Témoigner de l'immanence de la transcendance et de la transcendance de l'immanence ("Arrête, où cours-tu donc, le ciel est en toi : et chercher Dieu ailleurs, c'est le manquer toujours." Angelus Silesius)…
Qu'il est difficile de se dépêtrer de ce merveilleux dont sont farcis les évangiles ; on le trouve à tout bout de champ, y compris quand il n'y a apparemment aucun "miracle", par exemple rien que pour cet "appel" des tout premiers disciples...
Les cadeaux Bonux, les gadgets de Pif, les points fidélité, tous ces procédés faciles pour attirer le chaland et le tenir captif ne datent pas d'hier ; ça ne mange pas de pain, et ça fait à bon compte la différence avec la concurrence.
Être humain, c'est savoir faire quelque chose avec les circonstances qui se présentent à nous, ne pas se contenter de les subir ou de s'y vautrer selon qu'elles nous sont contraires ou bénéfiques, mais rester toujours ouvert à un au-delà des événements.
Pour la plupart d'entre nous, nous souhaitons spontanément vivre en bons termes avec les autres et nous nous efforçons de faire tout notre possible pour cela, nous sommes de braves gens, de bonne volonté, ne voulant de mal à personne, au contraire, souhaitant même du bien à tout le monde.
Pour qu'il y ait manifestation d'un fantôme, en principe il faut qu'il y ait eu auparavant mort de la personne qui n'a alors plus que ce moyen d'entrer encore en relation avec les "vivants" ; mais est-ce bien sûr ?
Suite à la "multiplication" des pains, la foule, convaincue cette fois sans plus aucun doute possible qu'il était le messie qu'elle attendait, voudra s'emparer de force de Jésus pour faire de lui son roi : la santé et à manger, que demander de plus ?
Bénéficier d'une expérience mystique ne nous force à rien. Certains, athées avant, voudront le rester après aussi, et rien ne les obligera à faire autrement. Nous restons toujours libres, cela fait partie de notre nature humaine.
Jean se tenait avec deux de ses disciples et ayant fixé les yeux sur Jésus qui marche il dit : « voici l'agneau de Dieu ! », et les deux disciples l'entendirent parler et suivirent Jésus ...et ils demeurèrent auprès de lui ce jour-là.
Dans l'évangile de Jean, c'est un peu comme si c'était le Baptiste qui avait dû mettre lui-même le pied de Jésus à l'étrier, le mettre en selle, le lancer. En somme, c'est lui qui authentifie à Jésus la réalité de la présence de l'Esprit en lui...
Jean refuse d'assumer le rôle de messie. Comme il le dit, tout ce qu'il se propose de faire, c'est de préparer les gens, aplanir leur chemin vers Dieu, mais leur rencontre avec lui, eux seuls peuvent la faire.