SIX EFFETS POUR UNE APPROCHE DU LYCÉE AUTOGÉRÉ

L'objet de ce texte est d'essayer d'approcher ce qu'est cet établissement, le Lycée autogéré de Paris, en utilisant mes propres recherches, et ma pratique, puisque j'ai fait partie de l'équipe du lycée autogéré de Paris dès la première année scolaire 1982-1983 jusqu'à l'année scolaire 2004-2005.

SIX EFFETS POUR UNE APPROCHE
DU LYCÉE AUTOGÉRÉ (1)

« Il fut un temps, avant que n'existe le prix Nobel, où chaque physicien rêvait d'attacher son nom à un effet, preuve patente de la reconnaissance de ses pairs et moyen le plus sûr de passer à la postérité. Ainsi Faraday, Joule, Peltier, Doppler (auquel les Français jugent nécessaire d'associer Fizeau), Hall, Magnus, Zeeman et bien d'autres, ont chacun marqué la physique du XIXe siècle de leur effet. Le mot désigne un phénomène spécifique, dont la découverte en général inattendue a surpris les chercheurs par l'hétérogénéité apparente entre une cause et un... effet, relevant de domaines physiques a priori étrangers : l'effet Joule lie chaleur et électricité, l'effet Doppler son et mouvements. Cette terminologie traduit ainsi une conception de la physique encore très empirique, comme juxtaposition de domaines autonomes et séparés. Elle exprime également une vision de son histoire en termes de découvertes singulières et individualisées. » [1]


L'objet de ce texte est d'essayer d'approcher ce qu'est cet établissement, le Lycée autogéré de Paris, en utilisant mes propres recherches, et ma pratique, puisque j'ai fait partie de l'équipe du lycée autogéré de Paris dès la première année scolaire 1982-1983 jusqu'à l'année scolaire 2004-2005. C'est une occasion de reconnaître ce que je dois à René Lourau[2] , professeur de sociologie, et de me réclamer d'une certaine Analyse Institutionnelle.

À l'origine, les initiateurs de cet établissement parlaient d'un lycée autogéré « à » Paris et cette précision sonnait comme un encouragement à la multiplication. Et puis, ce qui allait devenir avec quelques hésitations le Lycée autogéré de Paris, a ouvert ses portes sous le nom de Centre expérimental, ou de centre expérimental autogéré, l'épithète autogéré le distinguant des trois autres centres expérimentaux ouverts à la même époque.
Être désigné comme centre expérimental situe à première vue chaque établissement dans le domaine de la recherche.
Il est important d'insister sur cet aspect, de se demander en quoi il pouvait bien consister, à la fois pour mieux approcher ce phénomène et pour lever quelques objections. Si le lycée autogéré de Paris pouvait apparaître comme un laboratoire, alors, quelles étaient les recherches menées dans ce laboratoire ? J'entends, j'ai entendu, des élèves protester :« Nous ne sommes pas des cobayes ! ». Rappelons immédiatement que les mots ont plusieurs sens, et qu'il faut essayer de s'accorder sur des définitions, définitions qui peuvent changer avec le temps et les pratiques, et les points de vue.
Disons qu'il s'agissait en premier lieu d'une recherche appliquée. Nous tentions de mettre en application le modèle d'Oslo décrit dans le livre, « Un lycée aux lycéens »[3]. Les élèves et les enseignants se trouvaient en situation de recherche impliquée puisqu'il fallait tâtonner, mettre au point, tester... une entité qui n'existait pas auparavant.
Les caractéristiques scientifiques de l'expérimentation étaient accentuées par l'intégration dans un dispositif d'évaluation ad hoc, au sein duquel se trouvaient des chercheurs reconnus.

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[1] Jean-Marc Lévy Leblond dans Le dictionnaire culturel des sciences, éditions du regard, Paris, 2001.

[2] RENÉ LOURAU, né le 26 août 1933 à Gelos, près de Pau (Pyrénées-Atlantiques), est mort entre Rambouillet et Paris, mardi 11 janvier 2000, dans le train qui le conduisait à l’université Paris-VIII, où il devait assurer une permanence pour ses étudiants thésards. Nouvellement retraité, il était professeur émérite de sociologie et de sciences de l’éducation.

[3] Møsse JORGENSEN, Un lycée aux lycéens, Editions du Cerf, Paris, 1975, préface de Gérard Mendel

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