La thématique du jour
Palestine : l'intimation au silence
« Nous manifestons notre profonde inquiétude face à l’érosion des libertés publiques par la main même des institutions censées les garantir. »
Alors que s'organisent de nouveaux rassemblements en soutien aux Palestinien·nes, un collectif d'universitaires a dit ce jour son indignation suite à l'interpellation puis la mise en garde à vue de leur collègue Roland Pfefferkorn, à l'issue d'une manifestation « Halte au massacre à Gaza ». Sur fond de criminalisation des appels à la paix, une pluralité de voix dénoncent « ce silence qui leur est intimé ».
Quelles traces de cette violence coloniale subsistent en nous, que réveillent ces images de guerre médiatisée ? Car si l'on partage l'effroi des Israéliens, qui depuis le 7 octobre sont hantés par les images d'horreur et de massacres commis par le Hamas et espèrent le retour des otages, il nous faut aussi dire notre propre terreur : le silence colonial nous accable, nous descendants.
Dans une tribune publiée à l'initiative du collectif Tsedek!, 85 personnalités juives dénoncent l’opération militaire en cours à Gaza et l’instrumentalisation de l’émotion légitime suscitée par les attaques du 7 octobre.
La machine à tuer continue de nous poursuivre où que nous allions, pas d'endroit où aller, pas de moyen de s'échapper, il suffit de s'installer et d'attendre son tour pour être massacré. Je n'écris pas pour changer quoi que ce soit, j'écris pour moi, j'écris parce que je suis encore en vie, j'écris parce que je me sens en vie. J'écrirai jusqu'à ce que je ferme les yeux. Journal de bord d'Hossam Al-Madhoun, 4e épisode.
« À l’heure où nous écrivons ces lignes, 28 journalistes ont été tués. » Depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 et la riposte israélienne qui a suivi, la presse paie un très lourd tribut. Alors que la communauté internationale ne parvient pas à imposer un cessez-le-feu et que Gaza devient un « trou noir de l’information », 33 Sociétés de journalistes, ainsi qu’un large ensemble de journalistes et d’organisations de la profession, demandent aux autorités françaises et aux instances internationales d’appeler avec plus de fermeté à la protection de leurs consœurs et confrères palestiniens assiégés.
« Notre solidarité vient d’un sentiment de colère face à l’injustice, et d’une profonde douleur de connaître les effets dévastateurs de l’occupation, du bombardement des infrastructures civiles et du blocus humanitaire ». Un collectif de chercheurs et chercheuses, artistes, militant·es politiques et syndicaux ukrainien·nes, apporte son soutien au peuple de Palestine. « Nous rejetons les déclarations du gouvernement ukrainien qui expriment un soutien inconditionnel aux actions militaires d’Israël ».
« Ces bouts d’histoires venues de tous les continents, le fruit de notre travail, nous les recueillons parfois au péril de nos vies. » Alors que se sont ouverts les Etats généraux de l'information ce 3 octobre, un large ensemble de journalistes correspondant·es à l’étranger interpellent les pouvoirs publics sur la détérioration de nos conditions de travail. « Notre travail rigoureux au plus proche du terrain vous permet de savoir ce qu’il se passe à l’autre bout du monde. Nous demandons de ne pas avoir peur de tomber malades lorsque nous travaillons. »
Mediapart fête ses 15 ans le samedi 18 novembre de 14h à 18h à la Salle du Sénéchal à Toulouse. En partenariat avec Mediacités Toulouse et en présence d'Edwy Plenel, Caroline Coq-Chodorge, Mathias Thépot, Antoine Perraud, Bérénice Gabriel et Emmanuel Riondé. Venez échanger sur le journalisme local et national et son évolution, les réformes du modèle social et le projet d'autoroute A69.
Deux ans après la publication de l’ouvrage majeur « Les mondes de l’esclavage » (Seuil), la maison Heinrich Heine organise mardi 7 novembre de 19h30 à 21h30 à Paris une discussion à l’occasion de sa traduction en allemand, qui vient d’aboutir.
Une coalition de plus de 150 luttes locales, d'organisations nationales écologistes et sociales, de regroupements paysans, de sections syndicales et de comités locaux des Soulèvements de la terre appellent à 4 jours de mobilisations, rassemblements, occupations et blocages en décembre contre Lafarge et le monde du béton.
"Par la fenêtre ou par la porte", c’est l’affaire France Télécom-Orange racontée par celles et ceux, salarié·es et syndicalistes, qui pendant des décennies ont combattu l’inhumanité d’une direction d’entreprise orientée uniquement par la rentabilité financière. Mediapart participe à une projection suivie d'un débat le 9 novembre à 20h30 à l'Espace Saint-Michel.