Les choix de dépense publique illustrent une politique : on dépense pour un.e élève de classe prépa plus que pour une écolière et un collégien réunis. Vous avez dit « égalité des chances » ?
Et si, enfin, on questionnait vraiment les savoirs appris à l’école en se demandant ce qu’il est nécessaire que tous les élèves sachent pour mieux comprendre la complexité du monde d’aujourd’hui et de demain ? C’est tout l’enjeu de la révolution curriculaire présentée ce 20 novembre à la BnF.
Un discours néo-pétainiste décomplexé, sorti des marges d’officines groupusculaires, s’affiche désormais à la une de médias. Pour riposter, prendre appui sur la devise républicaine pour repenser l’Ecole dont nos enfants ont besoin est une nécessité.
L’arrêté du 8 novembre est l’occasion d’une visite guidée dans une direction ministérielle qui fleure bon les temps anciens, celle de l’instruction publique et de l’action pédagogique.
Les divers candidats à la prochaine élection présidentielle parlent de l’Ecole. Mais la question de ce qui est effectivement enseigné aux élèves, et de ce qui ne leur est pas enseigné, n’est pas clairement posée. N’y aurait de choix qu’entre la restauration ou le quasi-maintien du statu quo ? La révolution scolaire attendra-t-elle encore ?
On pouvait attendre d’un Guide ministériel pour l’évaluation des apprentissages et des acquis des lycéens qui en appelle à une culture commune de l’évaluation, qu’il questionne notes chiffrées et moyennes et qu’il incite à partir de ce que les lycéens, au premier chef concernés, ont à dire sur le sujet. Attente déçue.
Les valeurs éducatives traditionnelles, bousculées par la mondialisation et les bouleversements sociétaux, doivent –elles faire l’objet d’une restauration stricte ou de compromis disparates ? Le tour international de la question proposé par le dernier dossier de la RIES incite plutôt à questionner les finalités de l’acte éducatif, en explorant les voies d’un universalisme localement ancré.
Dans l’imaginaire éducatif français, l’ « égalité des chances » tient son rang. Une mission sénatoriale vient de passer « le parcours scolaire au crible de l’égalité des chances ». En quoi consiste-t-elle donc ?