Mes mains tremblent trop pour tenir un stylo. Le vieil homme était assis devant la poste. Je venais de fermer le rideau métallique. Il s’était levé en s’appuyant sur sa canne. Je lui avais proposé de l’aide. Refus d'un hochement de tête. Un sourire s’afficha sur son visage froissé par les années et le vent. Mes mains tremblent, pas ma mémoire. Que me voulait ce vieux bédouin ?
De l’électricité dans l’air de proximité. Et sur toute la planète. Aucun lieu ne semble échapper à cette tension. Tout va mal, répété en boucle sur la toile. Ainsi que dans la bouche de ses proches. Et la sienne. Relayant les uns et les autres que le chaos règne en maître sur une grande partie de la surface du globe. Et sous nombre de crânes. Réalité ou interprétation mortifère ?
Concert de rock dans la cave d’un bar. Du très gros son qui boxe les tympans. Quasiment que des trentenaires. Avant le concert, j’ai aperçu plusieurs passages d’avions militaires dans le ciel. À basse altitude. Un avant-goût visuel et sonore de la guerre ? Les jeunes au concert avaient sans doute vu les avions de l'armée. Ballet d’essai pour l’Ukraine ?
La parole a décidé de se taire. Pourquoi tant de bouches se ferment sur certains sujets ? Parce que la parole n’ a plus le temps de prendre son envol. À peine dite ou écrite qu’elle est dégommée. Ou détournée de son sens. Inutile de lui faire perdre son temps. La parole mérite mieux.
Une lueur dans le chaos. Venue d'ailleurs. Une femme qui n’a pas besoin d’afficher son image sur toujours plus d’écrans. Pas de nom ni prénom quand ici, loin de votre dernier souffle, nous avons appris votre départ du monde. Et votre rude tâche. Votre dernier domicile connu : une carcasse de ferraille. Et le regard des êtres à qui vous avez apporté de l'aide..
Être à côté de la plaque. Des individus qui ne sont pas solubles dans le fleuve Standard. Impossible pour eux de nager dans le même sens que la majorité. Nous connaissons tous un être qui est décalé. Une place à part à table et dans le monde. Un choix ? Une situation subie ? Chaque individu à côté de la plaque a sa propre histoire. Comme toutes les solitudes uniques et universelles. Sur le bord.
Trop riche le pauvre. Tout le monde le sait. En plus, il ne cesse de gruger. Un véritable escroc. C’est plus fort que lui. Dans son ADN. Sans cesse à faire de l’évasion fiscale. Si pervers qu’il camoufle son argent dans des niches. Sans oublier tous les abus de biens sociaux. Et tous les passe-droits que lui autorise son carnet d’adresses. Un égoïste jamais solidaire.
Sous un ciel d’été. L’air est brûlant. Des hommes, des femmes, des gosses venus se précipiter dans les bras d'une rivière. La couleur de peau, la culture, la religion, le niveau social...Toutes les frontières habituelles ont fondu d’un seul coup sous le cagnard. Les conventions ont volé en éclats. Avec qu’un seul désir commun : se rafraîchir. Une main empile des pierres.
La solitude a toujours le premier mot. Et le dernier. Entre les deux, une phrase plus ou moins longue. Certes pas une révélation. Même de l'enfonçage de porte ouverte. Pourtant important de le rappeler parfois. Notamment en zone de turbulences. Quand le ciel menace. Et l'époque en apnée sous une grosse vague de désespérance.
Quelques mots sur un mur. Une phrase déposée à hauteur de regard. Elle est écrite avec des petites lettres de couleur noires. Une écriture à l’ancienne. Comme tracées sur les lignes d’un cahier invisible. Un message passant inaperçu parmi les autres tags et toutes les inscriptions dans une grande ville. Quelle est l’histoire de la main qui a écrit cette phrase ?