16 mars 68: My Lai, un Oradour sur Glane perpétré au Vietnam

N°21 de la série "1968" qui en comptera plus de 68 sur l'année. Le massacre de My Lai a contribué fortement à la montée en puissance de l'opposition à la guerre du Viêt Nam dans le monde entier et aux États-Unis en particulier. Prochain article: "18 Mars 68: début du mai sénégalais"

 16 mars 2018  

Le 16 mars 68, une compagnie de la Division Americal de l’armée US massacre un demi millier de civils dans le village de My Lai au Vietnam, y compris femmes, enfants et nourrissons. Certaines femmes sont violées et leurs corps mutilés. L’armée décrit l'événement comme une victoire militaire qui a entraîné la mort de 128 combattants ennemis. Un journaliste embarqué fait un faux compte-rendu. Le photographe qui l’accompagne détruit les clichés. Le général Westmoreland, chef des troupes impérialistes, félicite la compagnie pour « une action exceptionnelle » et pour avoir « porté [à l'] ennemi [un lourd] coup ». Dans ses mémoires, longtemps après sa défaite, il parle au contraire  de « massacre conscient de bébés, d'enfants, de mères sans défense et d'hommes âgés dans une sorte de cauchemar diabolique au ralenti qui a duré pendant une bonne journée, avec une pause froide pour le déjeuner ».

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Le journaliste Seymour Hersh mène l’enquête et après plusieurs refus, réussit en novembre à sortir l’affaire. Il recevra le prix Pulitzer en 1970 pour son enquête sur le massacre de My Lai.

Après mise à jour de l’horreur, les trois militaires américains qui ont tenté vainement d’arrêter le massacre sont dénoncés comme traîtres par plusieurs politiciens du Congrès. Un seul soldat est accusé pénalement, le sous-lieutenant William Calley. Chanson connue: le criminel de guerre ne purge que trois ans et demi en résidence surveillée, et il deviendra un héros des conservateurs. Collin Powel, alors jeune officier de 31 ans chargé d’enquêter sur les dénonciations, écrit que « les relations entre les soldats de la Division Americal et le peuple vietnamien sont excellentes »

Les Etats-Unis ont tenté tous les moyens, hormis la bombe nucléaire, pour venir à bout de la révolution vietnamienne. Leur politique a consisté à détruire totalement le pays avec  des centaines et de milliers de massacres aussi destructeurs que My Lai. L’impérialisme a déversé sur ce petit pays, le Vietnam, plus de trois fois les tonnes de bombes de la deuxième guerre mondiale. Prenons le cas d’une seule de ces armes: environ 44 millions de litres d’herbicide à la dioxine, dit « agent orange », ont été déversés pour anéantir la vie humaine comme végétale. Le nombre de ses victimes va de 800 000 à 1 million. Une troisième génération est atteinte des plus graves malformations corporelles, dommages cérébraux ou altérations du patrimoine génétique.

Pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, voici le chef d’oeuvre Loin du Vietnam - travail collectif de la crème des réalisateurs des années 60: Joris Ivens, William Klein, Claude Lelouch, Chris Marker, Alain Resnais, Agnes Varda, Jean-Luc Godard, etc

Loin du Vietnam - Joris Ivens, William Klein, Claude Lelouch, Chris Marker, Alain Resnais, Agnes Var © Tis tián

Avec le massacre de No Gun Ri en Corée dix-huit ans plus tôt, My Lai est l'un des plus grands massacres de civils par les forces des Etats-Unis dans le xxe siècle. Il a contribué fortement à la montée en puissance de l'opposition à la guerre du Viêt Nam dans le monde entier et aux États-Unis en particulier.

Un article précédent a rendu compte des mobilisations anti-impérialistes en Europe et notamment en France. L’article sur la naissance du mouvement lycéen en rend compte également. Regardons maintenant comment l’impérialisme a perdu aussi la guerre aux Etats-Unis mêmes.

Dès l’automne 1964, le Free Speech Movement à Berkeley donne naissance au Vietnam Day Commitee. Dans les premiers mois de 1965, des jeunes jettent publiquement au feu leurs livrets militaires . Pendant  l’été 1965 de cette même année, alors que les premiers « teach in » sont tenus à Oxford et à la « London School of Economics », le SDS (Students for a Democratic Society) organise les premières manifestations à Washington. Le Tribunal sur le Vietnam se réunit en mai 1967 à Stockholm. Des protestations de tout type se multiplient dans le monde. Aux Etats-Unis, l’occupation de l’Université Columbia en Avril 1968 à New York élargit l’espace des confrontations.  Les hippies peu politisés communient dans la musique, le sexe et le LSD, tandis que des groupes activistes (les Diggers et les Yippies) présentent à la convention Démocrate de Chicago (1968) leur mascote - un cochon - comme candidat aux élections présidentielle ("pig for president"). S'en suivra le fameux procès des "sept de Chicago". Le mouvement est moins avancé qu’en Europe dans ses contenus de classe, mais assez efficace pour saboter le moral des va-t-en guerre, et surtout de l’armée, contribuant ainsi directement à la défaite politique puis militaire de l’impérialisme. Et au développement dans toute la jeunesse, y compris en France, des mobilisations anti-impérialistes.

Pour accéder au détail des secteurs mobilisés jusqu’à la victoire de la révolution vietnamienne, on peut lire le long article de  John Barzman, militant révolutionnaire et historien, dont voici des extraits:

« Les quatre premiers groupes sociaux à produire des militants, des manifestants et des pétitionnaires en nombre significatif ont été : 1) les étudiants en lettres et en sciences humaines et sociales (Arts and Letters, Humanities), 2) les intellectuels, artistes et autres créateurs culturels, 3) des ministres des cultes protestant, juif et catholique, et 4) la jeunesse afro-américaine. Les petites organisations politiques d’extrême gauche, évidemment présentes les premières, ne sont pas incluses ici car elles ne constituaient pas un groupe social.

La première vague

Dès avril 1965, en effet, ce sont des étudiants qui manifestèrent à Washington à l’appel de Students for a Democratic Society (SDS), des intellectuels qui signèrent les pétitions publiées dans le New York Times, des pasteurs, des rabbins et des prêtres qui organisèrent des veilles, et, quelques mois plus tard, suivant en cela les discours précurseurs de Malcolm X, l’organisation des étudiants noirs, le Comité de coordination non-violent des étudiants, SNCC ou « snick », qui diffusa sa prise de position contre la guerre. (…)

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La deuxième vague

Le mouvement s’est ensuite étendu, en 1966 et 1967, à partir de ces premières bases vers de plus en plus d’universités, cette fois-ci de tous statuts et de toutes disciplines, touchant également les étudiants et les professeurs (…) Vers 1967, des centaines de comités d’action contre la guerre du Vietnam furent formés dans les lycées par des jeunes hommes et des jeunes filles de 15, 16 ou 17 ans qui devenaient des militants du mouvement, participant aux réunions et aux manifestations. Les activités organisées par ces étudiants et lycéens, distributions de tract, concerts, teach-ins, piquets, manifestations, ont commencé à attirer des jeunes travailleurs. Le rapprochement était d’autant plus facile que toutes ces catégories de jeunes étaient unies par leur immersion dans la culture jeune (« youth culture »), caractérisée par l’écoute du rock, les cheveux longs, les habits hippie, la consommation de la marijuana, et plus généralement la méfiance face aux normes transmises par les adultes.

Parallèlement le mouvement s’était considérablement développé au sein de la population noire en suivant les mêmes chemins que dans la population blanche, des universités plus humanistes aux grandes universités et aux lycées, des lycées aux jeunes travailleurs et chômeurs, le chômage frappant la jeunesse noire quatre fois plus que la moyenne. Le refus retentissant du champion du monde de boxe poids lourd, Muhamad Ali (ou Cassius Clay) de combattre dans l’armée américaine suscitait l’admiration chez les jeunes. Chez les adultes noirs, sans doute sous l’influence des prises de position des organisations noires des droits civiques animées par des pasteurs, des enseignants, des syndicalistes, des avocats, l’opinion publique était nettement plus hostile à la guerre que dans les mêmes catégories de la population blanche. Ce basculement de l’opinion afro-américaine permit à Martin Luther King d’abandonner sa discrétion sur le sujet du Vietnam, et de rendre publique son opposition farouche à la guerre en avril 1967 (…)

La troisième vague

A partir de 1968, avec la prise du pouvoir par Nixon et les Républicains, le mouvement s’est considérablement élargi. La présence des femmes est devenue plus massive et visible, tant les étudiantes, les lycéennes, que les grand-mères, les syndiquées et les membres des professions libérales. Au début cette participation était aiguillonnée par deux organisations pacifistes, la Women’s International League for Peace and Freedom (WILPF), fondée lors de la Première Guerre mondiale, et Women Strike for Peace (WSP) auxquelles s’ajoutèrent à partir de 1968 de nombreux groupes féministes locaux et nationaux.

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A l’instar de la mobilisation des Afro-américains, une grande partie de la population chicana s’engagea dans le mouvement, légitimée en cela par la prise de position du dirigeant du syndicat des travailleurs agricoles, César Chavez, qui avait lancé le populaire mouvement de boycott des laitues et raisins de Californie, et était devenu une véritable icône populaire (…)

Le groupe social dont le basculement contre la guerre fut le plus décisif est sans nul doute celui des soldats et des soldats récemment revenus de la guerre, les vétérans du Vietnam. [11] D’abord visible par l’action de dissidents isolés, l’opposition à la guerre au sein de l’armée prit de l’ampleur avec la circulation de pétitions, l’émergence de groupes d’étude, le port de symboles pacifistes sur le casque, la participation visible à des réunions et manifestations contre la guerre. (…). Dès 1968, des experts de l’armée américaine estimaient que cette désaffection politique et culturelle paralysait la capacité d’action militaire des Etats-Unis au Vietnam. La décision de Nixon de retirer graduellement les troupes au sol et d’intensifier les bombardements aériens s’explique en grande partie par l’ampleur de ce mouvement, lui-même conséquence du mouvement anti-guerre chez les civils.

Enfin, à partir de 1969, des ouvriers syndiqués ont participé en grand nombre aux manifestations. Les premiers syndicats à prendre position dans ce sens étaient des syndicats marqués par une tradition de gauche ou progressiste, les « Hospital Workers », « Electrical Workers », les employés municipaux (AFSCME et SEIU) et les travailleurs de l’automobile (UAW). A partir du Moratorium contre la guerre du Vietnam le 15 octobre 1969, cette position se généralisa. Les syndicats qui soutenaient activement la guerre – comme celui, très médiatisé, des ouvriers du bâtiment de New York – étaient marqués au contraire par une tradition clientéliste et anti-communiste, et se retrouvèrent de plus en plus isolés au sein de la confédération AFL-CIO. L’appel au Vietnam Moratorium du 15 octobre 1969 demandait à toute la population de suspendre ses activités quotidiennes pendant cette journée, car, expliquait-il, « la guerre les rendait malade » (« sick of the war »). On observa pour la première fois de nombreux arrêts de travail de syndiqués contre la guerre à cette occasion.

Etudiants, lycéens, jeunes, noirs, chicanos, femmes, soldats, ouvriers syndiqués, cet élargissement du mouvement contre la guerre n’aurait pas été aussi réussi et rapide sans l’intervention de groupes politisés qui structuraient le mouvement anti-guerre organisé. C’est à ces courants politiques qu’est consacrée la dernière partie de cet article.

 Groupes politiques

Voyons d’abord les Pacifistes philosophico-religieux.

Le fondement de leur opposition repose sur trois arguments qui vont se généraliser à l’ensemble du mouvement :

- une guerre injuste par laquelle des puissants imposent leur loi à des faibles ;

- une guerre immorale, inséparable de l’utilisation d’armes barbares, de la torture, des atrocités contre les civils, voire des crimes contre l’humanité comme le massacre de My Laï en 1968 ;

- une guerre illégale, puisqu’elle n’a jamais fait l’objet d’un vote du Congrès des Etats- Unis.

La participation des pacifistes protestants en tant que protestants s’articulait autour de l’American Friends Service Committee (AFSC), organe très actif des Quakers, et de la Fellowship of Reconciliation qui rassemblait presque toutes les dénominations protestantes ; celle des juifs autour de personnalités comme le rabbin Abraham Joshua Heschel, celles des catholiques autour de la revue Catholic Worker, assez minoritaire, et des frères jésuites Daniel et Philip Berrigan.

Les organisations non-confessionnelles fondées sur une philosophie pacifiste comprenaient la War Resisters’ League avec des responsables en vue comme A. J. Muste et Dave Dellinger, le Committee for Non-Violent Action (CNVA), le SANE : Committee for a Sane Nuclear Policy, la Student Peace Union. La personnalité la plus connue de ce courant situé entre le pacifisme intégral, le socialisme et l’anarchie est la chanteuse Joan Baez.

La deuxième composante est celle de la nouvelle gauche et du tiers-mondisme.

Pour la nouvelle gauche, incarnée entre 1965 et 1968, par l’organisation SDS, Students for a Democratic Society, puis, après l’implosion de celle-ci en 1968, par une constellation d’organisations, la guerre était un reflet d’un « système » fondé sur le racisme et l’oppression d’une vaste majorité de la population, qu’elle qualifiait un peu plus tard ouvertement de « système capitaliste ». Elle rejetait les doctrines trop précises de l’ancienne gauche qu’elle accusait d’avoir fait faillite. La nouvelle gauche recouvrait en partie un courant tiers-mondiste de solidarité avec les peuples de couleur d’Afrique, d’Amérique latine et d’Asie, qu’il considérait comme opprimés par la puissance impérialiste américaine. Cette idéologie nouvelle gauche et tiers-mondiste, plus nette à la SDS, irriguait aussi la pensée des grandes organisations noires comme le CORE, SNCC, et le Black Panther Party.

La vieille gauche dépassée

Deux courants de la vieille gauche ont été présents mais de plus en plus incapables de se retrouver dans le mouvement anti-guerre et en perte de vitesse : les maoïstes descendants de courants staliniens des années 1930, et les sociaux-démocrates de gauche.

Les maoïstes, très actifs en 1965, à la naissance du mouvement, à travers le May 2nd Movement, se sont retrouvés de plus en plus extérieurs au mouvement, car tournés de façon dogmatique vers les couches les plus déshéritées, les révolutions dans le tiers-monde, la pureté révolutionnaire et gênés par les soubresauts de la « révolution culturelle » en Chine et le rapprochement entre le président Mao et le président Nixon.

Quant aux sociaux-démocrates de gauche (rassemblés un temps dans Democratic Socialist Organizing Committee puis Democratic Socialists of America), leur point fort avait été leur identification avec le puissant mouvement social-démocrate en Europe, notamment en Grande- Bretagne, et avec le courant majoritaire de la confédération syndicale américaine, l’AFL-CIO. (…)

La vieille gauche revivifiée

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Par contre, une autre partie de ce qu’on appelait la vieille gauche, c’est-à-dire de la gauche présente dans les années 1930 aux Etats-Unis, a structuré le mouvement anti-guerre et connu un vaste courant d’adhésion ; il s’agit principalement du Parti communiste et du Parti socialiste ouvrier ou SWP, trotskyste. (…) Ces deux organisations politiques ont longtemps collaboré, non sans tensions, au sein du National Mobilization Committee ou Mobe ou de son équivalent jeune le Student Mobilization Committee (connu par ses initiales SMC). Ils ont ensuite structuré des coalitions rivales, pour le Parti communiste, la People’s Coalition for Peace and Justice (PCPJ), et pour le SWP, la National Peace Action (ou NPAC) Coalition, qui ont néanmoins trouvé des terrains d’entente. Le rassemblement de personnalités très diverses, allant de Bertrand Russell à Jean-Paul Sartre, dans le Tribunal international sur les crimes de guerre américains au Vietnam doit sans doute être placé dans cette stratégie de front uni et d’élargissement du mouvement.

Les « colombes » : trois nuances de « libéraux »

Enfin, un dernier courant a été présent par intermittence dans les structures du mouvement contre la guerre bien que ses sympathisants aient constitué la majorité des manifestants : celui des « libéraux » au sens américain. (…) Un premier courant « libéral, » minoritaire, est celui des « libéraux » qui condamnaient la puissance américaine dans le monde et souhaitaient une Amérique capitaliste mais pacifique, dans le prolongement de la politique de Roosevelt en 1945, incarnée par la création des Nations Unies et du Fonds monétaire international et la résurrection de l’Organisation internationale du travail, puis du refus de la Guerre froide défendu par l’ancien vice-président Henry Wallace en 1948. On peut rattacher à ce courant la revue The Nation, le Sénateur de l’Oregon Wayne Morse, le médiatique Docteur Benjamin Spock qui avait servi de guide aux mamans américaines pendant les années cinquante, l’organisation religieuse Clergy and Laity Concerned about Vietnam.

Un deuxième courant « libéral, » également minoritaire, militait lui en faveur de la puissance américaine dans le monde mais pour une approche qui combinerait la force militaire américaine, réduite au second rang, avec l’usage de sa force politique, sociale, culturelle et diplomatique. Le plus connu de ces libéraux était l’historien Bernard Fall, auteur des premières études sérieuses sur le Vietnam. Cette position a été également le point de départ de la réflexion de l’analyste Daniel Ellsberg, auteur des célèbres Pentagon Papers. Ce courant s’est retrouvé assez tôt dans l’opposition à l’escalade militaire engagée par le Président Johnson en avril 1965.

Enfin, un troisième courant « libéral » a rejoint le mouvement anti-guerre vers 1968, après le retrait de Lyndon Johnson de la course à la présidence, et encore plus nettement après l’éviction des Démocrates du pouvoir. Ce courant était favorable à la puissance américaine dans le monde, à l’intervention militaire massive au Vietnam de 1965 (ordonnée par un Président démocrate), mais s’était rendu à l’évidence vers 1968 que cette intervention militaire n’avait plus aucun espoir de vaincre l’insurrection vietnamienne et qu’il fallait y mettre fin au plus vite en sauvant les meubles. Plusieurs éditorialistes en vue du New York Times et d’autres quotidiens « libéraux » ont abouti à cette conclusion après 1968. (…)

Conclusion

On peut souligner pour conclure que ce mouvement politique a obtenu plusieurs importantes victoires politiques :

- le retrait des forces américaines du Vietnam,

- l’abolition du service militaire,

- la loi sur la liberté de l’information,

- l’installation durable, au moins jusqu’en 1990, d’une opposition massive à toute intervention militaire américaine dans le Tiers-monde connue sous le nom de « syndrome du Vietnam. »

Par ailleurs, ce mouvement a eu de nombreux effets de contagion aux Etats-Unis et au- delà : lui-même inspiré par le mouvement pour les droits civiques des Noirs, il a, à son tour, servi de modèle pour le mouvement des femmes, les mouvements pour l’action affirmative en faveur des Noirs et des Chicanos, le mouvement gay, et le mouvement écologiste. En dehors des Etats- Unis, il a servi d’inspiration au mouvement pour les droits civiques en Irlande du nord, et pour les nombreux mouvements étudiants et jeunes de la fin des années 1960 (Mexique, Australie, France).

Il s’est donc agi d’un mouvement politique aux conséquences immenses profondément enraciné dans toutes les couches de la société américaine, interprétation qui justifie, peut-être pas littéralement mais sur le fond, le sous-titre du livre de Maurice Isserman et Michael Kazin, La Guerre civile des années 60, et plus certainement son titre « L’Amérique divisée. » 

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Filmographie

  • Les films du collectif Newsreel (dont No game (1967) et Yippie (1968)
  • Black Panthers de Agnès Varda (1968), 
  • La sixième face du Pentagone, de F.Reichenbach & C.Marker (1968), 
  • Ice, de Robert Kramer (1969), 
  • A la recherche de mon Amérique de Marcel Ophüls (1970), 
  • Winter soldier du collectif Winterfilm (1972), 
  • Les diggers de San Francisco, de A.Gaillard & C.Derensart (1998), 
  • Following Sean de Ralph Arlick (2004).

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Articles déjà publiés dans la série "1968"

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  2. "Eh bien non, nous n'allons pas enterrer Mai 68", par A. Krivine et A. Cyroulnik
  3. 26 Janvier 68: Caen prend les devants
  4. 27 janvier 68: les lycéens font collection de képis de policiers
  5. 29 Janvier 68: Fidel écarte les dirigeants pro-soviétiques
  6. 31 janvier 68: Vietnam, l’offensive d’un peuple héroïque
  7. Mai 2018 : sous les pavés la rage, par Jacques Chastaing
  8. Mai 68 vu des Suds
  9. 6 Février 68: grand Charles et grand cirque à Grenoble
  10. 14 février 68: combat pour le cinéma
  11. 17-18 Février 68: La jeunesse européenne avec le Vietnam
  12. Mai 68 n’a pas commencé en mai, ni en mars, ni au Quartier Latin, ni à Nanterre
  13. 24 Février 68: Plate-forme commune FGDS- PCF
  14. 26 février 68: L'aéroport c'est déjà non, et au Japon
  15. 1er Mars 68: bataille romaine de Valle Giulia
  16. Mai 68: des conséquences "positives" pour 79% des Français
  17. 1968: le père De Gaulle et la tante Yvonne, ça suffit !
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  19. 11 mars 68 : les affrontements de Redon donnent le ton
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