Nous vivons une crise qui ne dit pas son nom, mais qu’il faut inventer pour l’occasion: la récefion. Pas vraiment une récession, ni simplement de l’inflation, mais ce sentiment désagréable de l’avoir dans le fion.
Non, jamais il ne doute. Le doute est accessoire chez celui qui a du pouvoir. Qu’il s’agisse de pouvoir politique, économique, mamamouchique. Pourquoi douter si on peut décider de la vérité en petit comité ou par décret ?
« Docteur, je suis heureux, pouvez – vous m’aider ? ». Cette demande parait incongrue. On sait bien qu’il n’y a pas de gens heureux ici bas. Des imbéciles heureux oui, mais eux ils trichent.
Nous nous sommes trompés de question. Longtemps nous avons cherché : « sommes nous seuls dans l’univers ? », sans réponse. Par contre la question « sommes nous seuls cons dans l’univers ? » est beaucoup plus prometteuse.
Nous vivons une forme de catéchisme monétaire accusant les seules Banques centrales des pires excès ou actes manqués, et les mettant en demeure de restaurer les conditions d’un futur désirable.
Insupportable. On ne peut plus déambuler tranquillement sur les écrans de nos smartphones, tablettes ou téloches, sans qu’un penseur à la sauvette tente de nous refiler sa camelote, une opinion bon marché qui ne tient pas debout.
Rien à voir. Le « Ça m’énerve » est une réaction sans âme et sans suite. Alors que le « Ça m’innerve » a de la suite dans les idées. Si le présent convoque plutôt les énervés, l’avenir voit plus loin et préfère les innervés. L’innervation plutôt que l’énervement serait donc une évolution souhaitable de toute contestation.