Le débat éducatif va-t-il une nouvelle fois, à l’occasion des prochaines élections, esquiver la question fondamentale de la politique des savoirs à l’Ecole ? Trois publications récentes nous alertent à ce sujet.
Pour les élèves de CM1-CM2 interrogés l’an dernier, on serait sans doute plus heureux à l’école si les toilettes y étaient propres, les punitions plus justes, et si le sentiment de peur y reculait comme les violences qu’on y subit.
Deux événements de la vie de deux établissements scolaires en ce début d’année 2022 nous disent quelque-chose de l’état réel de la vie scolaire, de l’écart existant entre le prescrit et le réalisé, et de la possibilité aussi, malgré tout, de faire bouger les lignes.
Dans la Lettre adressée aux Français par le candidat Macron, quelques lignes consacrées à l’éducation. Pas de propos d’avenir : il y enchaîne les lieux communs. Et on comprend mieux ses intentions en relisant la Lettre aux éducateurs envoyée par M. Sarkozy en 2007.
La transformation du collège peut-elle s’envisager en dehors d’une réflexion préalable sur le projet de société à laquelle nous souhaitons préparer les élèves au fil de leur scolarité ? Ne pas poser cette question préalable, conduit à proposer des reformes qui, faute de finalité explicite, ne changeront pas fondamentalement la donne.
Des propos tenus par l’actuel vice-président du conseil supérieur des programmes (CSP) et par celui qui n’était pas encore son nouveau président portent un éclairage préoccupant sur la fabrication des programmes scolaires dont le CSP est un acteur majeur.
En 150 pages, J-P Delahaye démontre que notre système éducatif est un système de tri et de ségrégation, et dessine les chemins d’une école enfin vraiment républicaine et fraternelle.
Un texte officiel de plus pour « généraliser l’éducation à l’information et aux médias » ne changera pas la donne éducative : corsetées par des programmes et horaires disciplinaires déjà là, les multiples « éducations à » sont autant de priorités qui restent pour l’essentiel à la porte des emplois du temps des professeurs et des élèves.
Questionner l’engagement en éducation, comme le propose la Revue internationale d’éducation de Sèvres dans son dernier dossier, c’est s’intéresser aussi à "l'éducation buissonnière" des jeunes qui enrichit fortement leur trajet de formation. C’est mettre au jour la nécessité pour l’école de penser aux indispensables alliances éducatives pour réussir la formation des jeunes.
Appliquer à Louis-le-Grand et Henri IV la règle commune des autres lycées parisiens, un outrage à l « excellence républicaine » ou une mesure incontestablement républicaine ?