Caroline Guiela Nguyen met en scène des vies déracinées, des destins brisés qui tentent de se reconstruire. En quatre actes et quarante ans d'aller-retour constants, ce récit nécessaire et émouvant raconte l'histoire du Vietnam et celle de sa communauté d'exilés en France à travers les histoires intimes d'individus hantés par les fantômes du passé colonial.
A Gentilly, la Maison de la Photographie Robert Doisneau consacre la première rétrospective française au photographe Stephen Shames dont l'œuvre, dominée par sept années aux côtés du mouvement d'émancipation radical des Black Panthers, rend compte de l'assourdissante inégalité d'une nation, bien loin du rêve américain.
En choisissant de débuter le regard croisé entre les photographies de Serrano et les oeuvres de sa collection permanente par les toiles de Courbet, le Petit Palais souligne l'oeuvre capitale du peintre dans l'invention de la peinture moderne au milieu du XIXè siècle en même temps qu'il prend acte du conformisme des oeuvres récentes du photographe américain.
Sous le titre "Prophet's time", la galerie municipale Julio Gonzalez d'Arcueil accueillait jusqu'au 22 décembre les travaux récents de Jean-Benoît Lallemant. Donnant corps à ses obsessions à l'aide des ressorts plastiques à sa disposition, il évoque les maux de notre temps. Ses créations sont autant de prophéties alertant sur l'avenir immédiat du monde.
A l’aide du médium vidéo, Ali Kazma montre l’habilité des hommes à transformer le monde. Il documente les lieux de ces interventions en cours ou témoignant d’une action passée dans ses films. Rassemblés au Jeu de Paume sous le titre de “Souterrain”, ils donnent à voir une oeuvre qui, à la manière d’une archive, enregistre la condition humaine.
L'artiste plasticien François-Xavier Courrèges propose avec l'ouvrage "Vague souvenir", un voyage empreint de nostalgie et d'émoi à la redécouverte des papiers peints oubliés des années 1970, nouveaux réceptacles d'images anonymes de corps masculins immémorés qui sont autant de vies ainsi restaurées. Aperçu de ces madeleines éminemment freudiennes.
La galerie Françoise Paviot présente une cinquantaine de planches photographiques d'Eadweard Muybridge aux sujets humains ou animaux. Extraites du recueil-somme "Animal locomotion" publié en 1887 par le photographe britannique, elles analysent pour la première fois le mouvement des corps grâce à la réunion de plusieurs appareils à déclenchement automatique. Retour sur une révolution technique.
Au Théâtre de la Cité internationale, Robyn Orlin fait de Benjamin Pech un danseur étoile qui incarne le Roi Soleil dans un savant jeu de miroir où il est question du sort réservé aux migrants en Europe. Sous des allures potaches et hétéroclites, "Oh Louis..." se révèle une oeuvre poétique au discours éminemment politique.
En montrant les travaux de sept photographes aux parcours et époques différents, la galerie Les Douches propose autant de regards singuliers sur soixante-dix ans de la vie de la communauté afro-américaine de Chicago, de 1940 à aujourd'hui. Cependant l'absence de photographe noir est pour le moins troublante à l’heure où une nouvelle conscience noire américaine se fait entendre.
Avec « Je suis un pays », Vincent Macaigne signe un manifeste politico-poétique dans lequel l’humanité décadente n’a d’autre choix que de disparaître pour mieux se réinventer. Une œuvre-somme éprouvante mais nécessaire où le discours révèle toutes les aliénations de notre époque. Une pièce grandiose qui terrifie.