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En vrac

Auteur de romans,nouvelles,pièces radiophoniques, animateur d'ateliers d'écriture...
  • Ventre sous scellés

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    Le bébé sur le point de sortir. Elle commençait à perdre les eaux. « Je suis en train d'accoucher. Faut que j’aille à l’hôpital.». Elle leur a répété. Ils l’ont vue et entendue. Sans rien faire. La laissant perdre les eaux toute la nuit. Dehors. Son ventre en urgence sous le ciel de septembre.
  • Gibier d'écran

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    Un métier pour timide. Ma mère avait affirmé que c’était le genre d’activité qui me conviendrait. Elle n’avait pas tort. Guère un hasard si je suis devenu traducteur. Un grand nombre d’entre nous reste planqué. Comme beaucoup de professions dans l’ombre. Au service de la parole de quelqu'un d'autre. Ambassadeur d'une langue à transmettre.
  • Piqûre de mémoire

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    Vaccin de la mémoire. Certains devraient être inscrits sur liste prioritaire pour une piqûre de rappel. Leur cas est plus qu’urgent. Celles et ceux qui ont de plus en plus tendance à perdre la mémoire. Ou à vouloir la manipuler pour parvenir à leurs fins. Sans le moindre scrupule. Comme les manifestants exhibant une étoile jaune « Sans vaccin ».
  • Petite fille au mouton

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    «Il va avoir froid, je dois l'aider » Qui a dit ça ? Une petite fille. Pas qu'une phrase. Elle a ôté sa veste. Pour habiller un petit mouton. Elle le tient dans ses bras. On aimerait la croiser. Ne rien lui dire. Juste la regarder. Et l’écouter. Apprendre.Elle a beaucoup de choses à nous enseigner. Où se trouve-t-elle ?
  • «Jours meilleurs» à vendre

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    Encore des dealers d’espoir. Je les repère de loin. Tout à fait normal après plusieurs décennies de pratique. C’étaient déjà les dealers de mes parents et grands-parents. Leurs fournisseurs de « jours meilleurs » à domicile. Mes parents y croyaient. Et moi, je croyais en mes parents. C’était donc sérieux. Une parole importante. Leur ouvrir encore la porte ?
  • Rue des Dos Cassés

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    Pourquoi ils s'évadent pas la nuit ? Sa question en voyant plusieurs hommes en sueur sous un soleil brûlant. Une dizaine d’ouvriers refaisaient la chaussée de la rue. Sous les yeux d’un enfant de quatre ans. Le visage encore ensommeillé. Il était persuadé de voir des prisonniers. Contraints à une sorte de punition infligée en public. L'enfant voulait les aider à s'évader.
  • Le rêve de Lola

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    « Tu devrais faire ce métier là ma p’tite chérie jolie». Elle me découpait même les articles pour me les mettre dans ma chambre. Pour mon père,c’est clair :fais ce que tu veux dans la vie mais fais le bien. Des années qu’il me le répète fièrement. Et il croit me rendre libre avec ce genre de phrases à la con. Jamais ils ont pensé à me demander ce que je voulais faire.
  • Métiers de bouche

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    Deux profs attablés dans une brasserie. «Tu sais ce que Vanessa a demandé comme orientation ? Métiers de bouche.». Son collègue haussa les épaules. « Beaucoup de boulot dans ce secteur. Ce sont des métiers sérieux.». Elle hocha la tête. « Tu as raison. C’était sérieux pour Vanessa. Elle n’a pas choisi Métiers de bouche sans y avoir réfléchi. Sauf que…». La prof esquissa un sourire.
  • Virus de la vieillesse

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    « J'ai déjà une autre mort qui m'occupe la tête. Avant celle du Covid qui vient d'arriver. Mon virus de la vieillesse. ». Les propos d'une femme de quatre-vingt-treize ans. Sa réponse à tous ceux inquiets pour une vieille dame en temps de pandémie. Elle le dit sans jamais élever le ton. Comme une certitude inscrite sous sa peau. Mais prête à se faire vacciner.
  • Parole de boue

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    Écrire un texte léger. Sans noirceur. Une gageure en notre ère entre obscurité et confusion. Mais chaque époque, même la plus sombre, recèle sa part lumineuse. Une sorte de poésie résiliente. D'abord me déconnecter avant d'essayer de l'écrire. C’est en voulant fermer tweeter que je suis tombé sur : « Youpine », « prépare-toi, bientôt les camps à nouveau ». La poésie sous un torrent de boue.