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Les dés sont jetés… … mais la partie ne fait que commencer

À propos du blog
Dans deux mois, nous serons à la veille du scrutin présidentiel. Curieux scrutin. Aujourd’hui, nous connaissons enfin les candidats, au moins ceux qui disposeront à coup sûr des 500 parrainages requis. A droite et à l’extrême droite, rien de bien nouveau. Marine Le Pen joue la partition familiale, entamée il y a une quarantaine d’années. François Fillon veut poursuivre la « saga » de l’ancien président Sarkozy, sur un mode mineur, mais en affichant une raideur que son prédécesseur n’avait pu tenir – et peut-être n’avait pas imaginé possible… L’un comme l’autre semble sortir d’un autre monde, en voie de disparition, où les fonds publics sont à la disposition des élus, pourvu que personne n’ait l’indélicatesse de jeter un regard indiscret sur les comptes de ces derniers. Leur réaction leur est commune : celle du déni pur et simple, puis du combat contre un complot qui viserait à se débarrasser d’un futur vainqueur de la présidentielle. N’ont-ils pas, depuis quelques années, cessé de mener campagne contre les copains et les coquins, allant parfois jusqu’à convoquer la mémoire du général de Gaulle ? A gauche, la situation a commencé à devenir plus claire avec le contrat politique passé entre Benoît Hamon et Yannick Jadot. Bien sûr, il faut que les Verts ratifient l’accord et chacun connaît leur attachement à une indépendance d’esprit qui leur fait préférer parfois le splendide isolement. Mais ce serait au risque de ne pouvoir présenter un candidat… Quoiqu’il arrive le document signé avant-hier restera d’actualité et il jouera un rôle non négligeable dans l’évolution des esprits. En ce qui concerne Jean-Luc Mélanchon, qui a joué à fond sur l’esprit gaulliste de l’élection présidentielle et s’est autoproclamé candidat, qui a instauré lui-même les règles d’action et jusqu’à la manière de penser (!) de ceux qui le soutiennent, il commence à être en difficulté. Pierre Laurent, qui n’aime pas être mis devant le fait accompli, a intelligemment appelé à discuter d’un texte définissant une politique commune avec B. Hamon – ce qui ouvrirait à chaque électeur de gauche la possibilité de faire son choix en connaissance de cause ; et surtout avec un espoir de s’attaquer enfin aux problèmes de fond qui minent la France depuis trop d’années : réforme des institutions, prise à bras le corps des questions de la pauvreté, réorientation de la politique européenne… Du sérieux qui ne peut en rester à de simples paroles vite oubliées dans les archives de l’histoire. A Mélenchon ensuite de prendre ses responsabilités. Et j’en viens à la coqueluche de ces derniers mois : Emmanuel Macron. Emmanuel aime être aimé de tous bords. Il a le mot qui plaît à chacun. Il est jeune, beau (je ne suis pas nécessairement bon juge) et affiche quelques brins d’originalité. En ces temps de « pacs » et de concubinage au plus haut niveau (les temps ont changé depuis 1958 !), il est marié avec son ancienne professeur de français, ne la cache pas et montre ainsi que de nos jours une affaire Gabrielle Russier aurait bien du mal à éclater. Macron est un personnage qui aime à briller, et à être reconnu comme un brillant sujet. Ce n’est pas si simple. Comme quelques autres, il est lauréat du Concours général ; mais comme bien d’autres, il ne réussit pas le concours d’entrée à Normale sup. Il en reste marqué et tiendra des propos embrouillés devant la presse qui croit avoir compris qu’il était « archicube » alors qu’il ne l’est point. Il fait aussi état d’un mémoire sur l’intérêt général avec Etienne Balibar, un héritier d’Althusser qui ne s’en souvient pas !... Il laisse cependant un bon souvenir à Paul Ricœur qui lui a demandé de corriger l’un de ses plus grands bouquins et d’en établir l’annotation. Macron a finalement comblé ses frustrations en étant admis à l’ENA (promotion Léopold S. Senghor – beau titre de promotion pour un jeune ouvert sur la modernité). Si Emmanuel est devenu un homme de gauche, il le doit à l’une de ses grand-mères qui s’occupe de lui faire partager une culture de gauche – une culture livresque. C’était sans doute indispensable pour un lycéen qui a fait ses études secondaires chez les jésuites –et peut-être est-ce là qu’il a appris à plaire au monde (relisez Les Provinciales de Pascal). Lors d’un de ses stages d’ENA, il est remarqué par un octogénaire, Henry Hermand, un homme de gauche, non marxiste, ancien jeune résistant (il a vingt ans en 1944), puis jeune et actif syndicaliste au Centre d’Etudes Atomiques. Hermand bientôt entré dans la revue Esprit devient secrétaire départemental du PSU et membre du comité directeur de l’Union progressiste. Il aura des liens importants avec le PS de l’après-Epinay. C’est une période où il apparaît comme un acteur décisif dans le monde de la grande distribution. Il s’affirme alors comme soutien de la « deuxième gauche ». Et c’est ainsi qu’après s’être engagé en faveur de Pierre Mendès-France puis de Michel Rocard, H. Hermand finit par s’attacher au jeune inspecteur des finances Emmanuel Macron qui va bientôt entrer, comme Pompidou, à la banque Rothschild et même en devenir un « associé » : il est au sens plein du terme un « banquier ». Hermand le soutient, le guide . Il est son témoin pour son mariage avec Brigitte Trocheux : tous deux sont amis intimes. Il semble même l’avoir soutenu financièrement. Le vieil homme, tout récemment décédé, a tenu à faire connaître son action pour « dégrossir » le disciple qu’il s’est donné : « Je ne le quitte jamais ! J'ai une légitimité de parcours à le conseiller sur ses grandes orientations », affirme-t-il au Figaro (article abonnés). Et il ajoute : « J'incite toutes mes relations d'affaires à immédiatement aider Emmanuel Macron. Je m'inspire de la campagne d'Obama, basée sur des petits porteurs. » () Il ne se gêne pas non plus pour le recadrer : "Les couvertures de Paris Match, c'était une erreur, et je lui ai dit. C'est people, c'est médiocre, notamment la photo avec le nudiste, lance-t-il. Même chose pour le Puy-du-Fou. Il n'avait pas besoin de s'afficher avec Philippe de Villiers. Ce désir qu'il a de serrer toutes les mains, même des personnes qui ne sont pas d'accord avec lui, est regrettable. Il perd parfois son temps, c'est un peu ridicule. » Henry Hermand ne serait-il pas mort trop tôt ? Macron se présentait ces deniers mois comme un homme neuf, à la parole libre, rassemblant qui voulait bien le rejoindre pour construire une majorité ni à droite ni à gauche. Comme « progressiste », terme qu’il doit à Hermand, il a même accepté un ancien candidat du Front National aux élections départementales et régionales dans le Loir-et-Cher…. Depuis avant-hier, il a répondu dans l’heure à l’appel de François Bayrou pour construire une nouvelle majorité et en a accepté les conditions. Les personnels de l’éducation nationale ne sont ni si jeunes ni si vieux pour ignorer le passage de Bayrou au ministère de la rue de Grenelle (1994-1998) et les vastes mouvements contre sa réforme de la loi Falloux qui s’effondra piteusement et permit pour une part le retour de la gauche au pouvoir avec Lionel Jospin à sa tête. Jouer le renouveau avec ce que l’on appelait sous la IVe République « les vieux chevaux de retour », voilà qui ne manque pas de piquant ! On ne saura jamais ce que Henry Hermand aurait pensé de ce recours de la dernière chance à un modem déjà courtisé par une candidate en difficulté aux présidentielles de 2007 et depuis un certain temps démonétisé. En vérité, E. Macron vient de quitter la gauche pour embrasser le centre-droit. Il est des baisers qui vous tuent. Nul ne peut encore dire quand cette construction improvisée s’effondrera. Mais elle est fragile. Et l’on comprend que des notabilités du PS tentés par une aventure sociale-libérale avec Macron, attendent avant de s’engager dans l’entreprise qu’ils peuvent de plus en plus difficilement dissimuler : une scission avec le parti socialiste et son orientation originelle à gauche. Faisons confiance à l’avenir. Désormais la gauche se retrouve dans le rassemblement qui a commencé à s’opérer avec Hamon-Jadot – en souhaitant qu’il s’élargisse à la France Insoumise et plus largement à tous ceux qui n’ont pas encore retrouvé la confiance qui les avait portés à voter pour la gauche. La gauche qui est à l’heure de la vérité.
  • Pour le 7 mai, une exigence et une seule : isoler le F.N. et ses supplétifs

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    Emmanuel Macron affronte Marine Le Pen : la République combat ses ennemis...Depuis 40 ans, la famille Le Pen compte sur le temps et le suffrage universel pour devenir une dynastie autoritaire capable d’investir et pervertir les institutions républicaines.
  • Savoir prendre ses responsabilités pour l’avenir.

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    Qui aurait imaginé il y a six mois la configuration des forces politiques à l’œuvre en cette fin de campagne présidentielle ? Quatre candidats sont en mesure d’être qualifiés pour le second tour.
  • Les dés sont jetés… … mais la partie ne fait que commencer

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    Nous connaissons enfin les candidats, au moins ceux qui disposeront à coup sûr des 500 parrainages requis. A droite et à l’extrême droite, rien de bien nouveau. A gauche, la situation a commencé à devenir plus claire...
  • Sortir de la nasse...

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    Après l'élection américaine...
  • Ce qui se précise

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    La situation a changé en 29 jours. François Hollande se retrouve dans le même champ de vision que Nicolas Sarkozy. Une partie de la droite, préoccupée de cohérence constitutionnelle, encore plus soucieuse de se débarrasser du remake de 2012, cherche le moyen de discréditer un peu plus les deux derniers présidents afin de s’en débarrasser.Hollande, Valls, TROP, C’EST TROP.
  • Une de moins !

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    C. Taubira est un esprit indépendant. Elle a vécu double exclusion : être née noire, Guyanaise, avoir connu la pauvreté dans un foyer aux nombreux enfants. Désaccord majeur, explique-t-elle. Refus de se confronter aux réalités, lui répond le premier ministre...
  • Réforme constitutionnelle et primaire présidentielle

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    Il convient de lier la demande de primaires à gauche au rejet de la constitutionnalisation de la déchéance nationale. Et de construire à partir de là un rassemblement pour une rupture avec la politique actuelle.
  • La firme Hollande en faillite

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    Nous vivons la faillite de François Hollande. Sa proposition de réforme constitutionnelle est un leurre. Dans les faits, la déchéance de la nationalité française existe pour les terroristes (et d'autres). Il veut piéger la droite qui elle même veut le prendre à son piège. .Il faut 370 républicains de gauche et de droite pour mettre en échec le projet.
  • Le terrorisme est-il une guerre ?

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    Les islamistes fanatiques ne s’en cachent pas. Ils mènent une «guerre sainte». La France est contrainte de relever le défi d’une guerre d’un autre âge qui est en même temps une guerre très moderne. Combien de temps faudra-t-il pour surmonter l’épreuve ? il faut manifester la même fermeté que celle qui a prévalu contre le nazisme.
  • Le grand problème des gauches en France : retrouver le vote populaire.

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    La gauche et le vote populaire. L'union des gauches reste une condition du progrès dans toutes les élections territoriales. C'est le point de départ indispensable pour retrouver une union nationale.