Pour justifier une centralisation plus grande du système d'asile européen, les institutions de l'UE arguent que le problème est la mobilité des demandeur-se-s d'asile. Pour mettre les États membres d'accord, elles incitent à niveler les conditions d'accueil par le bas et proposent différentes punitions à l'encontre des demandeur-se-s indûment mobiles.
Les États membres de l'Union européenne n'arrivent pas à s'entendre sur une réforme de la législation sur l'asile, mais sur les moyens de repousser les exilé-e-s toujours plus loin. Comme s'il n'y avait pas d'autre urgence.Les résultats du Conseil européen du 28 juin.
Le création de centres de tri des "migrants" à l'extérieur des frontières européennes est affichée comme la nouveauté de ce Conseil européen, masquant les désaccords entre États membres, alors que les questions de migrations apparaissent en tête de l'agenda, comme s'il n'y avait rien de plus urgent à discuter.
Il arrive que les mesures de contrôle visant les personnes étrangères soient dans un deuxième temps étendues à l'ensemble de la population. À la suite de la multiplication et de l'interconnexion des fichiers de personnes étrangères, la Commission européenne projette de rendre obligatoire l'inclusion de données biométriques dans les cartes d'identité des citoyen·ne·s européen·ne·s.
Augmenter les prérogatives européennes et réduire les droits des réfugiées sont les deux axes de la réforme en discussion du "paquet asile", l'ensemble de textes constituant la législation européenne sur l'asile. Parmi eux, le projet de règlement "qualification" porte sur la définition de l'asile et de la protection subsidiaire, et sur les droits obligations des personnes qui en bénéficient.
En pleine affaire Aquarius, la Commission européenne dévoile son projet de budget à long terme concernant la politique migratoire et des frontières pour la période 2021 - 2027. Elle prévoit un quasi triplement de ce budget par rapport à la période 2014 - 2020, au service d'une aggravation des mêmes orientations politiques.
Après l'Assemblée nationale, le projet de loi sur l'immigration et l'asile passera devant le Sénat du 19 au 26 juin. Déjà, qu'il s'agisse des amendements ou de l'affichage sur le site de l'institution, le débat s'annonce entre indigence et obsessions réactionnaires.
Nous avions une rhétorique opposant les bons, les réfugié-e-s, à accueillir, aux mauvais, les migrant-e-s économiques, à expulser. Le projet de loi sur l'immigration et l'asile tout comme l'externalisation hors d'Europe du traitement des demandes d'asile multiplient les obstacles à la reconnaissance et à l'accueil des réfugié-e-s. L'ère du tri est remplacée par le rejet des réfugié-e-s.
Alors que le Niger expulse 135 Soudanais vers la Libye, quatre Soudanais sont en rétention en France et risquent l'expulsion vers le Soudan : selon les politiques européennes, les réfugié-e-s ne sont les bienvenu-e-s nulle part.
Dénoncé par les associations, le chantage aux visas pour obtenir que les États facilitent l'expulsion de leurs ressortissant-e-s est clairement revendiqué dans un communiqué de la Commission européenne portant sur ses propositions de modification du code européen des visas.