10 mai 68: « Nuit des barricades »

N°10 de ma série "1968" qui en comptera plus de 100 sur l'année. Etudiants, jeunes et travailleurs libèrent le Quartier Latin pendant toute une nuit malgré le déchaînement de violence de la police. Prochain article: "11 mai 68: Pompidou à la manoeuvre".

10 mai 2018

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La « nuit des barricades » commence après la manifestation appelée par l’UNEF, le SNES Sup et les CAL à Denfert Rochereau, sur les trois revendications du mouvement: libérez nos camarades, ouvrez la Sorbonne, dégagez du Quartier latin. Plus de vingt mille personnes (12 000 personnes selon la police), passent devant la santé en marquant leur sympathie avec les prisonniers et manifestants, puis doit aller au Palais de justice et à la maison de la radio (ORTF), mais les ponts sur la Seine sont barrés. La manifestation s’installe sur le boulevard Saint-Michel entre la Seine et le Luxembourg. Elle décide de rester dans le Quartier latin tant que la Sorbonne ne leur serait pas rendue et les camarades libérés. Malgré l’opposition de l’UNEF, une partie des manifestants commence, dès 21 heures, à édifier des barricades. 

Vers 22 heures, Geismar échange avec le vice-recteur sur Radio-Luxembourg, et Sauvageot avec le recteur sur Europe n°1. Mais le recteur se déclare incompétent pour libérer les étudiants condamnés. Cohn-Bendit, autorisé avec trois professeurs et trois étudiants à pénétrer dans la Sorbonne, lance la consigne d’occuper le Quartier latin, mais sans attaquer les forces de police. Mais les tractations n’aboutissent pas. 

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Le quartier des barricades connait quatre heures de folle liberté dans la paix, de 22 h à 2 h du matin, puis plus de trois heures dans la bagarre. Il est circonscrit par le boulevard Saint-Michel à l’ouest, la rue Claude-Bernard au sud, la rue Mouffetard à l’est, la rue Soufflot et la place du Panthéon au nord. Les rues Pierre-Curie et Ursulines-Thuillier constituent les seules communications d’est en ouest. 

Des responsables de tout le mouvement sont présents. Les journalistes remarquerons entres autres, de nombreux JCR comme Alain Krivine, Daniel Bensaid ou Hervé Chabalier, du 22 Mars comme Daniel Cohn-Bendit, de l’UNEF, des ex-UEC ou de l’Internationale situationniste comme René Riesel ou Guy Debord. Exceptions importantes: les dirigeants maoïstes et ceux de la FER. Ces derniers sortent d’un meeting et arrivent jusqu’aux barricades avec un demi millier de militants, mais ils déclarent qu’il s’agit d’une provocation et appellent à aller se coucher. Tous n’iront pas se coucher... 

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Ce même jour, Léo Ferré interprète pour la première fois en public "Les Anarchistes » à la Mutualité, un gala de soutien au bénéfice du journal "Le Monde Libertaire » de la Fédération Anarchiste (FA). Alors que déjà, au-dehors, le quartier Latin est en proie à l'émeute, il chante:

"Ils ont tout ramassé
Des beignes et des pavés
Ils ont gueulé si fort
Qu'ils peuvent gueuler encore
Ils ont le coeur devant
Et leurs rêves au mitan
Et puis l'âme toute rongée
Par des foutues idées ».

Soudain attaqué, à 2 h 15, par les forces qui le cernaient, le quartier se défend plus de trois heures, perdant toujours du terrain dans l’ouest et résistant jusqu’à 5 heures 30 aux abords de la rue Mouffetard, au prix de voitures incendiées, rues dépavées, vitrines brisées, des centaines de blessés. Sur soixante barricades, seules une vingtaine, très solides permettent une défense prolongée, et à l’intérieur d’un périmètre restreint. L’armement est improvisé, et surtout l’absence d’organisation interdit de lancer des contre-attaques victorieuses.

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Le nombre des défenseurs du Quartier barricadé est estimé à près de 2000: étudiants pour moins de la moitié, un grand nombre de lycéens et de jeunes révoltés (les fameux « blousons noirs »), et quelques centaines d’ouvriers. Et dans le nombre, pas mal d’étrangers, et beaucoup de filles. Les CRS, policiers et gendarmes mobiles lancent grenades incendiaires, grenades offensives et au de gaz. Les résistants ripostent à coups de pavés et cocktails Molotov. Ils retardent l’avancée de l’ennemi avec des voitures renversées en chicane ou incendiées. Des toits descendent des projectiles de tout acabit.

Maurice Grimaud, Préfet de police, fournira le lendemain samedi 11 mai dans la matinée le bilan policier des émeutes: 367 blessés recensés dans les hôpitaux dont 251 du service d’ordre et 102 étudiants. Sur ces 367, 54 sont hospitalisés dont 4 étudiants et 18 policiers dans un état très grave. 460 interpellations ont été faites, 61 ont visé des étrangers – 63 personnes interpellées seront déférées à la justice – 26 étudiants – 3 lycéens, le reste, 34 personne ne sont pas des étudiants. Il annonce aussi 125 voitures détériorées, dont 63 incendiées, des rues dépavées. Parmi les personnes interpellées, selon les fiches des RG, on trouve Evelyne Pisier, future universitaire, Patrick Topaloff («meneur de jeu à Europe n° 1»), ou celui qui deviendra garde des Sceaux de François Mitterrand, Michel Vauzelle.

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Indice essentiel pour les jours à venir: le quartier montre sa sympathie pour les émeutiers mêmes qui brûlent ses voitures. Il offre des vivres, lance de l’eau pour combattre l’effet des gaz, leur donne asile. Le 13 mai, les syndicats manifesteront avec les étudiants contre les brutalités policières, puis la vague de grèves ira jusqu'à la grève générale.

La semaine "des barricades" du 6 au 13 mai 1968 vue par les Actualités Françaises:

Mai68: La contestation | Archive INA © Ina.fr Officiel

Quelques témoignages

Voici extrait d'un récit de Daniel Bensaid:

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« Partie du vieux lion de Denfert, la manifestation de protestation contre la fermeture de la Sorbonne parvint au carrefour du Luxembourg, où elle hésita sans se résoudre à la dispersion. Soudain, des coups sourds. On dépavait. Provocation ? Innovation ? Répétition symbolique spontanée d’un geste évoquant les glorieux précédents de la rue Saint-Merri, de la rue de la Fontaine-au-Roi (défendue par Varlin, Ferré et Jean-Baptiste Clément), de la rue Ramponeau (où Lissagaray fit le coup de feu), du carrefour Ledru-Rollin (où tomba le député Baudin) ? Plusieurs fois, on eut le sentiment que la fougue allait s’éteindre avec la tombée de la nuit. Des tronçonneuses avaient pourtant surgi d’on ne savait où. Des arbres étaient abattus. Des voitures retournées, transformées en remparts, avec meurtrières et mâchicoulis. Les barricadiers rivalisaient d’imagination comme s’ils participaient au concours du plus bel édifice subversif, décorant les pavés de pots de fleurs, de calicots, de pièces de brocante. La barricade la plus généreusement inutile fut, par une sorte d’ironie, volontaire ou non, dressée devant… l’impasse Royer-Collard ! Ses défenseurs n’en affichaient pas moins une détermination réfractaire à toute idée de reddition.

Au petit jour, nous nous sommes retrouvés, avec Alain Krivine et un quarteron de rescapés exténués, les yeux rougis et larmoyants, dans la cour de l’ENS d’Ulm. Quelques normaliens maoïstes qui étaient partis, la veille au soir, se coucher en dénonçant cette tocade de « jardinage petit-bourgeois » émergeaient tout penauds de leurs rêves écarlates. Mai 68 avait commencé. »

Voici les extraits du témoignage non pas d’un militant organisé, mais d’un lycéen de 20 ans de Rocroy, institution privée catholique, solidaire du mouvement contre la répression sauvage de la police:

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« Je décidai de participer à la grande manifestation organisée le 10 mai après-midi. Il faut dire qu’entre-temps, nous avions « occupé » notre lycée et que tous les cours étaient interrompus. La manifestation se voulait pacifique mais je pense, encore aujourd’hui, qu’un piège nous fut tendu (…) Avec mes copains de Rocroy, ils s’étaient « convertis » aux manifs, nous décidâmes de repartir et de rentrer chez nous. Impossible, le quartier était cerné. Nous prîmes une rue ou deux, mais elles étaient barrées un peu plus loin. Il restait le jardin du Luxembourg comme échappatoire. Peine perdue, on nous alerta qu’aucun passage n’était permis par là non plus, les gardes mobiles avaient totalement investi le parc. Nous fîmes demi-tour une nouvelle fois pour nous apercevoir qu’au bas du boulevard, des combats avaient repris. Nous étions coincés, il n’y avait plus aucune échappatoire, même les halls d’immeubles pour se réfugier étaient fermés. 

Alors, de guerre lasse, et l’expression en l’occurrence est bien choisie, nous aidâmes à la construction de barricades dans le seul but de nous protéger. Moi, sans l’avoir voulu expressément, j’étais à peu près en habit de circonstance ; depuis le début de l’année scolaire, à ma tenue de « minet », blazer noir cintré et pantalon en tweed made in England, s’était substituée la « tenue beatnik » : jean en velours kaki serré en bas, rangers et treillis d’occasion de l’armée américaine, acheté trois sous aux Puces. Je trouvai un foulard pour me mettre sur le visage, mes yeux commençaient à pleurer à cause des grenades qui, pour l’instant, ne tombaient pas sur nous. La première barricade était tenue par les anarchistes, des pros qui savaient se battre et surtout, au contraire de nous, n’avaient pas peur. Mais on se doutait bien qu’ils ne tiendraient pas longtemps. Alors on s’activait, on se passait les pavés en faisant la chaîne et inutile de dire que si on a tendance à crâner après coup, dans l’immédiat, c’est la frousse, une frousse comme on a rarement connu, qui nous faisait nous activer. 

Et puis, tout se précipita, la première barricade céda, la deuxième ne tarderait pas à suivre, ce serait ensuite notre tour. On décida tous d’aller se réfugier dans la Sorbonne le plus rapidement possible. Les lourdes portes de bois étaient verrouillées et nous poussions dessus jusqu’à ce qu’enfin on nous ouvrît. Il était moins une, les CRS étaient déjà là. Mais nous avions eu le temps de nous enfermer. Ils lancèrent quand même quelques grenades par-dessus les hauts murs de la faculté qui tombèrent dans la cour, là où étaient allongés, sur des brancards, les nombreux blessés. Nous entrâmes rapidement à l’intérieur des bâtiments car l’air dehors était devenu irrespirable. 

Nous y découvrîmes toute une organisation destinée à tenir un siège, une cantine improvisée nous permit d’avoir un bol de soupe. Nous n’avions plus qu’à aller nous asseoir dans un amphithéâtre en espérant que la police n’entrerait pas. Je vous laisse imaginer l’angoisse des parents qui savaient où nous étions. Ma mère avait même appelé le cardinal Marty, l’archevêque de Paris. Elle ne put joindre que ses services mais, comme tout le monde l’appelait, il intervint directement pour que la police cesse et nous laisse partir.»

Voici un extrait du témoignage d’une étudiante en histoire à la Sorbonne-Censier (Paris), encore moins politisée ce 10 mai, coincée dans son pensionnat de bonnes soeurs de la rue Gay-Lussac pendant toute cette « nuit des barricades »:

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« Le vendredi 10 mai, en fin d’après-midi, grand rassemblement au Quartier Latin. Des barricades se dressent dans ma rue (rue Gay-Lussac). Dans mon foyer, les étudiantes lancent par la fenêtre des paquets de biscuits à ceux qui occupent la rue, et s’amusent d’entendre à la radio (Europe numéro 1) un journaliste signaler que « des riverains ravitaillent les manifestants ». Dans la soirée, nous descendons, discutons. Je retrouve une ancienne camarade de lycée qui dit : « Cette fois-ci, il faut qu’il y ait des morts, sinon ils ne bougeront pas. » Je suis sidérée.En fin de soirée, les étudiantes du foyer doivent rentrer. La nuit risque d’être longue.Dans la nuit, la police charge les barricades. On voit par la fenêtre des flammes qui montent (voitures ? stores des magasins ?). Inquiètes, les religieuses qui dirigent le foyer battent le rappel et rassemblent toutes les étudiantes dans le hall, demandant à chacune de vérifier que sa voisine de chambre est bien descendue. On nous conduit à l’arrière du foyer, dans la salle réservée habituellement à la télévision, où nous passons la nuit sans rien savoir de ce qui se passe mais en entendant les détonations des grenades lacrymogènes et en imaginant le pire. Au petit matin (à l’issue de la première nuit entièrement blanche de ma vie), les religieuses nous autorisent à écouter la radio et nous entendons, médusées, la voix cassée de Daniel Cohn-Bendit demandant que « tous les blessés » soient conduits dans la gare du Luxembourg (qui à l’époque faisait le coin entre la vue Gay-Lussac et le boulevard Saint-Michel) où est établi un poste de secours. Nous nous croyons en guerre civile. On apprend aussi, par la même occasion, la voix de Maurice Clavel annonçant : « Je démissionne de l’Éducation nationale. »Quand nous sortons, la rue Gay-Lussac offre le spectacle que beaucoup de photos ont montré : voitures renversées et calcinées, arbres arrachés…Il y a la queue au téléphone pour rassurer nos parents (dont beaucoup n’étaient pas inquiets, n’étant au courant de rien). Téléphone aussi à nos amis de l’École normale Supérieure de la rue d’Ulm, toute proche, qui ont accueilli des manifestants pourchassés par la police. Nous apprenons (par le bouche-à-oreille, je n’ai pas vérifié) que les religieuses ont accueilli de même des manifestants dans la cuisine du foyer. »

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 Enfin les Témoignages sur la sauvagerie policière, extrait du documentaire Mai 68: La belle ouvrage

Le même jour…

  • Des manifestations se déroulent également dans la violence à Bordeaux, Lyon, Strasbourg, Grenoble, Toulouse ou Lille
  • 3000 lycéens paralysent Montauban, ville natale de Daniel Cohn-Bendit…
  • L’ORTF interdit à ses journalistes de couvrir les évènements
  • Arrêts de travail dans les usines Sud-Aviation de Nantes et Rennes
  • Italie: La faculté de Lettres de Pavie est évacuée après 43 jours d’occupation. La veille, 5 étudiants avaient été dénoncés pour violence contre le recteur. A Pérouse, le recteur fait dresser le drapeau à mi-hampe afin de protester contre la violence des étudiants. Sur l’initiative de l’ANAC, se constitue à Rome, un Comité national contre la répression. Pier Paolo Pasolini adhère aussi au Comité, qui participe à la manifestation nationale du mouvement à Pise. Malgré sa fameuse poésie sur Valle Giulia.
  • Grèce : Le leader grec de gauche Giorgio Tsarouha meurt à Salonique, juste après son arrestation, officiellement d’une crise cardiaque. Pour l’opposition, il s’agit en revanche d’un homicide. Tsarouha avait déjà été violemment frappé par les fascistes en 1962 au cours de l’agression qui avait provoqué la mort de Lambrakis.
  • Vietnam : Ouverture de la Conférence de Paris entre les Etats-Unis et le Vietnam du Nord.

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50 ans plus tard....

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Articles déjà publiés dans ma série « 1968 »

  1. 5 Janvier 68: Dubcek accède au pouvoir en Tchécoslovaquie
  2. "Eh bien non, nous n'allons pas enterrer Mai 68", par A. Krivine et A. Cyroulnik
  3. 26 Janvier 68: Caen prend les devants
  4. 27 janvier 68: les lycéens font collection de képis de policiers
  5. 29 Janvier 68: Fidel écarte les dirigeants pro-soviétiques
  6. 31 janvier 68: Vietnam, l’offensive d’un peuple héroïque
  7. Mai 2018 : sous les pavés la rage, par Jacques Chastaing
  8. Mai 68 vu des Suds
  9. 6 Février 68: grand Charles et grand cirque à Grenoble
  10. 14 février 68: combat pour le cinéma
  11. 17-18 Février 68: La jeunesse européenne avec le Vietnam
  12. Mai 68 n’a pas commencé en mai, ni en mars, ni au Quartier Latin, ni à Nanterre
  13. 24 Février 68: Plate-forme commune FGDS- PCF
  14. 26 février 68: L'aéroport c'est déjà non, et au Japon
  15. 1er Mars 68: bataille romaine de Valle Giulia
  16. Mai 68: des conséquences "positives" pour 79% des Français
  17. 1968: le père De Gaulle et la tante Yvonne, ça suffit !
  18. 8 mars 68 : révolte étudiante en Pologne
  19. 11 mars 68 : les affrontements de Redon donnent le ton
  20. A retenir: le 23 Juin, colloque "Secousse et répliques de Mai-Juin 68"
  21. 15 Mars 68: Répression sauvage en Tunisie et rêverie dans Le Monde
  22. 16 mars 68: My Lai, un Oradour sur Glane perpétré au Vietnam
  23. 18 Mars 68: début du Mai sénégalais
  24. 20 mars 68: Karameh, une victoire de la Palestine 
  25. 22 mars 68: Nanterre allume la mèche
  26. 25 Mars 68 à Honfleur: "Je n'avais pas vu ça depuis 36 !"
  27. 28 mars 68: à Rio l’assassinat d’un étudiant déclenche un mouvement de masse
  28. 4 Avril 68: Martin Luther King est assassiné
  29. Alerte à Versailles: 52 % des Français veulent un nouveau mai 68
  30. Merci Jacques Higelin, esprit de 68 
  31. La grève générale de 36 et ses leçons 
  32. 11 avril 68: attentat à Berlin contre Rudi Dutschke
  33. 17 avril 68: victoire politique sur les massacres du « Mé 67 » en Guadeloupe
  34. Ludivine Bantigny - 1968 : de grands soirs en petits matins - vidéo 
  35. 25 avril 68: le mouvement prend son envol à Toulouse
  36. 29 avril 68: Shadocks contre Gibis
  37. 30 avril 68: Première Partie de la série « 1968 »: Mise en jambe
  38. 1 Mai 68: la combativité ouvrière est confirmée
  39. 2 Mai 68: Nanterre est fermé
  40. 3 mai 68: les cinq erreurs du préfet de police Grimaud
  41. 4 Mai 68: Heurts et malheurs de "Groupuscules dirigés par un anarchiste allemand"
  42. 5 mai 68: un dimanche pas comme un autre
  43. 6 Mai 68: « Libérez nos camarades »
  44. 7 mai 68: L'Assemblée nationale, l’Elysée ? Du théâtre, du cinéma !
  45. 8 mai 68: « L’Ouest veut vivre »
  46. 9 mai 68 : les travailleurs de la Wisco, premiers occupants victorieux

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