La fuite en avant suicidaire de notre démocratie

Une grille de lecture des tenants et aboutissants du dilemme auquel sont confrontés nos hommes et femmes politiques, pris au piège sinon de leur complicité du moins de leur suivisme .


« Marianne » est un de ces journaux qui - comme Charlie Hebdo [1], depuis l’époque Philippe Val - ont prospéré sur l’ambiguïté Islam /Islamisme savamment entretenue sinon comme une équivalence du moins comme une implication logique et ce, depuis 1989 et l’affaire du foulard de Creil [2] (affaire qui n’aurait jamais dû prospérer : les enfants sont des musulmans en devenir et ne répondent à aucun des 5 piliers de l’Islam [3] – doit-on répondre à toutes les provocations ?).

Nota : la circoncision rattache le garçon à la lignée d’Abraham (spécificité partagée) – rien que d’y penser, d’aucuns en ont des suées froides rétrospectives à l’idée d’une fouille poussée « des trousses » pour vérifier que les stylos sont bien réglementaires : quel étalage c’eût été là, tous les matins !

Le 13/11/2019, Hadrien Mathoux de « Marianne » interviewe [4], l’Eurodéputé Maurel (transfuge du P.S. et fondateur du Parti Gauche Républicaine et Socialiste, élu sous la bannière de la France Insoumise). Les réponses de ce dernier ont le mérite de révéler le nœud gordien auquel sont confrontés nos hommes et femmes politiques, pris au piège sinon de leur complicité du moins de leur suivisme : il nous donne la clé de lecture obligée.

Par ailleurs, situer le problème dans son contexte international (voir les articles [5] , [6] , [7] , [8] , [9] et [10]   sur l’Escarbille du Club Mediapart) est indispensable pour décrypter les tenants et aboutissants de la transition sémantique opérée à partir de 1979 et ses désastreuses conséquences induites sur le vivre ensemble .

1979. Cette année-là, notre bouc émissaire institutionnel (au sens psychiatrique du terme), notre bougnoul, notre crouille, bref notre maghrébin redevint tout à coup Le Musulman - et uniquement cela. Les lobbies des intérêts particularistes SHAF [11] (Sionistes, Homosexuels, Athées et Féministes) et certains de nos hommes et femmes politiques, circonvenant nos médias, crurent pouvoir asseoir leur mainmise sur l’opinion et prendre de vitesse le Front National, le privant de son fonds de commerce « immigration » en accaparant le marqueur « musulman » remis au goût du jour par l’actualité effervescente du Grand-Moyen-Orient.

Remarque 1 : François Mitterrand, à dessein ou pas, doucha leurs ardeurs en instillant une dose de proportionnelle aux élections législatives.

Remarque 2 : Rappelons que, dans le cadre de l’Algérie française, ce marqueur « musulman », voulu comme tel, avait maintenu les indigènes hors du champ d’application de la loi du 09 décembre 1905, portant sur la laïcité (en dehors donc de l’égalité et de la légalité Républicaines) au grand dam des Abdelhamid Benbadis (chef de file des oulémas algériens), Messali hadj (père du renouveau nationaliste algérien), le très accommodant docteur Bendjelloul , Ferhat Abbas et ses modérés Amis du Manifeste Algérien . Ce marqueur les assignait alors, irrémédiablement, à une citoyenneté de second rang et avait permis à l’Association des Maires d’Algérie (le « CRIF » des ultras d’alors, les communautaristes de l’Algérie française - ou CRIAF, si vous voulez – soutenu par un lobby puissant, très influent à l’Assemblée Nationale) de maintenir dans « l’Algérie de papa » - pour son malheur ! - un apartheid quasi inaltérable.

Le Français lambda n’étant définitivement pas un aigle en matière d’Histoire des Religions, cette transition sémantique a permis à nos faiseurs d’opinions, tenants de la cybernétique Wiénerienne, d’ériger, à son intention, un Islam essentialisé sur mesure. Ils en saturèrent aussitôt toutes les ondes (la diarrhée médiatique fait leur pouvoir !).

Cet islam essentialisé par leur soin est le brassage d’à peu près tout : les chiismes [12], les sunnismes , la doctrine salafisée wahhabite [13] et bien d’autres obédiences sectaires, schismatiques ou orthodoxes de l’islam mondial [14], et aussi, malheureusement, les mouvances politiques qui se revendiquent indûment de telle obédience ou de telle autre.

Ce « pot-au-noir » a permis toutes les extrapolations sur le dos de l’Islam de France [15]. On a même vu des sionistes - Éric Zemmour [16], Alain Finkielkraut [17], Georges Bensoussan (auteur des soi-disant « territoires perdus de la République ») - remonter le cours de la littérature nazie jusqu’à la source du malheur de leurs ancêtres juifs pour y puiser les arguments qui avaient fait mouche en leur temps et les tourner contre les musulmans de France  : le communautarisme, la solidarité confessionnelle, le concept de religion-loi. (Ils portent la versatilité jusqu’à vouloir nous faire croire que, pour les musulmans de France, ladite religion-loi primerait sur la loi du pays d’adoption : « calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose … »).

Communautarisme ? Quelle fable ! Les musulmans de France sont d’origine algérienne, marocaine, tunisienne, sahélienne et turque. L’Algérien et le Marocain s’évitent ; tous deux battent froid le Tunisien ; le Sahélien, discret, aspire, en vain, à la transparence ; le Turc ne se mélange pas.

La solidarité confessionnelle ? Rien de plus faux : voilà 30 ans que les musulmans de France cherchent, en vain (J. P. Chevènement ne me contredirait pas), une réponse commune à la dynamique coupable de leurs ennemis qui thésaurise sur leur affligeante division. Division qui, du reste, désespère par moment l’Etat car, de ce fait, il se retrouve sans courroie de transmission.

Le concept de religion-loi ? A ma connaissance, seule la religion juive, loi mosaïque, sous la garde des assemblées rabbiniques, répond à cette définition. « La dissociation des juifs d’avec les non juifs, et plus particulièrement d’avec les chrétiens a pesé plus lourd dans l’histoire juive que l’inverse. La raison évidente en est que la préservation même du peuple juif, en tant qu’entité identifiable, dépendait de cette séparation voulue, et non pas, comme on l’a généralement cru, de l’hostilité des chrétiens et des non juifs » écrivait Annah Arendt[18] , « sur l’Antisémitisme, les origines du totalitarisme, éditions essais points, p.12. ».

En Islam, religion universaliste,  chaque obédience [14] possède son fiqh propre, lequel est distinct de son droit positif. Ce dernier est bien souvent un leg de la colonisation (Algérie, Tunisie …) ou une importation des pouvoirs en place afin de moderniser leur justice (Turquie, Iran …).

L’Arabie Saoudite demeure un cas particulier : son fiqh est la source de son droit. Ce dit droit n’est pas un droit positif : il n’est pas écrit et ne consigne aucune jurisprudence. Les oulémas wahhabites ont le monopole de la Justice et, de ce fait, sont, pour la famille royale, incontournables. L’Arabie Saoudite n’est toutefois pas une théocratie au sens propre du terme : le dernier mot revient au clan royal dont le roi n’est que le Primus inter pares [13]. Vêtir d’emblée les musulmans du monde [14] des oripeaux légaux du wahhabisme salafisé est un raccourci des plus tendancieux – injuste quoi qu’il en soit.

A la lumière de ce contexte, examinons les réponses de l’Eurodéputé Maurel.

À la question du journaliste [4], « Vous êtes l'un des rares responsables politiques de gauche à avoir refusé de signer l’appel à la marche contre l'islamophobie qui a eu lieu ce dimanche 10 novembre ; pourquoi cette décision ? » l'Eurodéputé Maurel (comme notre Ministre de l’Education Nationale [19]) adopte aussitôt la démarche du crabe arpentant la ligne de front entre le laïcisme (ourdi par les SHAF – dont M. Bouvet [20] est le nouveau héraut) et la laïcité dictée par la loi du 09 décembre 1905, protégée par la Constitution.

Dans le même souffle, l'Eurodéputé Maurel pose, avec justesse, un diagnostic de la situation de la France (« exacerbation des tensions au sein de la société française et résurgence d’un racisme décomplexé » ; «il faut en revenir au fond du problème, les discriminations, et les réprimer radicalement et définitivement ») mais croit devoir, aussitôt, brouiller les cartes.

L’Eurodéputé Maurel biaise, masque, élude, enfume. Comme d’autres, que l’actualité a mis en exergue, il n’a pas le courage de ses idées (par charité, nous ne tirerons pas sur le corbillard du P.S.). Ils croient utile pour leurs carrières de ne pas paraître en porte-à-faux par rapport au discours dominant, désormais quadragénaire, des SHAF [11].

Nota : L’honnêteté force à dire que beaucoup de féministes et d’homosexuels ont déserté cette coalition coupable SHAF et se concentrent désormais, malgré les représailles des uns et des autres, sur la défense des seuls intérêts de leurs communautés respectives. Ils et elles répugnent à s’associer à la curée contre les musulmans.

L’eurodéputé Maurel nous confesse : « l’attentat contre la mosquée de Bayonne, la provocation de l'élu RN contre la mère accompagnatrice voilée, l'hystérie médiatique contre nos compatriotes de confession musulmane ont provoqué une très vive indignation, que je partage (…) ». Il croit devoir ajouter : « Les rédacteurs du texte ont profité de cette période de flottement pour proposer un appel dont certaines formulations étaient volontairement ambiguës. L’évocation de prétendues “lois liberticides” laisse pour le moins perplexe ».

Admettons la malignité de ces soi-disant rédacteurs « volontairement ambigus ». Objectons néanmoins à la déloyauté du procédé : qu’est-ce qui empêche nos députés et nos vénérables officines et associations de gauche (qui ont « pignon sur le boulevard de l’Histoire » et partant, sont autrement plus audibles) de venir couvrir la voix fluette de ces « méchants de service » en énumérant ce qui leur paraît être liberticide dans les législations en cours ou à venir et qui impacte effectivement les droits fondamentaux des citoyens musulmans ? Rien , strictement rien.

Fidèle à la pensée dominante SHAF [11], M. Maurel serpente, instillant au passage le venin complotisme – le sirop typhon du moment. Sur l’air de « si ma tante en avait », il entonne : « En revanche, si comme l’un des organisateurs l’a finalement confirmé, elle fait allusion aux lois de 2004 et de 2010, qui protègent les enfants du prosélytisme religieux [voile à l’école] et interdisent le port de la burqa [voile intégral, masquant le visage également], je ne suis pas d’accord ».

Cet argumentaire est tout simplement ridicule ! On voit mal élus associés à l’appel contre l’islamophobie (révoltés par l’attentat contre les fidèles de la Mosquée de Bayonne, le triste spectacle de la mère de famille voilée au milieu des écoliers de Belfort en pleurs et j’en passe …) revenir sur les lois de 2004 et 2010 .

Sauf pour les tenants du lobby des intérêts particularistes SHAF et de leurs suiveurs, ces lois liberticides demeurent : la loi martiale qui perdure et la récente loi interdisant aux mères de famille voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants.

Nota : Cette loi interdisant aux mères de famille voilées d’accompagner les sorties scolaires de leurs enfants contrevient, en l’état, à l’égalité citoyenne et à la liberté religieuse inscrites dans le marbre constitutionnel : elle passera probablement à la guillotine lors de son passage à l’Assemblée Nationale – sauf à loger, définitivement, la France à l’enseigne de l’Apartheid, à côté d’Israël.

Quel est l’à-propos, M. l’Eurodéputé ? N’étions-nous pas censés manifester pour dénoncer la haine contre nos compatriotes musulmans ? Avions-nous tant barguigné quand il s’est agi de manifester contre l’antisémitisme ? Non, nous étions tous là, les « charognards » de tous les bords, aussi.

En vérité, les musulmans de France, qui ont regardé passer les législations de 2004  et 2010, avec cet intérêt inimitable des vaches au bord d’une voie ferrée au passage du train, se demandent encore quelle mouche a bien pu piquer nos seigneurs du moment. Mais n’en déplaise aux uns et aux autres, ils respectent, sans état d’âme, ces lois aussi. Même si l’omniprésence médiatique du sujet - qui à dire vrai n’en est pas un [3] et [21] -en agace plus d’un.

M. Maurel feint de s’insurger contre une pauvreté sémantique - une taupinière promue montagne pour la circonstance – qu’il déclare rédhibitoire : « (…) le mot d’ordre de la manifestation, qui reprend à son compte cette expression controversée et contestable “d’islamophobie”. Quel vilain gros mot, en effet !

Pourtant, « islamophobie » est le terme adopté par les uns et les autres pour désigner les actes dont sont victimes les biens et personnes musulmans. Ces actes, selon l’aveu du sieur Maurel, « ont provoqué une très vive indignation ». Cette indignation, il déclare la partager : en quoi alors cette expression serait-elle contestable ? M. Maurel écope : « Certains, qui sont sincères, n’y voient qu’une façon de qualifier la haine des musulmans. Mais pour d’autres, elle constitue une sorte de cheval de Troie sémantique tendant à discréditer toute parole critique à l’encontre de l’islam ».

Pardon, M. l’Eurodéputé, votre discours révèle comme de la confusion mentale, il mélange les unités de valeur et, ce faisant, crée indûment, entre « la chèvre et le chou », ces passerelles, prises d’assaut, à plein temps, par les flibustiers de la manipulation. Ne vous en déplaise, ces actes qui suscitent en vous « une vive indignation » sont d’interprétation stricte car ils relèvent du code pénal. « Les paroles critiques à l’encontre de l’islam », elles, relèvent de la liberté de conscience, valeur cardinale constitutionnelle : il convient de les examiner avec attention et sans passion car la liberté de conscience des uns s’arrête là où commence celle des autres.

Somme toute, ceux qui, désignant l’adversaire, crient au « cheval de Troie sémantique » n’ont qu’un seul but : enfumer leur monde. Ce faisant, ils rendent invisible, du même geste, leur cheval de Troie sémantique propre et détournent l’attention des citoyens des seules questions qui vaillent : qui fait quoi ? Pourquoi ?

Palinodie oblige, M. l’Eurodéputé Maurel ajoute : « les Français musulmans ne sont pas des islamistes ! Contrairement à ce que veut faire croire le Rassemblement National et ses relais, ils sont républicains dans leur grande majorité comme tous les autres Français ».

Je suis sûr que nos compatriotes musulmans sont sensibles à cette main dans le dos. Mais ils ne sont dupes de rien : ils savent que la quasi-totalité des victimes des Islamismes dans le monde est musulmane et connaissent également leurs ennemis intimes : le RN et les Islamistes, bien sûr, mais d’autres également, tout aussi irréconciliables.

La France est aujourd’hui dans l’impossibilité de respecter ses propres lois et sa Constitution ; ses hommes et femmes politiques sont, de leur propre chef, enfermés dans le piège de cette concurrence, âpre, qui les oppose au RN et qui les pousse à surenchérir toujours plus sur le thème islam/islamisme/immigration. À ce jeu-là, ils ne peuvent que perdre. Tôt ou tard, les électeurs délaisseront la copie pour l’original, ne serait-ce que pour venger le mépris supposé ou avéré dont on les accable.

Pour sortir la France de ce dilemme dangereux pour la paix civile, les quatre personnalités politiques légalement désignées doivent saisir le Tribunal Constitutionnel [23]. Tribunal qui a le devoir de dire enfin la laïcité telle qu’inscrite dans le marbre constitutionnel. C’est la seule façon d’en finir avec cette diarrhée médiatique trentenaire et de couper ainsi les jarrets des chevaux de bataille des forces centrifuges, si nuisibles au vivre ensemble.

Que cessent les sacrifices de l’innocence et de notre citoyenneté sur l’autel du clientélisme électoral.

Bibliographie:

[1]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/011017/comment-val-et-malka-ont-amene-au-casse-pipe-l-equipe-de-charlie-hebdo

[2]https://blogs.mediapart.fr/belab/blog/030218/autopsie-dun-mensonge-trentenaire

[3]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/160118/ecole-et-manipulations-lettre-ouverte-m-le-president-de-la-republique

[4]https://www.marianne.net/politique/emmanuel-maurel-gauche-des-digues-ont-cede-sur-la-laicite

[5 ]https://blogs.mediapart.fr/belab/blog/261018/confession-dhillary-clinton

[6]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/281216/moyen-orient-genese-du-chaos-et-si-y-regardait-de-plus-pres

[7]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/100117/genese-du-chaos-moyen-oriental-ii

[8]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/200117/l-empire-us-contre-le-droit-international-iii

[9]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/030217/genese-du-chaos-moyen-oriental-iv

[10]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/210217/genese-du-chaos-moyen-oriental-v

[11]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/170917/la-coalition-des-interets-particularistes-shaf-ou-l-aristocratie-du-moment

[12]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/130617/le-shiisme

[13]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/130617/b-4-le-salafisme-wahhabite

[14]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/270916/de-la-soi-disant-unicite-de-la-sharia-et-du-pseudo-monolithique-islam

[15]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/130617/les-origines-de-l-islam-de-france

[16]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/130916/quelle-hecatombe-si-le-ridicule-tuait

[17]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/021117/alain-finkielkraut-pris-au-collet-dans-une-boucle-de-logique

[18] Hannah Arendt « sur l’Antisémitisme, les origines du totalitarisme, éditions essais points, p.12. ».

[19]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/260618/l-ecole-publique-et-ses-pompiers-pyromanes

[20]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/140219/liberte-de-l-un-et-celle-de-lautre-que-la-justice-dise-le-droit

[21]https://blogs.mediapart.fr/edition/lescarbille/article/011016/lettre-ouverte-m-le-president-de-la-republique

 

 

 

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