Alors que le Président de la République annonce pour septembre un dialogue sur le chantier de l’Ecole au Conseil national de la refondation, l’opuscule publié en cette rentrée - Contre l’école injuste ! - démonte les croyances structurant notre imaginaire éducatif, qui risque de piéger une fois de plus le débat sur l’Ecole. Un appel opportun à la pensée critique.
Histoire doublement « engagée » de l’enseignement professionnel, que celle écrite par Daniel Bloch : un auteur, acteur clé des quarante dernières années de cet enseignement, montre que l’esquisse dessinée mérite d’être fortement consolidée si l’on souhaite faire de l’enseignement professionnel une pièce indispensable à la démocratisation véritable de l’accès aux savoirs.
S’attaquer à une refonte en profondeur du lycée professionnel pour favoriser la réussite et l’insertion de ses élèves, tel est l’objectif de la note de Terra Nova écrite par Daniel Bloch. Les propositions n’ont rien de cosmétique. Elles évitent toutefois de questionner le séparatisme scolaire et social à l’œuvre dans notre enseignement, faute d’une politique des savoirs démocratique.
Lutter contre l’injustice scolaire et sociale et renforcer le rôle éducatif de l’école pourrait être un possible objet de consensus politique. Mais ne pas retenir la politique des savoirs comme urgence essentielle est sans doute se priver de toucher au cœur la fabrique de l’inégalité scolaire et la marginalisation de l’action éducatrice de l’école.
Si le monde actuel est bien souvent qualifié d’incertain, il reste une force que ne menace pas l’incertitude : la bureaucratie, qui ne manque jamais une occasion de rappeler la vigueur de sa culture managériale.
Faire respecter et partager le principe de laïcité est-il compatible avec un contrôle vestimentaire intrusif à l’égard de certaines et pas d’autres ? Ce contrôle discriminant est-il vraiment éducatif ? C’est sans doute la question à se poser avant un entretien éducatif.
La santé à l’école : domaine partagé possiblement conflictuel entre école, personnels soignants et familles ou bien commun ? Tel est l’enjeu éclairé par le dernier dossier de la Revue internationale d’éducation de Sèvres.
« Pour l’Ecole, ne rien céder » : l’objurgation adressée dans Marianne au nouveau ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse par l’ex présidente du conseil national des programmes trahit une vision réductrice de la politique éducative et instrumentée de la laïcité.
Le rapport de la mission prospective sur l’illettrisme montre les résultats préoccupants d’une organisation scolaire qui peine à réduire ce phénomène, par une sorte d’ « impensé pédagogique ». Mais si l’on déplie cet impensé, on en vient à questionner le curriculum français et à souhaiter sa profonde transformation, comme le fait le CICUR.