Être totalement pour. Et si ce n’est pas le cas ? On bascule dans l’autre rive. Laquelle ? La rive des entièrement contre. C’est la grande tendance de notre époque. Quand émettre le moindre bémol sur tel ou tel sujet vous fait basculer aussitôt dans le clan des méchants. Notre siècle sera-t-il le siècle de la pensée raccourcie ?
Une masse qui ne passait pas inaperçue. Mais sa grande carcasse était moins imposante que son regard. Un homme qui avait fait un choix. Lequel? Le choix que personne ne choisisse à sa place. Nous avons échangé nos coordonnées, en promettant de se revoir. Ça ne s’est pas fait.Comme on dit,c'est la vie. Perdure la beauté d’un très bon moment. Dans notre collection d’éphémères.
La phrase l’avait laissé sans voix. Sa grande répartie soudain inopérante. La phrase tournait en boucle sous son crâne. Le perturbant. Pourtant, il avait le cuir blindé. Habitué à encaisser toutes les sortes de colères. Nombre d’insultes et de menaces en trente années de métier. C’était une institutrice à la retraite de 69 ans. Pourquoi lui avait-elle balancé « Vous puez du cœur » ?
Toujours relevée. Pas la seule dans le même cas. D’autres ont chuté et se sont toujours relevées. Avec des visages différents et uniques. Des femmes se battant pour faire tourner la machine. Celle de leur famille. Et en plus du chantier à domicile, elles sont des petites mains de la machine du monde. Celle dont on se sert au quotidien. Des femmes le plus souvent seules. Avec leur solitude usée.
Et toutes les belles choses du monde?Indéniable qu’il y en a. On en voit aussi sur nos écrans. Certes pas souvent. La connerie humaine sait beaucoup mieux se faire entendre. Notamment avec les grandes gueules de certains médias et sur les réseaux. Malgré leur quasi-invisibilité,les belles choses existent.Même près de chez soi.Toutes les beautés de proximité.Pourquoi alors privilégier le sombre ?
Cette fiction est inspirée d’une émission de radio. Âmes sensibles, ne cliquez pas. Compréhensible que vous ne souhaitiez pas une nouvelle dose de noirceur. C’est déjà au menu de chaque jour sur nos écrans. Après cette terrible émission, on a l’impression que l’humanité n’a pas de mémoire. Et qu’elle nous ressert toujours les mêmes plats. Abominable et horreurs. Jusqu'à quand ?
Rien n’est simple. Encore moins quand ça l’est. Déjà à la deuxième ligne, un souci. Pourquoi ne pas avoir écrit « encore plus quand ça l’est » ? Peut-être plus judicieux. Les deux formules sont-elles valables ? Ni l'une, ni l'autre ? Je dois avouer ne pas avoir la réponse. En effet, tout est complexe. De l’enculage de mouches ? Pas sûr. Qu’est-ce que ça pourrait être ?
Certains corps le savent plus que d’autres. Notamment les plus âgés et les êtres atteints de graves maladies. D'autres le savent aussi. Quand une gorge croise une lame, quand un corps court sous les bombes ... À ce moment précis, le cours d’un battement de cœur devient l’action la plus cotée au monde. Chaque souffle vaut toutes les réserves d’or de la planète. Quand survivre devient son seul luxe.
Souvent rien de visible. C’est un corps comme un autre. Il se lève chaque matin. Avec son lot de petites joie et de tristesses qu’offre le chantier d’un jour sous le toit du monde. Avant de reprendre le chemin de son lit et de se coucher. Comme la majorité des passagers de la planète. Parfois même un corps très jovial. Jamais à la traîne pour rire. Et jouir. Pourtant le chaos sous la peau.
Sans une main dans la nuit qui remet l’électricité coupée à cause des intempéries.
Une infirmière du Samu qui ressuscite mon cœur sur un parking et me sauve la vie.
Un garagiste qui répare ma voiture.
Un routier qui achemine les produis qui finiront dans mon caddie.
Un instituteur rqui apprend à lire et à écrire à mes enfants.
Un chauffeur de bus m’emmène chaque matin au boulot.