Blog suivi par 785 abonnés
Le blog de Juliette Keating
-
Jacqueline et les (bal)cons
Jacqueline est sur la mauvaise voie. Si elle vendait des armes aux dictatures du golfe, on la féliciterait ! Si elle ordonnait l'assassinat par drones de condamnés à mort sans procès, elle serait élue ! Si elle trafiquait les engins à mesurer la pollution des voitures ou des centrales nucléaires, elle ferait fortune ! Mais voilà, Jacqueline, avec obstination, se laisse glisser sur la pente savonneuse de l'irresponsabilité coupable et de la délinquance en bigoudis et robe de chambre à fleurs. C'est que la vieille dame fait pousser, sur ses balcons, des géraniums ! -
Jusqu'à la lie
Vent de panique. Air mauvais, tiédasse, qui sent la cliche et les suées froides. C'est que la vie politique a ses moments fiévreux, quand il faut repasser par le maudit guichet des élections. La poisse démocratique. Comment tromper encore des électeurs si souvent bernés ? -
La schlague, toujours...
La bonne vieille schlague, jamais besoin de l'astiquer : elle est inaltérable. C'est l'instrument traditionnel de la modernisation outragée. La réforme, cette machine à casser les acquis, il faut qu'elle entre dans les crânes de gré ou de force. Soumission directe ou écrabouillage préalable : comment tu le veux, ton coup de pied au cul ? Choisis. Tu es libre, encore heureux en démocratie. Mais si tu résistes : la schlague. Il faut bien se défendre. -
Aux martyrs
Les hommes avecque zun grand hache, sont odieux. Chaque jour, sous le soleil indifférent ou la pluie insensible, des cœurs purs saignent, des âmes immaculées sont foulées sous les pas sans pitié des ingrats. Quoi ! On se démène, on s'échine, on s'arrache sang et eau pour la grandeur de la France mais l'on ne recevrait pour tout salaire que semelles au bas des reins et tartes à la crème ? -
Billet inutile
-
Couleur de la bêtise
-
Les évacués
Non, la langue n'est pas de bois. Car le bois bien dur fait la cabane solide, le toit étanche que viennent lécher la pluie et le vent. Un refuge de langue de bois, ce serait déjà quelque chose à quoi on pourrait tenir, un petit chez soi où accrocher des rideaux, ranger les jouets des enfants et Médor, surgi joyeusement de sa niche, accueillerait le visiteur d'une léchouille amicale. -
Éclipse de la raison
Levée assez tôt pour contempler la pleine lune, au bord grignoté par l'ombre de la Terre. Ciel d'encre troué d'étoiles qui brillent comme rarement. Je savoure le calme du petit matin, temps suspendu, quand la plupart dorment encore et que je sais le premier bus vide dont le moteur ronronne en passant sous ma fenêtre. -
Survivre en atmosphère raréfiée
Matin. À la radio, subir la voix de Philippot. Il dit « acharnement ». Question : on se demande si la chèfe du parti d'extrême droite a bien parlé d'occupation... De quoi ? Prières de rues, quartiers, lois religieuses, etc. Occupation, avec granto ou petito ? Alors : Oui ? Non ? Allez, on réécoute l'enregistrement pour être vraiment sûrs. Voix éraillée de la Le Pen. Couper la radio. Allumer l'ordinateur. -
Sabotage !
Tourner vingt fois sa langue dans sa bouche avant de se taire : maxime fondamentale de nos sociétés de survie. La liberté d'expression, à laquelle nous faisons mine de tenir tant, est de plus en plus surveillée et le citoyen s'institue le meilleur censeur de lui-même. L'économie de la rareté des places, de la précarité et le manque de reconnaissance des talents individuels, leur négation pour cause d'absence de rentabilité, font plier notre dos frileux d'apeurés.
- Page précédente
- 1
- …
- 27
- 28
- 29
- 30
- 31
- …
- 106
- Page suivante