Vivre en marge. Sans être à la rue. De plus en plus difficile d’être locataire de la marge. Surtout sans le sou, ni héritage. Toutefois important de rappeler les deux marges : la voulue et la contrainte. L'une enrichit, même sans toujours remplir le frigo. L’autre peut détruire. Sans non plus remplir le frigo. En fait, de nombreuses marges. Ici et là. Ni en marche, ni en marge ?
Fragiles et sûrs d’eux. Le couple derrière moi débute son histoire. Quel âge peuvent-ils avoir ? Quinze ou seize ans. Pas plus. Une fille et un garçon. Tout en eux dénote d’un chantier en construction. Avec cette fragilité des débuts mêlée à l’assurance de tout amour naissant. Apprendre à se connaître. Plus difficile de s’aimer aujourd’hui qu’hier ?
Aïcha et Édith ont vécu en France. L’une était chanteuse et artiste de cirque. L'autre chantait uniquement. Chacune est enterrée sur le territoire français. Malgré leurs dépouilles reposant dans la terre de la « douce France, le sang ayant coulé dans leurs veines pose encore problème aujourd’hui. À travers le corps d’une femme vivante. Qui est-elle ?
Penser souple. Comme on parle d’une conduite. Réussir à penser souple. Malgré l’arthrose des neurones et du cœur. Certains êtres continuent d’avoir une pensée et une manière d’être le plus souple possible. Vivre dans sa maison, avec ses petites habitudes, mais sans fenêtres murées. Capables de voir plus loin que leur propre histoire. Pour un voyage au-delà de son point de vue.
Écrire pour habiter mon histoire. Comme ma maison. J'y vivais depuis l’âge de trois jours. Ce n’est pas vraiment une maison. Mais je l’appelle toujours comme ça. À l’école, quand le maître ou la maîtresse demandait de dessiner où on habitait, la majorité des enfants dessinaient une maison avec une cheminée, un jardin… Comme dans les contes.
Des scènes vues ces derniers jours. Sur écran ou en direct-réalité. Bien sûr, elles sont plus ou moins fictionnées. Même la mémoire se raconte des histoires. Pourquoi décliner ces scènes ? Pour évoquer ce qui sauve notre espèce. La rend même belle. Et nous empêche de sombrer dans la morosité et le défaitisme. Elle peut sauver le monde.
Les frangines.C’est mon mot pour dire les femmes.Je sais que ça peut déplaire. Mais c'est comme ça. Nous, les frangines, on le tient a bout de bras ce monde. Avec notre tête, nos mains, notre cœur. Nous ne sommes pas qu’un ventre. Ni qu’une machine à vous faire jouir, les frangins.Un jour, on va le faire péter ce putain de monde. C'est sûr. Et tout le monde va y gagner.
La majorité de l'humanité est encore debout. Le corps à la verticale. Contrairement au cœur et au cerveau. Deux organes atteints de dégâts collatéraux. Surtout pour les verticalités les plus précaires. Le Rester debout de nos «vieux » ne semble plus à l’ordre du jour. Surtout pour toutes les verticalités précaires. Notre siècle en cours de chute ?
Son ventre est un globe. Incontournable à la station République. Nous sommes à une heure de grande affluence. La course des JO du quotidien ? « L’étranger ? … c’est celui à qui tu n’as pas parlé... » Cette phrase tourne en boucle dans ma tête. Elle est toute fraîche. Je l’ai lue le matin sur une vitrine.
C’est quoi pour vous un bobo ? Ma question est adressée à des collégiens. Ça gamberge sous leurs crânes. Les bobos roulent souvent à vélo avec leurs enfants dans des porte-bébé. Le nouvel élément que je rajoute semble les interpeller. M’sieur, ici y a que des voitures. On voit pas beaucoup de vélos. Des gosse usés par le monde. Lucides sur leur situation. Mais bourrés de rêves.