Scanner internationalement l’enseignement des mathématiques, comme le propose la Revue internationale d'éducation de Sèvres, c’est voir apparaître de multiples écarts entre les pratiques et les résultats, et mieux comprendre en France le rôle de discipline de sélection scolaire et sociale de cet enseignement.
Après l’assassinat de Dominique Bernard, trois ans après celui de Samuel Paty, nous avons besoin non du bruit des clichés du prêt à penser, mais du silence propice au recueillement et à la réflexion individuelle pour contribuer à l’effort collectif pour penser l’innommable.
Qui pourrait douter du bien fondé de mettre les savoirs au coeur du débat éducatif ? Mais le « choc des savoirs » annoncé par le ministre est un électrochoc réactionnaire.
Dans une lettre aux personnels de direction des collèges et lycées, le ministre donne à lire sa conception du management : le contrôle plutôt que la confiance, la bureaucratie plutôt que la démocratie.
Il est plus facile d’interdire l’abaya à l’école que d’y établir une réelle mixité sociale. Mais, pour y parvenir, il faudrait rompre avec une politique des savoirs discriminante particulièrement efficace pour hiérarchiser les savoirs et marquer socialement les voies de formation.
La réponse du ministre à l’appel à lui lancé pour promouvoir la culture de l’écrit à l‘école confirme l’approche réductrice qu’il compte mettre en œuvre : l’apprentissage des règles à l’école, les ateliers d’écriture confiés au périscolaire, et un grand concours feront l’affaire.
On désigne souvent la composition des classes par les directions et le choix d’options par les parents comme facteurs de ségrégation sociale au sein du collège. Il ne faudrait pas oublier de mettre en cause une très discrète mais redoutablement efficace politique des savoirs.
Attirer l’attention sur l’importance à accorder à la culture de l’écrit à l’école, comme vient de le faire un collectif citoyen, ne serait-ce pas inviter à repenser complètement l’école et ses contenus d’enseignement ?
Respecter les valeurs de la République est une obligation aussi pour l’institution scolaire. Ne devrait-elle pas procéder à un examen de conscience au lieu de réduire dans sa communication ce respect à celui d’interdictions vestimentaires par certaines et certains de ses élèves ?