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En vrac

Auteur de romans,nouvelles,pièces radiophoniques, animateur d'ateliers d'écriture...
  • Rue des Dos Cassés

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    Pourquoi ils s'évadent pas la nuit ? Sa question en voyant plusieurs hommes en sueur sous un soleil brûlant. Une dizaine d’ouvriers refaisaient la chaussée de la rue. Sous les yeux d’un enfant de quatre ans. Le visage encore ensommeillé. Il était persuadé de voir des prisonniers. Contraints à une sorte de punition infligée en public. L'enfant voulait les aider à s'évader.
  • Le rêve de Lola

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    « Tu devrais faire ce métier là ma p’tite chérie jolie». Elle me découpait même les articles pour me les mettre dans ma chambre. Pour mon père,c’est clair :fais ce que tu veux dans la vie mais fais le bien. Des années qu’il me le répète fièrement. Et il croit me rendre libre avec ce genre de phrases à la con. Jamais ils ont pensé à me demander ce que je voulais faire.
  • Métiers de bouche

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    Deux profs attablés dans une brasserie. «Tu sais ce que Vanessa a demandé comme orientation ? Métiers de bouche.». Son collègue haussa les épaules. « Beaucoup de boulot dans ce secteur. Ce sont des métiers sérieux.». Elle hocha la tête. « Tu as raison. C’était sérieux pour Vanessa. Elle n’a pas choisi Métiers de bouche sans y avoir réfléchi. Sauf que…». La prof esquissa un sourire.
  • Virus de la vieillesse

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    « J'ai déjà une autre mort qui m'occupe la tête. Avant celle du Covid qui vient d'arriver. Mon virus de la vieillesse. ». Les propos d'une femme de quatre-vingt-treize ans. Sa réponse à tous ceux inquiets pour une vieille dame en temps de pandémie. Elle le dit sans jamais élever le ton. Comme une certitude inscrite sous sa peau. Mais prête à se faire vacciner.
  • Parole de boue

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    Écrire un texte léger. Sans noirceur. Une gageure en notre ère entre obscurité et confusion. Mais chaque époque, même la plus sombre, recèle sa part lumineuse. Une sorte de poésie résiliente. D'abord me déconnecter avant d'essayer de l'écrire. C’est en voulant fermer tweeter que je suis tombé sur : « Youpine », « prépare-toi, bientôt les camps à nouveau ». La poésie sous un torrent de boue.
  • Réouverture de mon ciné

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    Mon ciné est rouvert. Je fais la queue pour voir un film. Dans une salle. Et avec du public. Ma passion pour le cinéma est née dans mon village d'enfance. Grâce à des projections en plein air. C'est ma première sortie ciné sous Covid. Et avec ma carte d'étudiante en cinéma.
  • Boulevard des obscurantismes

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    À chacun sa route. La chanson de Tonton David mort hier tourne en boucle. Une replongée dans les années 90. Quand beaucoup ont cru à une possible redistribution des rayons du soleil. Chaque cour en serait pleine.Certains grappillèrent des miettes de soleil. Et d’autres héritèrent d'une frustration à l’ombre de grandes barres. Déchus de leurs espoirs d'égalité sociale.
  • Lecture de dos

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    Des sans visage. De la fenêtre de son salon au cinquième étage, il ne peut voir que le dos de ces passants.Tous marchant dans le même sens. Leurs corps vus de dos ont changé. Une tension lisible de sa fenêtre. Tous ces dos lui semblent avoir vieilli en moins d’un an. Une vieillesse en accéléré ?
  • Réparatrice de mots

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    Son Smartphone vibre sur la table de chevet. « On compte ses pas pour sa bonne santé. Le nombre de ses kilos. Mais qui compte son nombre de je par jour ? Ce qui rend obèses nos relations. De mon côté, je fais une sorte de cure de je. Et ça me fait du bien. Essaye le régime sans je ou avec modération.» Le message de sa fille l'a foutu en rogne. Une réponse cinglante en préparation.
  • Visage de neige

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    Un homme est assis sur un banc. Peut-être s'agit-il d'une femme. Ou un autre genre. Impossibilité d"une identification précise. Qu’elle soit de couleur ou de sexe. Beau ? Moche ? On ne le sait pas non plus. Un être sans le moindre étiquetage physique. Une couverture est posée sur son corps. Comme un sac sans visage. Et sous la neige.