’exaspération et la colère de celles et ceux qui font vivre concrètement et au quotidien le service public d’éducation », estime Théo Roumier, syndicaliste SUD Éducation en lycée professionnel, qui relaie l’appel intersyndical à la grève du 10 novembre réclamant un renforcement du protocole sanitaire dans les établissements.

Cette grève sanitaire a été émaillée de violences policières contre les lycéens, comme à Saint-Nazaire ou à Paris.

Si l’assouplissement du protocole pour les lycées décidé par le ministre sous pression syndicale la semaine dernière, même s’il n’y était pas favorable, notamment par la gestion en demi-groupe, semble aller dans le sens voulu par les enseignants, soucieux de conserver un lien en présentiel pour ne pas revivre le décrochage scolaire du printemps, la crainte est grande de devoir revivre un nouveau confinement total qui impose un enseignement en distanciel vecteur d’inégalités.

« C’est quelque chose d’important : les personnels, et les enseignant·es notamment, se mobilisent parce qu’elles et ils savent que le précédent confinement et sa prétendue “continuité pédagogique” a en réalité creusé les inégalités sociales et scolaires », souligne Théo Roumier.

Le « protocole sanitaire renforcé », très largement dénoncé comme insuffisant depuis la rentrée et qui a connu une médiatisation récente grâce au mot-dièse #BalanceTonProtocole, est au cœur de tous les griefs. « Les enseignants de collège sont déterminés à obtenir la mise en place de demi-groupes comme dans les lycées. Pour ce faire, les professeurs ont rédigé eux-mêmes des protocoles », relate dans son article Faïza Zerouala.

Dans le témoignage d’un « enseignant de primaire en zone périurbaine » publié par Violence du travail, il est relevé que ce protocole n’est pas nouveau, c’est peu ou prou celui de la reprise du printemps 2020. Et « comme au printemps il est inapplicable sur beaucoup de points (et cela dans la majorité des écoles…) pas assez de personnel, pas assez de sanitaires, pas assez de place dans les classes et dans la cantine… »

Il est donc cette fois encore impossible d’assurer de manière satisfaisante la distanciation et la désinfection nécessaires. L’enseignant pointe ce qui alimente sa colère au-delà des incohérences insupportables. Depuis six mois, « aucune concertation préalable avec les acteurs de terrain, un mépris des personnels inédit à ce jour, une précipitation et un amateurisme (il n’y a qu’à voir les ordres et contre-ordres incessants…) qui laissent  pantois de la part de gens qui exigent l’excellence de leur personnel de base ».

Seule réelle nouvelle mesure, l’aération qui se retrouve en butte à la réalité de délabrement ou technique des espaces d’enseignement. Un besoin d’investissements massifs apparaît nécessaire pour ne pas laisser les personnels seuls au front.

Dans un texte clair et précis pour dénoncer l’absurdité du protocole sanitaire (in)applicable partout, Melissa Rendat dans son premier billet, s’attarde sur la façon dont il est rédigé : « L’État pourra toujours dire que le protocole sanitaire est “applicable”, en réponse aux enseignants qui s’égosillent et s’épuisent à dénoncer un protocole “inapplicable”. » En effet, le texte anticipe toutes ces difficultés en disposant que ces recommandations sont à mettre en œuvre « si possible ». Il laisse ainsi la possibilité de ne rien changer à l’organisation des établissements si les mesures contraignantes ne sont pas réalisables.

Il en va de même pour le droit au retrait qui serait légal, légitime et possible pour un danger grave et imminent, mais pourtant l’autrice prend exemple de la Seine-Saint-Denis, territoire extrêmement meurtri par le Covid-19, où « ce droit de retrait est refusé par le Rectorat, et les enseignants perdent donc leurs journées de salaire, tout cela pour protéger la population ».

« Si les règles posées par le protocole, c’est de ne pas appliquer les recommandations chaque fois que l’on n’y parvient pas, alors, on peut toujours respecter les règles », conclut-elle.

Dans ces conditions, comment faire émerger les revendications et tirer la sonnette d’alarme, s’inquiètent les enseignants ? Beaucoup s’interrogent : est-ce que leur responsabilité peut être engagée ? Face à une opposition ministérielle forte avec laquelle ils doivent composer, ils ont « la volonté de proposer des solutions clés en main » pour répondre aux défaillances de l’institution illustrées par l’affaire des masques Dim, comme le relatent Anne-Sophie Perlat et Christine Carry, professeurs de lettres du lycée Léonard-de-Vinci.


Des cures d’austérité qui ont mis à mal l’école… comme les hôpitaux

Pour Muichkine, la situation confine… au ridicule et au mépris. Pour le professeur des écoles, si l’école a repris, sans mesures sanitaires adéquates, c’est que l’objectif numéro 1 du gouvernement a été économique, ce qui a fait peser un office de garderie, pour que les parents puissent continuer à aller au travail, sur un « personnel déjà exsangue » et très largement « déconsidéré » par un « prof-bashing, dont les flammes n’ont jamais cessé de croître au fil des années ».

« C’est une mise en danger d’autrui que l’on tente de rendre acceptable au nom de la sacro-sainte économie. Comble de l’ironie, c’est cette même économie, dont on tente de sauver les fondements, qui a conduit à la situation sanitaire actuelle », s’agace-t-il.

« Que peut-on faire dans cette situation ? Espérer être entendu et satisfait par le ministre ? », s’interroge ingénument Jadran Svrdlrin. Selon lui, la réponse est simple : « On peut toujours demander des choses, ça fait passer le temps. »

Pour l’enseignant, « le rapport qu’entretient M. Blanquer avec la réalité est le même que celui qu’il entretient avec nous. Autoritaire ». Il n’espère donc que peu de ce côté-là et appelle à un changement : « Nous sommes en voie de prolétarisation accélérée. Non seulement à cause de notre rémunération en diminution perpétuelle mais aussi et surtout du fait de cette dépossession de notre outil de travail qu’est notre pensée. » 

« Face à tant de cynisme et de mépris de réalité nous nous rendons compte qu’il faut effectuer quelques ajustements dans notre stratégie de riposte. »

C’est un sentiment partagé par Sylvain Grandserre, maître d’école, pour qui « l’Éducation nationale doit changer de cap », en réaffirmant la liberté pédagogique et en respectant le personnel enseignant, mais « pour changer de cap, changeons d’abord de “capitaine” », esquisse-t-il.

« Depuis de nombreuses années maintenant, l’école de la République est déconstruite par Jean-Michel Blanquer et son monde. Gouvernée par la folie bureaucratique et le fantasme du contrôle absolu, assujettie à des évaluations stériles et sclérosantes, prise en mains par des idéologues libéraux qui ne jurent que par la norme et la compétition […]. Le personnel enseignant est mis au pas, relégué au rang de simple exécuteur de tâches. »

Face à un Jean-Michel Blanquer qui « enchaîne les ordres et les contre-ordres, incompatibles avec les réalités du terrain », l’auteur d’Un instit ne devrait pas avoir à dire ça ! avance qu’il est désormais plus que nécessaire de changer d’interlocuteur et de ne plus se retrouver face à une personne qui n’est jamais passée devant les électeurs. Il appelle à partager une pétition demandant la démission de Jean-Michel Blanquer, qui dépasse actuellement les 5 000 signataires, alors qu’ils n’étaient que plusieurs centaines au printemps pour une pétition similaire.


« Enseigner comme à l’habitude »

« En réalité l’urgence n’est pas de céder à la tentation de la répression policière des élèves au mépris de nos convictions éducatives, elle est de retisser du collectif, entre nous, dans les établissements et ailleurs. »
Laurence De Cock – Conjurer la peur par le collectif

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Alors que le temps d’hommage à Samuel Paty a été annulé au dernier moment par le ministre et que la lecture de la lettre de Jaurès a été amputée « pour qu’il ne contredise pas son idéologie », les enseignants à qui l’on veut accoler l’image « de hussards noirs de la République perpétuels » sont fortement touchés par l’assassinat terroriste de l’un des leurs. L’arrestation policière d’enfants de 10 ans à Albertville interpelle encore plus profondément leur rôle de vecteurs des valeurs de la République.

Profondément choquée, la communauté éducative, malgré ses doutes, ses colères et ses peurs, cherche des solutions.

« La peur attisée par l’assassinat de Samuel Paty l’est aussi par l’isolement encouragé par ce fonctionnement institutionnel. Oui, le piège est là : se laisser convaincre que l’appel à la police soulagera notre sentiment de solitude », analyse Laurence De Cock.

Pour l’historienne, si la voie est étroite, entre « la tentation répressive et le rappel à notre mission éducative », il faut trouver l’équilibre grâce au collectif : « L’urgence n’est pas de céder à la tentation de la répression policière des élèves au mépris de nos convictions éducatives, elle est de retisser du collectif, entre nous, dans les établissements et ailleurs. »

Devant un triste processus d’habituation face aux attentats, c’est également à cette confiance collective sur le sens de l’action éducative de l’école publique qu’en appelle Jean-Pierre Véran, ancien inspecteur d’académie et formateur, lorsqu’il s’agit d’évoquer les questions de laïcité à l’école. « Plutôt que de ne promettre que la sanction à celles et à ceux qui, parmi les élèves, se montreraient récalcitrants, faisons confiance aux enseignants, aux équipes d’écoles et d’établissement pour reprendre, en ce jour de rentrée, leur mission éducative auprès des élèves qui sont les leurs, dans une démarche de construction patiente, résolue, avec chacune et chacun d’eux, de leur esprit critique, fondement de leur citoyenneté. »

Défendre une école ouverte qui ne se replie pas, c’est également le programme de Marc Bablet, qui interroge l’« aveuglement politique et une incompétence à conduire une relation avec des jeunes notamment quand ils sont sensibles à ce qu’ils vivent comme des discriminations ». Pour l’inspecteur d’académie, ce n’est pas ainsi que « l’on va protéger les professeurs. Et ce n’est pas non plus en érigeant des miradors ou des portiques qu’on le pourra. On sait qu’à chaque violence les politiques tiennent le discours du repli et de la fermeture de l’école ». Et de proposer une série de pistes qui prône là encore le dialogue et le collectif.

Comment faire un pas de côté pour déconstruire les discours médiatiques du moment et redonner du sens au métier d’enseignant ? C’est la question partagée par beaucoup que cherche à élucider Julie, enseignante, dans son premier billet.

« Comment parler d’une liberté d’expression dans un monde qui ne diffuse qu’un seul discours ? Quand on demande aux élèves d’apprendre à s’asseoir et à se taire, à accepter un programme d’apprentissage qu’ils n’ont pas choisi, peuvent-ils comprendre cette notion de liberté de penser, d’expression ? De liberté tout court ? Le conditionnement favorise-t-il la responsabilisation des futurs adultes ? »

Elle conclut son beau billet par une note d’espoir : « Encore une fois, oui, l’éducation a un rôle essentiel. À nous d’être à la hauteur. J’y crois. »


Libertés académiques sous surveillance maccarthyste ?

« Madame Frédérique Vidal ne dispose plus de la légitimité nécessaire pour parler au nom de la communauté universitaire et pour agir en faveur de l’Université. »
Pascal Maillard – la CP-CNU appelle à la démission de Frédérique Vidal

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Du côté de l’enseignement supérieur, la situation n’est guère plus reluisante. Mis au ban par le ministre et dans une tribune publiée par Le Monde pour collusion intellectuelle avec le terrorisme, et alors que la LPPR, en plus de précariser les chercheurs, met également en cause les libertés académiques, les universitaires ont vivement réagi dans nos colonnes.

Si la loi de programmation pluriannuelle de la recherche était déjà vécue comme un paradigme néolibéral qui accroît les logiques de précarisation, l’amendement proposé par la sénatrice LR Laure Darcos qui entend inscrire dans la loi que « les libertés académiques s’exercent dans le respect des valeurs de la République » s’apparente, pour de nombreux concernés, à « un instrument de musellement du monde académique ».

« Sans doute, pour nos gouvernants, attaquer des universitaires est-il le moyen de détourner l’attention de leurs propres manquements : un professeur est mort, et on en fait porter la responsabilité à d’autres professeurs », souligne Éric Fassin, enseignant-chercheur, sociologue.

Dans une lettre ouverte aux signataires de la tribune publiée dans Le Monde, Dominique Vidal, historien et journaliste, relève qu’en proposant « une instance chargée de faire remonter les cas d’atteinte aux principes républicains et à la liberté républicaine », soit « une sorte de comité d’épuration des universités », ces universitaires se placent dans le champ de l’infamie maccarthyste.

Pire : en procédant ainsi, Solène GC, étudiante en Master 2 d’études culturelles, souligne à quel point « Blanquer accuse de complicité les seules personnes qui soient en réalité capables de comprendre et de désamorcer les dispositifs d’embrigadement radicalistes. Nous sommes nombreux·ses à nous sentir directement visé·es ».

En effet, un collectif de jeunes chercheurs précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche réagit aux propos de Jean-Michel Blanquer et apporte son soutien aux « collègues minorisé·es et aux groupes marginalisés » : « Nous rejetons les accusations indignes faites à l’université supposément de connivence avec le terrorisme, et les dénonçons pour ce qu’elles sont : la tentative pour une administration en échec de trouver un bouc émissaire, et de lutter de manière institutionnelle contre la recherche sur le racisme ».

Pour eux, « la recherche scientifique ne doit pas devenir une mission de propagande qui étoufferait la recherche universitaire dès lors qu’elle bouscule l’ordre établi ».

La rupture semble bel et bien consommée, tant et si bien que, fait rarissime, la commission permanente du Conseil national des universités (CP-CNU) estime que Frédérique Vidal a provoqué « une crise de confiance et un désordre sans précédent dans le monde de la recherche » et qu’elle « ne dispose plus de la légitimité nécessaire pour parler au nom de la communauté universitaire et pour agir en faveur de l’Université », et appelle à sa démission, comme le relate Pascal Maillard.

Face aux mal-être du corps enseignant à tous les étages, on en oublierait presque celui, non moins palpable, des étudiants. Pourtant, comme le relate Khedidja Zerouali, « bloqués dans les 9 m2 de leur chambre CROUS ou cloîtrés dans leur chambre d’adolescent au domicile familial, nombre d’étudiants ont été complètement privés de vie sociale » et la grande dépression les guette également, et le risque d’implosion est bien présent à tous les niveaux.

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