Au centre de la scène et d’une querelle de mitoyenneté : un tas de fumier. S’inspirant d’un épisode croustillant de l’émission de télévision Strip-tease, Thomas Blanchard adapte et signe sur le tas la mise en scène de « Fumiers ».
Roland Auzet monte « Dans la solitude des champs de coton » ; Richard Brunel, « Roberto Zucco ». Deux mises en scène de pièces qui placent au centre du jeu les acteurs. L’écriture de Koltès ne demandait que ça.
Second volet de la trilogie de l’Europe que signe l’Européen né en Suisse Milo Rau, « Dark Ages » réunit un Allemand, une Serbe, deux Bosniaques et une Russe. Tous les acteurs sauf un, le plus écorché (vif) par l’Histoire. Cinq actes rythmés par la musique du légendaire groupe slovène Laibach.
Maëlle Poésy nous fait jubiler avec « Le Chant du cygne » et « L’Ours », deux bijoux en un acte de Tchekhov au Studio, la troisième salle de la Comédie Française. Dans la seconde, le Théâtre du Vieux Colombier, David Lescot se perd dans ce monstre magnifique qu’est « Les Derniers Jours de l’humanité » de Karl Kraus.
Les Syriens Omar Abusaada (mise en scène) et Mohammad Al Attar (dramaturgie) ont travaillé avec des syriennes réfugiées dans des camps au Liban. Au final : « Antigone of Shatila », entre théâtre et témoignage. Un spectacle qui concluait avec force les Rencontres à l’échelle de Marseille.
Du Théâtre éclaté d’Annecy aux théâtres privés, de « La Farce de Burgos » à « Qui a peur de Virginia Woolf ?», l’itinéraire réfléchi d’un homme de théâtre conséquent.
Quand un pays se révolte contre l’oppression d’un tyran qui veut l’assujettir, tôt ou tard, la figure d’Antigone, celle qui dit non, pointe son minois irréductible. Aujourd’hui, l’Ukraine. Une mise en scène de Lucie Berelowitsch.
Dans le top ten des metteurs en scène européens aux spectacles voyageurs, le Néerlandais Ivo van Hove n’est pas le plus mal placé. Son théâtre, le Toneehgroep d’Amsterdam avec la troupe extra qui va avec, est un bon port d’attache (et d’accueil). La preuve par « Kings of War », bijou d’intelligence dramaturgique et scénique.
Pas facile d’écrire une pièce après « Clôture de l’amour », pièce miraculeuse, touchée par la grâce, classique contemporain, à peine née, traduite en une multitude de langues et jouée dans le monde entier, souvent dans une mise en scène de l’auteur, Pascal Rambert. « Argument » essaie de relever le gant.
Les temps sont durs pour les petites structures, les associations culturelles qui, de bourgades en villages, travaillent au cœur des régions. Leurs subventions sont souvent revues à la baisse. Le département de l’Allier les a carrément supprimées. Pour favoriser « l’événementiel ».