Cadre de l'éducation nationale, passionné de politique et d'économie, de didactique et de pédagogie, de peinture (peintre amateur à ses heures très perdues) et de polars
France
À rebours du discours médiatique sur une école coupée de l’entreprise, cet article met au jour une relation ancienne, organisée et largement invisible entre l’institution scolaire et le patronat. Une architecture qui pèse lourdement sur la manière dont l’école pense le travail, les compétences… et ce qu’elle choisit de taire.
Ce texte prolonge l’analyse du rapport interministériel consacré aux compétences psycho-sociales. Il ne s’agit ni d’en dénoncer les intentions, ni d’en discuter l’utilité, mais d’interroger ce que produit un référentiel présenté comme scientifique, neutre et consensuel : quels cadres il installe, quels débats il évite, et quels déplacements politiques il opère à bas bruit.
Les CPS se sont imposées à l’école sous les traits d’un consensus scientifique et bienveillant. Cet article ne discute ni leur utilité ni les intentions de leurs promoteurs. Il interroge un texte de référence présenté comme un « état de la connaissance » pour analyser ce que produit un tel cadrage : ce qu’il rend visible, ce qu’il neutralise, et ce qu’il fait déjà au débat éducatif.
Reconnaître le caractère indispensable de certaines dimensions relationnelles ou émotionnelles ne conduit pas à adhérer à leur cadrage institutionnel. Le problème commence lorsque des conditions pédagogiques sont isolées de leurs dispositifs et reformulées comme des qualités attendues des individus. Ce glissement discret transforme des leviers d’apprentissage en normes implicites de jugement.
Avant d’interroger ce que les compétences psycho-sociales font à l’école, encore faut-il préciser ce qu’elles recouvrent. Certaines dimensions ainsi nommées ne relèvent ni du bien-être ni de la morale éducative. Elles constituent des conditions matérielles de l’apprentissage, produites par des dispositifs pédagogiques précis, sans lesquelles il n’y a pas de savoirs, mais de la sélection.
Les compétences psycho-sociales se sont imposées à l’école avec une facilité déconcertante. Portées par un discours unanimiste, elles promettent bien-être, adaptation et responsabilité individuelle. Qui s’y opposerait sans passer pour un réactionnaire échappé de Bolloland ? Reste une question : que dit ce vocabulaire de notre façon de psychologiser des contradictions sociales bien réelles ?
Depuis quelques années, les compétences psycho-sociales s’imposent comme une évidence éducative. Déployées massivement, elles font consensus. Trop sans doute. Ce texte n’adhère ni ne dénonce : il interroge ce moment où l’école se voit confier la tâche de réparer psychiquement ce que le monde social produit.
Jusqu'au bout, l'ex-ministre de l'éducation Nationale aura montré non seulement son incompétence mais aussi son mépris. A quelques heures de son exfiltration elle présentait quand même sa feuille de route aux inspecteurs qu'elle avait fait convoquer à la hâte en visio-conférence.
Le déshonneur de certains policiers est-il le déshonneur de la Police ?
Se poser la question n’est pas chose anodine. On pourrait déporter le débat sur le monde enseignant ou ecclésiastique pour mesurer les écarts.