Edgar Sarin pense l’exposition comme un système vivant. Au Grand Café, centre d’art contemporain de Saint-Nazaire, il prolonge ses projets, les augmente collectivement. L’exposition « Objectif : Société (Variation Goldberg) », fruit d’une résidence de création menée avec le centre d'art, vient clore un cycle de recherche débuté au CAC Chanot à Clamart en 2020.
Un classement est toujours arbitraire, qui plus est lorsqu’il s’agit de choix personnels Voici donc dix expositions qui ont marqué mon année 2023 de Lawrence Abu Hamdan à Liliana Porter, de Martha Wilson à Camille Llobet, de Lausanne à Montpellier, de Berlin à Marseille, de l’Occitanie à l’Alsace.
Le seul-en-scène, exercice singulier et spécifique au théâtre, mérite une place à part tant sa réussite repose sur la performance de son interprète qui est aussi souvent son propre auteur, parfois même son metteur en scène. Voici les cinq soli qui ont fait mon année théâtrale. Palmarès arbitraire et éminemment subjectif.
Retour sur « Something is burning », cinquième exposition personnelle de Winshluss à la galerie Georges-Philippe & Nathalie Vallois à Paris, qui vient de s’achever, et dans laquelle il interroge la place qui reste à l’individu dans la société. Une nouvelle série de grands dessins fait face aux planches bien plus sombre de « J’ai tué le soleil » sous le regard inquiétant de Barbapapatomic.
Des catalogues d'exposition, une histoire du design libanais racontée pour la première fois, un ouvrage de résistance des femmes iraniennes, des livres de photographie, plusieurs monographies, un zeste de poésie, et toujours la beauté. Au total, dix ouvrages d'art composent cette sélection de fin d'année forcément subjective à consommer sans modération !
À Noisy-le-Sec, la Galerie centre d’art contemporain présentait « Unpredictable Times », projet de l’artiste franco-libanaise Sirine Fattouh articulé autour du film « Behind the shield », portrait de Beyrouth à la DashCam. L’exposition se déploie entre intime et politique à mesure que l’artiste confronte son histoire personnelle avec celle mouvementée du Liban, des guerres et de l’exil.
Milo Rau transpose la tragédie d’Antigone au cœur de la forêt amazonienne aujourd'hui, faisant de la pièce de Sophocle une charge politique puissante et radicale sur la déforestation et le quotidien des populations indigènes réprimées au nord du Brésil. « Antigone in the Amazon », lutte entre la société traditionnelle et le capitalisme effréné, s’incarne dans un impressionnant théâtre de combat.
À Marseille, le Frac Sud retrace la trajectoire de l’artiste américaine qui a pour enjeu la déconstruction d’un idéal féminin et son corollaire, l’âgisme qui invisibilise les corps de femmes après un certain âge. Avec une bonne dose d'autodérision, cette figure pionnière du féminisme dans l’art se met en scène pour mieux démonter les stéréotypes identitaires dans une Amérique néolibérale.
Dans son nouveau spectacle solo, Carole Thibaut explore la question du genre et du pouvoir à partir de son expérience personnelle. Comédienne, autrice, metteuse en scène, mais aussi directrice d’institution, elle s’interroge sur la façon de ne pas être récupérée par le pouvoir. Comment sortir du système ? « Ex machina » prend alors des allures de performance d’empowerment.
À Genève, la galerie Analix Forever expose les travaux récents de l’artiste française Laure Tixier issus de ses thèmes de prédilection, qu’elle mêle à des œuvres plus anciennes. « Habiter, sortir, brûler » s’intéresse à l'habitat, l’architecture et l’urbanisme, et à l’ambiguïté qui leur est inhérente. Sous la délicatesse se forge la résistance.