Billet de blog 20 févr. 2019

Macron doit convoquer une assemblée constituante et partir

Les abus de l'affaire Benalla montrent que la 5° République est morte et la nécessité à ce qu'Emmanuel Macron renonce au pouvoir, se mette en "affaires courantes" comme en Belgique. Il fait élire une assemblée constituante et adopter la nouvelle constitution avant de démissionner (comme d'autres présidents l'ont fait : Deschanel, Millerand, Coty, De Gaulle).

Patrick Cahez
Ligue des droits humains et Amnesty international Bruxelles ; MRAP Dunkerque ; SUD intérieur et Observatoire du stress de France Télécom Paris
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Ellen Salvi en démontre la nécessité impérative dans son article : " Le Sénat résiste à l’hyperprésident Macron ".

Le détournement personnel des institutions au mépris du droit - et des gens - montre que la Constitution ne garantit plus le caractère démocratique de la République.

Même le pape démissionne et il n'y a rien de sacré dans la fonction d'un président de la République. Il n'est qu'un mandataire du peuple qui l'a désigné pour garantir le bien être général, ce qui est le but d'une société démocratique. Or, le peuple est majoritairement dans une situation difficile et douloureuse.

Il y a donc un échec du pouvoir actuel dont le scandale Macron-Benalla vient en éclairer crûment  la cause. Le service de l'intérêt général est trahi au bénéfice du monde des affaires et des affairistes. La même logique inspire la suppression de l'ISF et le scandale Macron-Benalla. Arnaud Parienty démontre que la théorie du ruissellement est une escroquerie  (voir ég. La théorie du ruissellement est un mensonge).

Une politique mensongère et violente fait qu'il est manifestement déraisonnable qu'une personne qui a perdu toute crédibilité - comme ceux qui tentent de la défendre - s'accroche au pouvoir par des artifices arbitraires et dangereux au risque de compromettre la paix civile (Amnesty international dénonce la police française).

Louis-Philippe et Charles X ont abdiqué. Pour quel motif Emmanuel Macron ne saurait-il pas démissionner ? Il n'a pas été élu pour faire le malheur de la majorité des Français afin de n'en satisfaire vraiment qu'un millième d'entre eux, ceux qui trichent en plus.

Emmanuel Macron peut se mettre en "affaire courantes" - comme l'actuel premier ministre en Belgique - le temps de faire élire une assemblée constituante et d'adopter une nouvelle constitution.

La nouvelle organisation des pouvoirs publics doit supprimer la fonction de président de la République.

Il faut en finir avec le culte du chef et du principe hiérarchique sans contrôle efficace immédiat ni obligation de légalité.

Le rapport du Sénat dresse le portrait d'une caricature de République dénaturée par une dérive institutionnelle qui explique la banalisation dramatique de la répression policière et judiciaire (voire politique ou raciste) des gilets jaunes que dénoncent l'ONU et l'UE (ce qui favorise l'extrême-droite selon le directeur de la DGSI)

Il ne faut pas que l'exécutif garde l'initiative de lois. C'est empiéter sur le pouvoir législatif.

La Déclaration des droits de l'Homme et du citoyen exige d'ailleurs une séparation stricte des pouvoirs, sans quoi, précise-t-elle, il n'y a pas de constitution.

L'affaire Benalla montre très clairement la nécessité de garantir efficacement cette séparation stricte afin que :

  • L'exécutif n'ait plus d'influence sur les deux autres pouvoirs. Comme son nom l'indique il est un exécutant. Il garantit la mise en oeuvre et la bonne application des lois.
  • Le législatif ait le monopole du processus législatif. C'est lui qui fixe le cadre de l'action de l'exécutif par les lois qu'il adopte, notamment le budget.
  • Le judiciaire sanctionne la violation de la loi et de la légistique. Les lois adoptées au mépris de la hiérarchie des normes et des droits fondamentaux sont sans effet.

Les liens suivants développent un (déjà vieux) projet (inachevé) d'organisation des pouvoirs publics en ce sens qui garantit une renouvellement continu des assemblées en respectant la représentation et la responsabilisation de toutes les sensibilités politiques :

Proposition de Préambule d'une constitution pour une VI° République militante

Proposition de titre I du projet de constitution d'une 6° République : Dispositions générales

Proposition de titre II du projet de Constitution de la 6° république : organisation territoriale

Proposition de titre III au projet de constitution de la 6° République : Désignation des trois pouvoirs

Proposition de titre IV sur le pouvoir exécutif dans le cadre d'un projet de constitution d'une VI° République

A finir...

Prolonger :

En réponse critique au projet  " Avancer vers une nouvelle République " 19 févr. 2019 Par Paul Alliès

Blog : UNE AUTRE REPUBLIQUE EST POSSIBLE

La Convention pour la 6° République a publié une brochure présentant ses propositions sur les questions concernant le changement démocratique. On peut la télécharger ici et la diffuser librement.

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