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En vrac

Auteur de romans,nouvelles,pièces radiophoniques, animateur d'ateliers d'écriture...
  • Rêver au pas

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    « La rue c’est pas pour les gosses.». Ils le ramènent à l’école. L’instituteur le colle au fond de la classe. Avec la punition à rendre. Il n’ouvre pas son cahier. Entendant d’une oreille - en cours d’exil - la voix adulte et celle des élèves répondant aux questions. Absent. Le regard sur la vitre. Les arbres sont presque à poil. Sa plus belle punition commence.
  • Fille de boucher

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    Fille de boucher et végétalienne. Un grand écart passé par chez un psy. Depuis je le vis sans culpabilité. Ma colère contre Papa s'est résorbée. Même si nos manières de vivre si différentes ont fini par m'éloigner de mes parents. Juste des coups de fil pour les anniversaires et la bonne année. Des banalités d’usage s’achevant toujours par un silence gêné. Avant le prétexte pour pouvoir raccrocher.
  • La fée du DAB

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    Le code composé deux fois est erroné. Plus le droit qu’à un seul essai. Jamais elle ne s’est retrouvée soumise à un distributeur de billets. Comme devant un videur de boîte de nuits ou un flic la toisant des pieds à la tête. La vraie propriétaire de la carte ? Une voleuse de CB ? Suspectée par un regard numérique. Une coupable potentielle. Combien lui reste-t-il en liquide dans sa poche ?
  • Chair à béton

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    Des immeubles s’effondrant au coin de la rue. Sans le moindre séisme, guerre, attentat, fuite de gaz... Étouffés sous des gravats à quelques mètres de son école, sa boulangerie, la couette de son amant ou maîtresse, la boîte d’intérim où tu viens de décrocher un CDD, ton terrain de foot… Une partie de la ville tombant en miettes. Celle où survit la chair à béton.
  • Trois cents mots

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    « Laisse tomber. On peut absolument plus rien faire pour lui. Cet élève a que 400 mots en stock.». Je me suis redressé. Le prof de SVT était en train de parler de moi. « Tu places la barre très haut. Moi je pense qu’il en a à peine 300 à tout casser.». Tous les deux se marrent. Je prends une pierre et me lève. Ils sont plus sur le balcon de la salle des profs.
  • « Ferme les yeux »

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    La honte a-t-elle une odeur ? La question me tombe dessus dès que je sors de son immeuble. Comme si les passants croisés sur le trottoir ne sentent qu'elle. Une honte imprévisible. Pourquoi avoir passé la nuit avec lui ? Après un dîner dans un resto. Un réalisateur avec qui je n’avais jamais tourné. Pressentie pour le premier rôle de son prochain film.
  • Gueules effacées

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    «Aucun gagnant dans les tranchées. Même si certains célèbrent chaque année la victoire. Que des morts ou des rescapés.Ta défaite se lisait dans le regard de ton ennemi. Et inversement. Le voisin d'en face puant la même fin programmée que toi. Perdant, perdant, perdant…Même voix intérieure dans chaque souffle. Souffle français ou allemand. Nos corps débités sur le même billot.»
  • Sept ans de poussière

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    Elle avait l’age de raison. Dans un monde qui a déjà perdu la raison. Sauf celle des comptables. Combien vaut une fillette morte étouffée entre des marchands d’armes et des princes sanguinaires ? Pesant à la naissance le poids d'une poussière sur la balance commerciale et géostratégique. Un regard de profil sur la photo. Les yeux éteints d'un corps fantôme.
  • Piqûre de rappel

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    Beauté et intelligence sont confinées dans une réserve. On les sort parfois pour les exhiber. Cette pensée lui est venue devant la télé. Un chercheur en génétique était invité dans une émission de divertissement. « Madame, mes propos ne me semblent pas compliqués. Juste complexes». Visiblement pas un bon client. Pourquoi avoir accepté de venir sur ce plateau?
  • À l’heure défaite

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    Sa langue sommeille dans sa bouche. Elle ne la réveille quasiment que pour manger. Une langue nourrie de mots. Son outil de travail. Un métier rêvé dès l'école primaire. Ses mots continuent de tourner dans sa tête. Sans jamais franchir le tunnel de sa gorge. Quand a-t-elle prononcé son dernier mot ?