16 mai 68: Billancourt et tout Renault basculent

N°53 de ma série "1968". Sans attendre aucune consigne syndicale, comme à Sud Aviation le 14 et Renault Cléon le 15, la forteresse ouvrière de Billancourt et tout Renault basculent; l'extension des grèves et occupation commencent à poser la question du pouvoir. Prochain article:"17 mai 68: avec les cheminots, la grève générale sur les rails".

16 mai 2018

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Dans l’après-midi du jeudi 16, les ouvriers apprennent que Renault Cléon avait démarré la veille. Certains réduisent les cadences sans être en grève déclarée. Le bruit de répand au département 37 que la grève a commencée. Vers 17 heures, 200 à 300 ouvriers du département 37 remontent en cortège l’Ile Seguin, traversent les chaînes d’assemblage où travaillent en majorité des immigrés qui quittent les chaines et l’usine. Pas assez nombreux pour occuper l’usine, les grévistes partent fermer l’accès sud de l’Ile Seguin en bloquant le pont de Meudon. Le lendemain, vendredi 17, l’usine est arrêtée.  Après le meeting convoqué le matin par la CGT, celle-ci prend les choses en main. En deux jours, les 38 000 travailleurs sont en grève occupation. Les patrons ont pris le soin de se réfugier dans les bureaux du groupe sur les Champs-Elysées…Les revendications : pas de salaire à moins de 1000F par mois, 40 heures payées 48, la retraite à 60 ans, extension des libertés syndicales, sécurité de l'emploi. Dès le 17 mai cent trente entreprises sont en grève et occupées avec des revendications similaires.

Malaise social en Mai 68 : les ouvriers se plaignent de leurs conditions... © Calliste Dz

La grève répond comme ailleurs à une longue montée de luttes (voir notamment les articles n° 3, 7 , 12 et 19 de la série). Billancourt a connu 90 débrayages en deux mois. L'explosion arrive avec le recul du gouvernement face à la jeunesse, la journée réussie du 13 mai, et l’exemple donné par Sud-Aviation et Cléon. A Sandouville (Seine-Maritime), la grève commence aussi le 16 dans la journée. A la fin de la journée, elle touche l’ensemble du groupe Renault. La grève aura à Billancourt ses limites comme ses effets positifs durables, comme l’explique un article de Patrick Schweizer et Jean-Claude Vessillier:

«L’absence de structures significatives d’auto-organisation s’est observée à Billancourt comme dans la plupart des autres usines en France. L’intersyndicale animait seule assemblées générales et commissions catégorielles. Fait peu noté dans le récit dominant, les travailleurs immigrés, plus disponibles, constituaient la majorité des occupants de l’usine. Prenant le relais des générations ayant participé aux luttes anticoloniales, les premières revendications autonomes des travailleurs immigrés y furent discutées et élaborées. Signe annonciateur des crises futures, elles n’eurent pas droit à être présentées en assemblée générale au même titre que celles des autres catégories professionnels dûment reconnues : OS, professionnels, employés, techniciens ou cadres.

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Le vendredi 17 mai les étudiants organisèrent devant l’usine une manifestation « pour la convergences des luttes » dirait-on aujourd’hui... Mais à l’époque CGT et PCF, vent debout contre le mouvement étudiant, bloquèrent tout contact massif avec les ouvriers occupant l’usine, même si quelques-uns furent attentifs à leur venue, discutèrent dans les cafés autour de l’usine, et pour certains se rendirent à la Sorbonne occupée.

Le refus des accords de Grenelle

Preuve de ce que représentait alors l’usine, le 27 mai c’est bien devant les travailleurs de Renault que le secrétaire général de la CGT d’alors, Georges Séguy, présenta les conclusions de l’accord négocié « à Grenelle » entre gouvernement, patronat et syndicats. Le responsable de la CGT Renault en mai 1968, Aimé Halbeher, explique aujourd’hui que le syndicat CGT Renault s’était prononcé contre le protocole d’accord quelques heures avant l’assemblée de l’Île Seguin... Mais ce que la majorité des travailleurs en France a retenu, c’est le désaveu des milliers d’ouvriers de Renault réunis en assemblée générale. À l’encontre de la politique du PCF et de la CGT visant à contenir le mouvement dans des limites revendicatives, la grève générale se révélait politique au sens où elle portait l’espoir d’un autre monde et posait la question du pouvoir dans cette société.

Plus rien comme avant

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Le gouvernement De Gaulle reprit l’initiative, mais l’occupation de Billancourt dura jusqu’au 17 juin. Le travail reprit dans l’usine avec certes les mêmes cadences et les mêmes chefs, mais aussi avec la fierté au cœur de milliers d’ouvriers qui avaient tenu tête pendant des semaines au pouvoir patronal.Les conséquences de cet ébranlement formidable n’ont cessé de se manifester les années suivantes : les syndicats avaient conquis le droit de tenir des réunions dans l’usine, les OS de l’automobile faisaient valoir leurs revendications et les grèves nombreuses éclatant dans l’usine se dotaient parfois de comités de grève. »

Dans le même temps…

Renault Flins

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L’usine construite en 1952 de Flins (Yvelines) recrute surtout dans les familles d’agriculteurs. Elle est réputée pour sa maîtrise dure, souvent des militaires en retraite. Renault a mis au point à Flins le principe du salaire au poste, avant de le généraliser à tous les établissements. Il consiste à payer en fonction du poste, et non pas de la qualification. Le salaire au poste a deux avantages pour le capital: division à l’infini des situations particulières des ouvriers, pouvoir accru de la maîtrise qui peut changer à sa guise un ouvrier de poste. En mai 1968, l’usine emploie environ 11 000 salariés qui travaillent en 2x8.

Un débrayage de deux heures a déjà été un succès la veille dès que la nouvelle de Cléon a été connue, car c’est de Cléon que viennent les moteurs à monter sur les voitures, avec des stocks d’une demi-journée seulement…Le matin du 16 mai, les délégués CGT et CFDT proposent un débrayage d’une heure, à 10 h 15. Les 500 ouvriers qui arrêtent le travail se retrouvent à l’extérieur, mais rentrent à nouveau en cortège pour appeler à la grève. Sur proposition des responsables CFDT et CGT la grève illimitée et l’occupation sont décidées. A 14 heures l’équipe de l’après-midi ratifie. Le cahier de revendications : « 40 heures sans réduction de salaire ; 1 000 francs de salaire minimum ; retraite à 60 ans (55 pour les femmes) ; cinquième semaine de congés pour les jeunes ; abrogation des ordonnances ; libertés syndicales. » Le lendemain, de jeunes ouvriers de Flins se répandent dans la région pour inciter d’autres usines à entrer en grève.

Alstom St-Ouen

Dans la plupart des grandes usines, ce sont de jeunes travailleurs, parfaitement au fait des affrontements des jeunes avec le régime, et parfois en lien avec des organisations révolutionnaires, mais toujours au départ contre la volonté des responsables CGT et PC, qui initient la grève reconductible. Voici par exemple des extraits du témoignage d’un ouvrier de l’usine Alstom de St Ouen (p 25):

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« Le 16 mai, après avoir fait le tour des quinze à vingt gars de l’atelier des disjoncteurs qui étaient les plus sûrs, la chefferie a reniflé qu’il se passait quelque chose…« Réunion au vestiaire à 10 heures pour la suite tu en es ? Faut voir » « Oui d’accord ... ! » Les jeunes était majoritairement pour et il y avait des secteurs de l’atelier – au montage et au câblage par exemple – où il y avait une majorité de moins de 21 ans. L’ Alstom Saint-Ouen était une boîte qui payait tellement mal qu’il n’y avait que des jeunes qui venaient s’y embaucher ; avec un turn-over extraordinaire. Dès qu’ils trouvaient autre chose ; les gars partaient ; bien des travailleurs ne venaient même pas chercher leur compte.

Parmi les vieux, c’était beaucoup plus tangent ; certains n’y croyaient pas ; tous ceux qui étaient proches de l’appareil syndical ne voulaient pas ou ne répondaient pas. Mais certains autres aussi voulaient bien si c’était vraiment sérieux ; parce que « ce n’est pas facile, tu sais » quelques uns des plus antistals était gagnés sur l’idée du comité de grève. Ça discutait, tout le monde discutait, je me souviens particulièrement d’une femme d’un certain âge (il n’y avait que six femmes dans l’atelier) qui conduisait les ponts roulants. Je suis allé la voir. Un signe pour qu’elle me descende la ficelle. Je griffonne sur un papier « On fait une réunion de tout le monde à 10 H ». Elle me redescend le papier « il va y avoir la grève ? ». Je lui fais oui de la tête. « Tu viendras ? » Oui de la tête. Je n’ai jamais eu l’occasion de discuter avec elle du pourquoi de la chose. Jusque là, cette femme ne participait jamais à rien quand il y avait un débrayage ou une réunion. Ces jours-là, elle était pour la grève.

À dix heures, l’atelier s’est arrêté complètement ; une partie des ouvriers s’est volatilisée ; ceux qui n’étaient ni pour ni contre ; un tiers environ, les autres se sont retrouvés aux vestiaires. Tous les « contre » étaient là ; l’appareil CGT était au grand complet. On a discuté, pas beaucoup d’ailleurs ; c’est moi qui ait pris l’initiative : « les étudiants qui bagarraient ; profiter de la situation pour nous les ouvriers, etc. » Côté CGT, intervention aussi ; pas méchante, mais extincteurs. « Pas tout d’un seul coup », « économiser nos forces » etc. On connaît. J’ai donc fait voter « ceux qui sont pour l’occupation » par là (à gauche) avec un large mouvement du bras. « Ceux qui sont contre » par-là avec le même geste vers la droite. Hésitations, discussions au corps à corps « mais si, il faut y aller », « viens avec nous », « merde faut savoir ce qu’on veut » et en quelques minutes les deux blocs étaient constitués. Pas une seule abstention ; on compte 76 pour l’occupation de l’usine, 78 contre (dont tout l’appareil syndical sans aucune exception). Un jeune copain me glisse à l’oreille « On y va quand même, hein ! », « évidemment, te casse pas ! »

J’ai donc annoncé qu’il y avait une réunion comme la nôtre dans les autres ateliers et donc on se retrouvait après la soupe (il était 11 h-11 h 30) avec le reste de l’usine. Il est notable, et je ne m’en suis même pas aperçu sur le coup, qu’on n’avait même pas discuté pour savoir si on était en grève ou pas. On avait discuté et voté directement sur l’occupation ; il faut voir que c’était évident qu’on était en grève ; toutes les caisses à outils étaient fermées, les machines arrêtées. On était en grève. Personne, ni nous ni d’autres n’a parlé des revendications, ça n’était absolument pas dans les préoccupations.

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J’ai laissé les copains des disjoncteurs et j’ai foncé à la chaudronnerie ; l’autre atelier où on devait démarrer. L’atelier était entièrement vide, pas le moindre coup de masse, pas même un ronronnement de poste de soudure. En fait, malgré les beaux plans qu’on avait échafaudés la veille, nos gars avaient démarré dès le casse croûte du matin. Pas de réunion pas de vote, rien, ils avaient remonté box par box et avaient mis l’atelier en grève avec bien souvent des arguments que la morale prolétarienne réprouve du style « si on en a, c’est le moment de le prouver » enfin ! Ça s’était avéré efficace. Les gars du syndicat avaient suivi. C’était un atelier où les militants PC était bien là, mais beaucoup moins cohérents avec la politique de trahison officielle bien qu’ils soient remontés à fond contre les gauchistes. Un petit chef errait là et m’a dit que les grévistes étaient partis vers les plates-formes de montage des bobinages. C’était le secteur le plus corporatiste de l’usine. On n’y avait pas de contact et les gars étaient très imbus de leur savoir-faire. Comment allaient-ils réagir ? Là aussi, l’atelier était arrêté mais il y avait quelques gars dans l’atelier. En fait, la matinée était passée tellement vite que tout le monde était déjà dans la cantine ou sur le chemin. À la cantine, il y avait un brouhaha épouvantable. On avait l’impression que tout le monde avait quelque chose à dire en même temps que les autres. Tout l’appareil syndical au sens le plus large était là. Notre bande aussi. Hilares les copains ! On passait partout pour dire qu’il y avait réunion de tous les ateliers devant le magasin central après la soupe.

Au rassemblement central en question, l’état-major syndical PC avait pris le virage. II entérinait sans discuter la grève. Proclamait l’occupation de l’usine et demandait qu’on forme le comité de grève avec moitié de délégués du syndicat et moitié des ouvriers des ateliers. J’ai commencé à expliquer que ça ne marchait pas comme ça, mais je n’ai pas été suivi. C’était l’euphorie et même une partie des jeunes qui s’était rapprochés de nous dans la matinée ne comprenaient pas pourquoi je voulais pinailler sur la composition du comité de grève. On était en grève, on occupait l’usine, donc ça allait.

Dans les faits, autant qu’on a pu en juger après la fin de la grève, les comités de grève partout ont été cela. Un moyen pour les syndicats d’englober tout le monde en assurant leur suprématie ; et partout ils n’ont été, dans les faits, que des moyens de faire passer la politique syndicale. Nulle part, ils ont été un moyen d’organisation autonome des travailleurs pour exercer le pouvoir sur leur propre grève. Ça s’appelait « comité de grève » mais comme le Canada dry ça n’en avait ni le goût ni la fonction. Ce qui s’est appelé « comité de grève » a donc été désigné et cela sans autre discussion.

Ainsi en deux heures, trois au maximum, ce jeudi 16 mai 1968, le PCF et l’appareil central du PCF avaient décidé de prendre la tête des opérations, de ne pas s’opposer aux grèves et même d’ouvrir les vannes. Ce qu’on a vu et vécu à l’Alstom s’est reproduit le même jour et aux mêmes heures dans les premières usines qui ont démarré, principalement en banlieue parisienne. »

La grève s’étend 

  • Une cinquantaine d'usines occupées en France
  • dont 5 de Renault (Billancourt, Le Mans, Cléon, Flins, Sandouville), 
  • et 10 sur la seule ville du Havre.
  • 15 000 grévistes en Seine-Maritime
  • Rodhiacéta et Berliet dans le Rhône. 
  • Début de grève dans les centres de Tri PTT (Poste)
  • L’occupation des bâtiments publics continue de s’étendre.
  • L’hôpital psychiatrique Sainte-Anne est pris en main par son personnel.
  • grève aux Chantiers navals de Bordeaux, 
  • grève à l’Unelec d’Orléans
  • grève à la Saviem de Caen

Le soir du 16 mai il y près de 90 000 grévistes, dont 60 000 chez Renault.

Le régime en question

« Le régime en question », c’est le titre du tract du jour de la JCR, alors qu’une cinquantaine d'usines importantes sont occupées.

Le régime est tellement en question, que Georges Pompidou, qui est déjà intervenu la veille à l’Assemblée Nationale, et donc à la télévision,  décide de s'inviter à nouveau au dîner de toutes les familles.....  Il appelle "au refus de l'anarchie" et fait un appel à l’aide dans les termes ci-dessous:

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« Françaises, Français,Avec l'accord du Président de la République, j'ai rendu l'Université à ses maîtres et à ses étudiants. J’ai fait la preuve de ma volonté d'apaisement. Avec l'accord du Président de la République, qui s'adressera à vous dans quelques jours, j'ai rendu l'Université à ses maîtres et à ses étudiants. Je leur ai tendu la main pour la concertation la plus large et la plus constructive. J'ai libéré les manifestants arrêtés. J'ai annoncé une amnistie totale. Mes appels n'ont pas été entendus par tous. Des groupes d'enragés, nous en avons montré quelques-uns, se proposent de généraliser le désordre avec le but avoué de détruire la Nation et les bases mêmes de notre société libre.

 Françaises, Français, le Gouvernement doit défendre la République. Il la défendra. Je m'adresse à vous avec calme mais avec gravité. Etudiants, ne suivez pas les provocateurs qui déclarent eux-mêmes se désintéresser des trois quarts d'entre vous. Écoutez la voix de la raison. Nous sommes prêts à entendre toutes vos revendications légitimes. Ne les ruinez pas par des excès.

 Françaises, Français, il vous appartient de montrer, par votre sang-froid, mais aussi par votre résolution, quelles que soient vos préférences politiques, quelles que soient vos revendications sociales, que vous refusez l'anarchie. Le Gouvernement fera son devoir. Il vous demande de l’aider. »

Le même jour…

  • Plusieurs centaines de délégations de salariés et d’assurés sociaux, porteurs de pétitions, viennent devant l’Assemblée nationale exiger l’abrogation des ordonnances.
  • A Bordeaux, manifestation de 10 000 travailleurs pour l’emploi, les salaires et la Sécurité sociale.
  • Un « Appel aux travailleurs et travailleuses de France » de la CGT diffusé à quatre millions d’exemplaires: « les comptes en retard se sont accumulés et doivent être réglés ». Suit un rappel des revendications : salaire minimum à 600 francs, abrogation des ordonnances sur la Sécurité sociale… Le texte ajoute : « l’action peut et doit partout être portée à un niveau supérieur. […] A l’appel de vos syndicats, agissez sans attendre, rassemblez vous sur les lieux de travail ; participez à la détermination des revendications et des modalités de l’action dans vos entreprises, vos branches d’industrie et vos régions ». 
  • À 18 heures 30, un communiqué du PCF «met les travailleurs et les étudiants en garde contre tout mot d’ordre d’aventure». Peu après 19 heures, un communiqué du gouvernement fait relais: «En présence de diverses tentatives annoncées ou amorcées par des groupes d’extrémistes pour provoquer une agitation généralisée, le Premier ministre rappelle … que le gouvernement ne pourra tolérer que l’ordre républicain puisse être atteint … Dès lors que la réforme universitaire ne serait plus qu’un prétexte pour plonger le pays dans le désordre, le gouvernement a le devoir de maintenir la paix publique…» Le gouvernement décide aussitôt le rappel de 10.000 réservistes de la gendarmerie.
  • Les étudiants veulent marcher contre l’ORTF qui ne cesse de diffuser fausses nouvelles et propagande du patronat et son gouvernement. La CGT déclare que la manifestation contre l'ORTF est une « provocation". Sauvageot, Geismar et Cohn-Bendit, après le discours de Pompidou et la mise en garde de la CGT, décommandent la manifestation. L'assemblée générale de l'ORTF exige l'abrogation du statut actuel, la démission du Conseil d'administration et l'autonomie. L'intersyndicale crée un "comité pour le respect et l'objectivité de l’information."
  • Le Bureau politique du PCF se déclare solidaire des grévistes, met en garde contre les "aventuristes" et propose une réunion à la FGDS 
  • Un cortège étudiant se rend aux usines Renault de Boulogne-Billancourt. Refus des dirigeants syndicaux de laisser entrer dans l'usine des étudiants extérieurs. Des discussions ont lieu dehors. (voir ce reportage vidéo).
  • Agitation chez les paysans (MODEF et FNSEA) 
  • Le festival du cinéma de Cannes est annulé.
  • A la fin de l'édition du JT du 20h, débat sur le mouvement étudiant avec Daniel COHN BENDIT du Mouvement du 22 Mars, Jacques SAUVAGEOT vice president de l’UNEF, Alain GEISMAR secrétaire général du SNES-SUP et les journalistes Michel BASSI du Figaro, Jean FERNIOT de France Soir et Pierre CHARPY de Paris Presse.
  • Le comité d'occupation de la Sorbonne lance un appel à l'occupation immédiate de toutes les usines en France et à la formation de conseils ouvriers.
  • Allemagne de l’Ouest :Le Bundestag approuve la législation d’urgence avec l’appui de la SPD. Seule opposition, celle des libéraux. La mobilisation des étudiants aura été vaine.

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50 ans plus tard...

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Articles déjà publiés dans ma série « 1968 »

  1. 5 Janvier 68: Dubcek accède au pouvoir en Tchécoslovaquie
  2. "Eh bien non, nous n'allons pas enterrer Mai 68", par A. Krivine et A. Cyroulnik
  3. 26 Janvier 68: Caen prend les devants
  4. 27 janvier 68: les lycéens font collection de képis de policiers
  5. 29 Janvier 68: Fidel écarte les dirigeants pro-soviétiques
  6. 31 janvier 68: Vietnam, l’offensive d’un peuple héroïque
  7. Mai 2018 : sous les pavés la rage, par Jacques Chastaing
  8. Mai 68 vu des Suds
  9. 6 Février 68: grand Charles et grand cirque à Grenoble
  10. 14 février 68: combat pour le cinéma
  11. 17-18 Février 68: La jeunesse européenne avec le Vietnam
  12. Mai 68 n’a pas commencé en mai, ni en mars, ni au Quartier Latin, ni à Nanterre
  13. 24 Février 68: Plate-forme commune FGDS- PCF
  14. 26 février 68: L'aéroport c'est déjà non, et au Japon
  15. 1er Mars 68: bataille romaine de Valle Giulia
  16. Mai 68: des conséquences "positives" pour 79% des Français
  17. 1968: le père De Gaulle et la tante Yvonne, ça suffit !
  18. 8 mars 68 : révolte étudiante en Pologne
  19. 11 mars 68 : les affrontements de Redon donnent le ton
  20. A retenir: le 23 Juin, colloque "Secousse et répliques de Mai-Juin 68"
  21. 15 Mars 68: Répression sauvage en Tunisie et rêverie dans Le Monde
  22. 16 mars 68: My Lai, un Oradour sur Glane perpétré au Vietnam
  23. 18 Mars 68: début du Mai sénégalais
  24. 20 mars 68: Karameh, une victoire de la Palestine 
  25. 22 mars 68: Nanterre allume la mèche
  26. 25 Mars 68 à Honfleur: "Je n'avais pas vu ça depuis 36 !"
  27. 28 mars 68: à Rio l’assassinat d’un étudiant déclenche un mouvement de masse
  28. 4 Avril 68: Martin Luther King est assassiné
  29. Alerte à Versailles: 52 % des Français veulent un nouveau mai 68
  30. Merci Jacques Higelin, esprit de 68 
  31. La grève générale de 36 et ses leçons 
  32. 11 avril 68: attentat à Berlin contre Rudi Dutschke
  33. 17 avril 68: victoire politique sur les massacres du « Mé 67 » en Guadeloupe
  34. Ludivine Bantigny - 1968 : de grands soirs en petits matins - vidéo 
  35. 25 avril 68: le mouvement prend son envol à Toulouse
  36. 29 avril 68: Shadocks contre Gibis
  37. 30 avril 68: Première Partie de la série « 1968 »: Mise en jambe
  38. 1 Mai 68: la combativité ouvrière est confirmée
  39. 2 Mai 68: Nanterre est fermé
  40. 3 mai 68: les cinq erreurs du préfet de police Grimaud
  41. 4 Mai 68: Heurts et malheurs de "Groupuscules dirigés par un anarchiste allemand"
  42. 5 mai 68: un dimanche pas comme un autre
  43. 6 Mai 68: « Libérez nos camarades »
  44. 7 mai 68: L'Assemblée nationale, l’Elysée ? Du théâtre, du cinéma !
  45. 8 mai 68: « L’Ouest veut vivre »
  46. 9 mai 68 : les travailleurs de la Wisco, premiers occupants victorieux
  47. 10 mai 68: « Nuit des barricades »
  48. 11 mai 68:  Pompidou à la manoeuvre 
  49. 12 mai 68 : joyeusetés de la parano policière
  50. 13 mai 68: si les étudiants ont pu, les travailleurs peuvent plus encore
  51. 14 mai 68: La journée d'action ne s’arrête pas comme prévu…
  52. 15 mai 68: Renault Cléon entre en action 

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