En 2017, il promet qu'il n'y aura pas de « loi Blanquer ». En 2019, il porte « la loi pour l'école de la confiance ». Sur le site du ministère magnifiant les « 5 ans d'action pour l'école de la République », cette loi n'a pas de nom d'auteur, au contraire de trois autres : « la loi Gatel sur les écoles hors contrat, la loi Rilhac sur les directeurs d’école, la loi Balanant sur le harcèlement ».
Pour Marine Le Pen, ce n'est pas « lire, écrire, compter » qui constituent les matières dites fondamentales, mais « le français, les mathématiques et l'histoire de France » . Cela marque qu'elle ne se situe pas dans « la restauration » d' une certaine tradition, mais dans autre chose : l'extrême droite nationaliste assimilatrice et xénophobe.
Le candidat du PCF Fabien Roussel a proposé comme principale mesure pour l'Ecole l'allongement du temps passé en classe, étant entendu que les élèves quitteraient l'école tous devoirs faits. Une mesure qui serait effectivement plutôt bouleversifiante et qui appelle une mise en perspective historique pour être pleinement saisie.
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Le principe avait été lancé dès 2007 par Nicolas Sarkozy, mais seulement mis en œuvre dans les années 2009-2012 avec bien des difficultés et des résistances. À méditer...
On apprend beaucoup en lisant le dernier ouvrage du journaliste Luc Cédelle : « Le système Blanquer ». Doit-on penser que ce « système » aurait suffisamment transformé l'École pour que ce soit irréversible ? Ou bien qu'il ne s'agit après tout que d' « un discours sur l'école et la société » avec ses pleins et ses déliés, sa force et ses limites ?
Dans sa « Lettre aux Français» du 3 mars, le candidat Emmanuel Macron promet : « nous lutterons contre les inégalités, non pas tant en cherchant à les corriger toujours trop tard qu'en nous y attaquant à la racine ». Retour sur un passé récent fort instructif quant aux inégalités de genre.
C'est la curieuse profession de foi de Mark Sherringham - nouveau président du Conseil supérieur des programmes nommé le 4 février dernier par Jean-Michel Blanquer- parue dans Le Figaro. Une sacrée embrouille historique qui mérite d'être démêlée.
Il avait déjà fait fort avec la proposition du « retour » du certificat d'études primaires (à la fin de l'élémentaire actuel !). Il continue de façon réitérée en prétendant qu'il faut revenir aux « méthodes de Jules Ferry » : le « par cœur » et « la dictée », alors qu'en réalité Jules Ferry et son lieutenant historique Lavisse ne se prononçaient nullement en ce sens.
Lorsqu'en 1913 l'écrivain Charles Péguy a lancé l'expression « hussards noirs de la République » qui allait faire florès pour désigner les enseignants du primaire (mais qui concernait pour lui seulement les élèves-maîtres des écoles normales de son enfance) les instituteurs en France gagnaient - déjà - deux fois moins que leurs homologues d'Allemagne.
Eric Zemmour vient de présenter comme un point important de son programme éducatif la « création d'un grand ministère de l'Instruction publique ». Cela avait déjà été préconisé dès 2013 dans le projet d'« une droite forte » rédigé par deux secrétaires nationaux de l'UMP : Guillaume Peltier et Didier Geoffroy. Et Jean-Michel Blanquer l'aurait aussi suggéré à Emmanuel Macron lors de sa nomination.