Hebdo du Club #81: profs et chercheurs au péril de la start-up nation

Réformes Blanquer, projet sur les retraites et loi de programmation pluriannuelle de la recherche ont un point commun : elles pénètrent les métiers de l'enseignement d'un paradigme néolibéral qui accroît les logiques de précarisation, brise des espérances, entrave les plus fragiles. Mais retour de flamme: étudiants, profs, et chercheurs retissent des liens et ravivent des engagements, sources de modes de lutte inventifs.

« Comment prendre du repos quand il faut publier sans cesse pour espérer être recruté·e ? Est-il acceptable de devoir attendre la quarantaine pour savoir si et où l’on va pouvoir s’installer ? ». Une tribune écrite par un collectif de 300 chercheuses et chercheurs relatait avec minutie, le 30 janvier dernier, l’intranquillité ordinaire de la condition de jeune universitaire. « L’enjeu de la titularisation colonise nos intimités », écrivaient-ils, ramassant dans cette formule plusieurs décennies de détérioration de l’Université, et la manière dont celle-ci s’invite jusque dans les foyers et les choix de vie les plus privés. Cette insécurité, qui touche des métiers parfois considérés comme privilégiés, trouve dans un projet de loi à venir (« Loi de programmation pluriannuelle de la recherche ») un nouvel avatar susceptible de consolider ces logiques de précarisation.

Avec son nom un soupçon barbare et hermétique tout droit sorti de l’algorithme linguistique du gouvernement, ce projet de loi, s’ajoutant à la bataille des retraites et à celle des enseignants du secondaire face aux effets des réformes Blanquer, fédère des colères et engendre une nuée de voix individuelles et collectives dans nos colonnes. Profs et chercheurs refusent de vivre la déconsidération de leur métier comme une fatalité, racontent leurs luttes multiformes, leurs doutes aussi. « Là où Blanquer veut diviser, il crée les conditions d’une solidarité renouvelée contre lui », écrivait l’enseignant Said Benmoufflok en décembre sur son « ministre de la défiance ». Une contiguïté de valeurs connecte les tribunes et les témoignages d’élèves, d’enseignants ou de chercheurs de tous âges : les réformes, si elles créent du débat quant aux stratégies de combat, en empreignant ses paradigmes concurrentiels et gestionnaires néolibéraux dans l’école et l’Université, ourdissent insciemment de nouveaux liens, ravivent les échanges et sécrètent des savoirs émancipateurs. 

Un exemple parmi d'autres: en ces temps d'ébullition militante, des actions se mettent en place qui rassemblent des métiers et générations aussi différentes que bibliothécaires, enseignants-chercheurs, autres personnels de l'Université, mais aussi étudiants. Leur condition commune ? La précarité. Ici, un die-in pour dénoncer l'accaparement de la culture par une caste :

Action du 31 janvier - Arts et Facs en lutte à la BNF et à la Cinémathèque © Cinéma Paris 8

Une loi « darwinienne »

Le diagnostic semble faire l'unanimité : cette « Loi de programmation pluriannuelle de la recherche » en langue sincère, pourrait s’intituler « loi de précarisation durable des chercheurs français ». Dans un moment de vérité, c’est le directeur général du CNRS, Antoine Petit, employant cette langue, étrangement dévêtue des périphrases technocratiques habituelles, abrupte, montrant le vrai visage de la réforme, qui en avait révélé l'esprit : « Je suis pour une loi inégalitaire – ou «différenciante», [...], vertueuse et darwinienne », citait Pascal Maillard, professeur de littérature à l'Université de Strasbourg, une utilisation métaphorique du darwinisme balayée par les connaisseurs, d’ailleurs, comme en témoigne un chercheur dans l’article de Rouguyata Sall sur la mobilisation des labos : « Darwin lui-même était opposé absolument à l’idée de la compétition entre les humains »; et insistait sur l’importance des phénomènes de coopération — et non de compétition — dans l’évolution.

Précarisation intégrale des jeunes chercheurs

La loi, dont P. Maillard résume la brutalité dans son billet, « mettra en œuvre […] la dérégulation intégrale des statuts — recrutement, définition des temps de service, primes et promotions à la discrétion de la techno-bureaucratie universitaire, en violation de toutes les libertés académiques, de la disputatio entre pairs et du principe de collégialité — et la précarisation intégrale des jeunes chercheurs, par extinction des corps des maîtres de conférences et des chargés de recherche ». Par la mise en place de contrats à durée déterminée de 3 à 6 ans, l’éventualité pour les chercheurs d’obtenir un poste stable se verra considérablement reculée, érigeant la précarité en mode de vie, et non plus en simple période transitoire vers la stabilité, condition pourtant sine qua non de la production de savoirs. 

Manifestation du 29 janvier à Paris. © Baptiste Dupin Manifestation du 29 janvier à Paris. © Baptiste Dupin

« Merci au président-directeur général du CNRS, d’avoir révélé ce que cache le ronflement sonore des formules précitées (« modernisation », « rationalisation » et désormais « loi de programmation pluriannuelle ») »: répondant au fameux axiome « darwinien » du PDG, « lumineux mais très inquiétant » qui avait alors exaspéré des chercheurs, l'historien Olivier Le Cour Grandmaison inventorie les aberrations qui obscurcissent le devenir de l’enseignement et de la recherche. Le raffermissement des paradigmes concurrentiels dans l’Université et la déconsidération des étudiants précaires sont les ramifications d'une même logique. D’un côté, le « renforcement des liens universités/entreprises » (en témoigne le cas de l’implantation du groupe pétrolier Total sur le campus de l’Ecole polytechnique où il finance déjà une chaire d’enseignement à hauteur de 3,8 millions d’euros). De l’autre, un numéro vert (payant!) destiné aux étudiants précaires qui n’est rien d’autre qu’un mensonge ricaneur et un dispositif fantôme. « L’auteur du présent article a donc téléphoné pour savoir ce qu’il en était ». Résultat ? « les étudiant.e.s concernés sont renvoyés aux services sociaux déjà existants et simplement informés de leurs droits. Telle est donc la réponse de ce gouvernement au 130 000 étudiants en situation de grande précarité.»

Destin social 

L’historien voit dans l’accumulation de ces mesures une machine à décourager les plus fragiles et à annihiler les espérances. Derrière elles, « il y a des dizaines de milliers de jeunes femmes et de jeunes hommes dont les espérances sont ruinées par cette politique qui transforme en destin social l’existence de ceux qui sont les moins préparés à affronter la massification et à la paupérisation de l’enseignement supérieur. Sordide et insupportable violence sociale et symbolique infligée aux plus démunis.»  

Cette violence sociale découle sans nul doute de la « dérive instrumentale qui fait passer les considérations de trésorerie avant toute humanité », suppose Jean-Pierre Veran, Inspecteur d’académie, citant les dernières « erreurs » politiques, autant de preuves d’une impassibilité quasi robotique aux enjeux humains, reliant le rejet par la majorité de l’Assemblée nationale le 30 janvier d’une proposition de loi permettant un congé de 12 jours pour les parents d’un enfant récemment décédé, et le cas des professeurs sanctionnés pour avoir rendu hommage à Christine Renon, professeure des écoles qui s’était donné la mort sur son lieu de travail. Ces incidents, qui adviennent comme un accroc dans un système automatisé dont les rouages auraient dysfonctionné, révèlent une « ligne directrice », celle du parachèvement d’une rationalité instrumentale enrayée. La consigne implicite : « ne pas considérer l’humain d’abord, mais les coûts financiers de l’humain »

Rentabilité, flexibilité, management paternaliste 

« Rentabilité, courte vue, concurrence, performance à tous les niveaux, sélection, élitisme, flexibilité, management paternaliste » ajoutent les personnels du Lycée Balzac, qui tiennent un blog depuis le début du mouvement social sur les retraites, à propos des réformes gouvernementales. Avec justesse, ils déclinent les enjeux de la « révolution conservatrice et néo-libérale » qui se mène avec son « efficacité toute thatchérienne », opérant la « financiarisation généralisée » et « la marchandisation » de tous les secteurs de la vie, mais surtout des espaces jusqu’ici considérés comme des espaces protégés. L’école, écrivent-ils, « se pense » et « s’invente », elle « ne se gère pas, elle ne peut survivre aux petits calculs ». Contre les pratiques managériales, les enseignants louangent « l’invention pédagogique, le dialogue dialectique, le déploiement de l’imagination de chacun, le temps du silence pour réfléchir. Toutes choses rendues impossibles par cette réforme.» S'y surajoute l'institutionnalisation de l'autoritarisme avec le Service National Universel (SNU), décrypté par le spécialiste d'éducation B. Girard (ici et ), avec « l’intégration d’une période militarisée de 15 jours dans le cursus éducatif des élèves ».

Portrait du professeur en cyborg 

C’est une vision diamétralement adverse — sur la manière de transmettre des connaissances, de traiter les plus défavorisés, de concevoir la rationalité, d’occuper le temps, de vivre même — qu’opposent les professeurs aux réformes du gouvernement. Et s’ils n’étaient même plus dans le même régime de réalité ? C’est ce que suggère l’analyse littéraire de Pétrus Borel (cliquer ici pour découvrir qui était le véritable Pétrus Borel) des propos de Jean-Michel Blanquer. Analyse technicienne et poétique comme celle d’un connaisseur de figures de style rares, politiquement signifiante comme celle d’un prof engagé. « Dans le monde de Blanquer, les poissons volent, les loups fuient devant les brebis, l'eau brûle, et toute la mer tient dans un dé à coudre. En stylistique, ce genre de discours a un nom, c'est ce qu'on appelle un adynaton. L'adynaton est une figure de style […] qui consiste par une série d'hyperboles et d'antiphrases à créer l'image d'un monde imaginaire où l'ordre du réel serait inversé », précise l'enseignant.

 © Baptiste Dupin © Baptiste Dupin

Outre les hyperboles, il y a les mensonges. Ou plus précisément, les dénis de réalité qui passent par des finauderies du langage: « le Ministre se contente le plus souvent de vagues généralités que rien ne peut ni infirmer ni confirmer. Ce ne sont pas tant des faits, qu'une réalité alternative.» En déroulant le fil, le contributeur confirme l’infiltration d’une logique instrumentale évoquée plus haut, ici dans la manière de concevoir la relation du professeur à l’élève : en relevant de nombreuses tournures impersonnelles, Pétrus Borel conclut que « sa politique apparaît ainsi comme le fruit d'une nécessité qui n'aurait rien à voir avec des décisions humaines. De cette vision découle naturellement une vision mécanique de l'enseignement, la définition du professeur du futur comme un cyborg »

Du courrier pour Jean-Michel Blanquer 

Dépêtré des enjeux humains, il est dès lors possible de mener ses réformes à bon train et de faire abstraction de ce qui se passe dans les classes (il ne faut pas « faire loupe » est un autre élément de langage de Jean-Michel Blanquer relevé par Petrus Borel lorsqu’un journaliste attire son attention sur un cas concret ou des problèmes de terrain. Les E3C, épreuves communes de contrôle continu de la nouvelle mouture du baccalauréat, dont Faïza Zerouala a raconté la débâcle dans de nombreux lycées, a valu au Club une volée de « Lettres à Jean-Michel Blanquer » exigeant le retrait de ces épreuves, lesquelles cultivent les « inégalités de traitement », rompant avec le caractère national du Bac, comme le rappellent les enseignants du Lycée Alcide d’Orbigny Bouaye, ou ceux du Lycée Bonaparte, égrenant les conséquences néfastes des épreuves. Un « déni organisé », qualifie le blog Rêvesdegrève. Dispositif par ailleurs critiqué par le comité de suivi de la réforme Blanquer, notait Claude Lelièvre, « la formule hybride des E3C étant contraire à l'esprit de la simplification de la réforme du bac», ce que l’historien de l'éducation avait déjà décelé en aout dernier

« Il faut se dire que ce n’est qu’un job »

Que la réforme soit inégalitaire et impose une temporalité draconienne, risquant d’évincer de la course les plus socialement fragiles au passage, c’est une élève de première, Marianne, qui l’a relevé avec le plus d’acuité, se reconnaissant elle-même comme « privilégiée ». « Je fais partie des chanceuses », écrivait-elle, en référence à l’atout social d’être dans un « bon » lycée, ceux qui « font joli sur Parcoursup ». Une question qui échappe à Jean-Michel Blanquer, incapable de comprendre les mécanismes de reproduction sociale et qui malmène volontiers Pierre Bourdieu (lire ici le billet de Claude Lelièvre sur le sujet). Dans une conclusion plus adulte que toutes les entourloupes langagières de son ministre, elle assénait: « je refuse de passer mon bac tout en sachant que celui-ci est le symbole d'une inégalité entre tous les élèves de France ». Côté enseignants, « On entend depuis la rentrée de septembre dans les discussions entre enseignants des phrases inimaginables il y a quelques années: "il faut se dire que ce n’est qu’un job”, “Moi je tiens grâce aux élèves”, “Je réfléchis à une reconversion” », relate une professeure d’allemand dans un billet douloureux sur la désillusion, cette disjonction entre la mission que les professeurs se donnent et les conditions réelles de leur exécution. Autrement dit, entre les valeurs, et le mode de gestion gestionnaire des entreprises qui se déplace jusque dans l’école, d’où résulte chez l’enseignant une « souffrance éthique » (notion introduite par Christophe Dejours en 1998): « la souffrance qui résulte non pas d’un mal subi par le sujet, mais [comme] celle qu’il peut éprouver de commettre, du fait de son travail, des actes qu’il réprouve moralement »

Talents et chercheurs « de seconde classe » 

C’est aussi de ce dualisme indépassable entre ses valeurs de transmission et les rationalités néolibérales dont parle la chercheuse Alexandra Sippel dans un témoignage où elle fustige la grammaire du triage concurrentiel impitoyable des ressources humaines parcourant le monde de l’Université : « "Publish or perish", "tenure track", "excellence", "talents", classements divers... » Elle y oppose que « si nos recherches n'ont pas d'impact mesurable sur le produit intérieur brut du pays, elles n'en sont pas moins essentielles en tant que sciences humaines, véritablement humaines qui permettent de comprendre l’humain », harassée d’entendre la rhétorique des « talents » qu’il faudrait attirer, comme si les chercheurs français étaient là par hasard. Des chercheurs « de seconde classe » en quelque sorte, que la logique sous-jacente de la Loi de programmation pluriannuelle permettrait d’éradiquer, grâce aux titularisations conditionnelles (CDD de longue durée) utiles à « sélectionner les meilleurs ». La « subsomption du travail académique sous le capital », formule Hugo Harari-Kermadec, économiste, auteur de Le classement de Shanghai. L’université ubérisée, dans un entretien relayé par Jean-Marc B, critiquant le principe de l’évolution quantitative qui transforme l’activité académique en un travail producteur de plus-value. 

Pluies de cuissardes, de blouses et de manuels scolaires 

Contre la déviance technocratique et instrumentale, certains bazardent — tout un symbole — leurs outils et instruments de travail. « Les soignants balancent leurs blouses blanches à l’hôpital Saint-Louis, à celui de Chinon ou de Corbeil-Essonne, à Clermont-Ferrand des salariés de l’aéronautique lancent leurs bleus de travail, ceux de Météo France à Toulouse jettent des parapluies, les égoutiers de Paris des cuissardes, les enseignants des manuels, les inspecteurs du travail le Code du même nom…», énumèrent Thomas Coutrot (économiste) et Christine Castejon (analyste du travail), avant de conclure avec une formule qui amplifie l’horizon de la lutte et sied au combat des enseignants et des chercheurs, ces métiers qui demandent une bonne dose de dévouement et d’anti-utilitarisme: « si s’exprime si fort l’exigence que soient reconnus les sacrifices souvent imposés aux corps et aux vies, c’est en même temps pour ouvrir la voie à d’autres façons de travailler, de vivre et de s’occuper du monde. »

 © Baptiste Dupin © Baptiste Dupin

Animé par d’autres modes de luttes parfois inédits (« Petits coeurs, flash mob, candidatures multiples », grève des revues, tentatives d’alliances « des labos et des cheminots » pour « décloisonner les différentes places de grève », blocages de la plateforme Openedition), le monde de la recherche n’échappe pas aux doutes quant aux moyens d’action face à la rudesse des réformes à venir. Faire grève a-t-il du sens là où l’on produit des idées, et non des marchandises, où l’on partage des savoirs et non des moyens de transport, « s’assimilant а un secteur productif comme les autres » ? « L’Université doit repenser son imaginaire de la lutte, inventer de nouvelles formes de mobilisation et de présence dans l’espace public », proposaient les philosophes Geoffroy de Lagasnerie et Ronan de Calan dans une tribune passablement mal reçue par une partie des chercheurs. Ils y assimilaient la grève et les blocages à de « l’autopunition » là où l’université a pour rôle de produire des savoirs émancipateurs.

Politiser nos universités 

Mais c’était omettre que des Universités populaires avaient déjà vu le jour depuis le début du mouvement, utilisant la grève pour revivifier les savoirs critiques ; une motion d’Assemblée générale relayée par Bernard Gensane (au titre un chouia âpre : « Enseignement supérieur : ça va être un massacre ») le prouve: « Créons des lieux et des outils pour produire des savoirs qui nous émancipent !» y lit-on. C’était négliger aussi que « les transformations à venir de l’Université vont également renforcer des logiques de précarisation ». Or les précaires, dans leur réponse à la tribune des deux philosophes, rappellent qu'ils « constituent par ailleurs une masse de travailleurs·ses non négligeable qui participent à l’effort de production intellectuelle et d’enseignement en France », signalant leur « travail de fourmi », invisibilisé et déconsidéré.

Les revues de sciences humaines et sociales, une nouvelle espèce de manifestants © Université ouverte - revues en lutte Les revues de sciences humaines et sociales, une nouvelle espèce de manifestants © Université ouverte - revues en lutte

Or la grève dégage du temps, extrait le travailleur de la trame envahissante de la correction des partiels, des heures de travaux dirigés ou du boulot d’administration — ce à quoi s’ajoute l’enjeu de la conciliation avec travail domestique, pour lequel les chercheuses sont plus concernées (lesquelles sont aussi les grandes perdantes de la réforme des retraites, rappelait une tribune de femmes syndicalistes de l’Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la recherche). La grève permet d’ « intervenir dans les universités ouvertes, dans la construction de solidarités entre établissements et dans le blocage des autres secteurs au travers de coordinations interprofessionnelles ». Elle revigore des échanges, fabrique du lien, « politise nos universités ». Elle visibilise « l’armée de travailleur.euse.s précaires qui assure une grande partie des cours dans les universités », ajoute un article paru dans Contretemps web reprenant la tribune des Invités de Mediapart. Surtout, elle révèle combien cette armée tient à son métier, prouve un désir de transmission qui ne se fane pas, qui outrepasse les machineries gouvernementales, ne s'accommode pas de l'érosion de ses conditions de travail, un prérequis pour que des jeunes chercheurs aient envie, écrit Alexandra Sippel, de « devenir passeurs à leur tour ».

*****

Bienvenue aux nouveaux contributeurs :

William Acker, dans un témoignage difficile mêlé d'histoire plus globale de l'antisganisme, remonte le fil des humiliations vécues et du racisme d'ordinaire conforté par le racisme d'Etat. 

La critique de cinéma Emily Barnett a écrit une lettre aux repreneurs des Cahiers du cinéma pour alerter sur l'hégémonie masculine de son métier: « c’est le moment ou jamais d’admettre que les femmes critiques doivent être reconnues, valorisées, et que l’art de la critique, pour se régénérer, a besoin d’elles ».

L'association In & Out HEC a publié une mise au point sur l'enquête de Mediapart concernant le sexisme et l'homophobie en écoles de recherche

Elodie Torrente, s'adressant à Emile Zola, alerte l'auteur du fameux J'accuse sur l'instrumentalisation par Roman Polanski de son combat antidreyfusard

Le Festival Hors Pistes au Centre Georgie Pompidou poste chaque jour la «leçon des images» délivrée par une personnalité, commentaires multiformes autour des vidéos qui ont marqué cette année de soulèvement des peuples. Au programme, Chloé Delaume, Alain Damasio, Lav Diaz...

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.