"La construction historique est consacrée à la mémoire de ceux qui n’ont pas de nom" (Walter Benjamin). "L’histoire est la science d’un changement et, à bien des égards, une science des différences" (Marc1…
Bloch). L'image est prise au coeur du monument-mémorial de Portbou dédié à Walter Benjamin ("Passages", de Dani Karavan).
Il y a juste 50 ans, le 12 décembre 1969, une bombe déposée dans la Banque de l'Agriculture, Piazza Fontana à Milan, tue 17 personnes et en blesse 88 autres. Arrêté juste après, l'anarchiste Giuseppe Pinelli meurt trois jours plus tard après être tombé du quatrième étage de la Préfecture de police. Ces faits sont importants pour l'Italie. Ils ouvrent une longue saison de politique criminelle.
Depuis quelques jours émerge, en Italie, un "mouvement des sardines" dont les contenus relèvent d'un antifascisme constitutionnel et d'un refus du souverainisme et de la haine.
«Demeure l'absent», de Séverine Pirovano. C'est un roman, mais c'est aussi une quête de traces. L'oncle Jo n'est pas revenu de déportation. Pourquoi cette injustice? Et comment redonner vie à ce qu'il a été, à ce qu'il a fait?
Le Parlement européen a adopté le 19 septembre une résolution "sur l'importance de la mémoire européenne pour l'avenir de l'Europe". Elle s'inquiète à juste titre de la montée des haines identitaires en Europe, mais va droit dans le mur en manipulant l'histoire. Non, nazisme et stalinisme ne sont pas équivalents. Non, le pacte germano-soviétique n'est pas la cause de la Seconde Guerre mondiale.
Le 25 juillet 1943, la famille Cervi et d'autres ont organisé spontanément une "pastasciutta" sur la place du village de Campegine pour fêter la chute de Mussolini et ce qu'ils pensaient être la fin du fascisme. Ce geste est reproduit aujourd'hui dans la région et dans toute l'Italie pour affirmer l'actualité de l'antifascisme.
L'usage de l'amiante en toute connaissance de cause est un crime patronal contre l'humanité ouvrière. Il y a longtemps que les risques encourus par l'usage de cette substance sont connus. Mais ces effets peuvent survenir longtemps après l'exposition, ce qui permet d'autant plus d'occultations... «Amianto, une histoire ouvrière», d'Alberto Prunetti, le raconte.
Dans une école secondaire de Palerme, pour la Journée de la mémoire, des élèves ont réalisé une vidéo comparant le présent au passé en se demandant quel était le sens d'une telle commémoration. L'extrême-droite a protesté. Quelques mois plus tard, après mise sous enquête, une enseignante a été suspendue 15 jours. Cette censure autoritaire est un non sens pour la démocratie et pour la pédagogie.
La récente commémoration antifasciste de la Libération du 25 avril en Italie a été à la fois l'occasion d'une grande mobilisation populaire et de comportements abjects de néofascistes qui ont célébré la figure de l'inique dictateur ou ont méprisé cette commémoration, à l'image du ministre de l'intérieur Matteo Salvini la comparant à un vulgaire et obsolète «derby» entre fascistes et communistes.
Le 23 mars 1919, dans le salon de l'Alliance industrielle et commerciale, place San Sepolcro, à Milan, une centaine de personnes ont assisté à la fondation par Mussolini des Faisceaux de combat. C'est là l'un des moments-clés de l'émergence du mouvement fasciste, même s'il va évoluer d'ici la Marche sur Rome de 1922 ; d'où un centenaire célébré en Italie par de bien trop nombreux nostalgiques.
Quelques semaines après le centenaire de la Grève générale de 1918 en Suisse, un premier bilan historiographique et politique a été discuté à Genève au cours d'un débat public dont l’introduction est reproduite ci-après.