La thématique du jour
De la littérature et des luttes
« Je ne pense pas que la littérature ne serve à rien, et je pense même qu’elle a quelques avantages face au fusil. » Dans un texte efficace, Mačko Dràgàn défend le pouvoir des fictions et des récits populaires qui « tapent dans le mille pour déconstruire les imaginaires d’oppression qui nous sont imposés. » Face aux offensives réactionnaires, la littérature est, du romain à la poésie, un espace politique à défendre plus que jamais.
Pour un passage chez Lundimatin et à la Parole Errante, en compagnie de Kaoutar Harchi, Justine Huppe et Nathalie Quintane, j’avais préparé des notes, devenues un texte. Je vous le propose pour engager une réflexion sur ce que peut l’écrit pour nourrir nos luttes. « La littérature ne peut pas sauver des vies, mais elle peut honorer la mémoire des morts et la vie des vivants. Et ça n’est pas tout à fait rien ».
Voici un livre totalement inattendu, imprévisible, incroyablement réussi et même inespéré par la sociologue Kaoutar Harchi. L’auteure dévoile son parcours au cours des années 2000 jusqu‘à son entrée à l‘université. Elle ouvre la page, la porte, le droit au collectif d’exister, de compter autour de la table et en force vive au sein de la société, ici et maintenant.
Suite à la publication de la tribune refusant Sylvain Tesson comme parrain du Printemps des Poètes, une levée de bouclier a envahi l'espace médiatique. Le coeur de la polémique a pris l’accent d’une pseudo-défense de la liberté d'expression. Cette défense apparaît comme une simple distraction du point soulevé par la tribune : la banalisation de l'extrême droite par le biais du champ culturel.
[Archives] Dans « Personne ne sort les fusils » , publié au Seuil et réédité dans la collection Points, il est question de bouffer et de liquider l'humain, pour le profit de quelques-uns.
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Qu'auraient pensé Mélinée et Missak Manouchian de l'annonce de leur panthéonisation prochaine? Hommage bienvenu et réparation mémorielle pour le peuple arménien, « trahison » de leur combat internationaliste et antifasciste, invisibilisation de leurs camarades et du contexte historique? Dans le Club, les avis divergent. Un exemple parmi tant d'autres de l'instrumentalisation rituelle de figures de la résistance et de l'usage du Panthéon comme outil de communication politique.
Les Arméniens de la République d’Artsakh ont été victimes du parachèvement des politiques d’épuration ethnique menées par l’Azerbaïdjan. En France, le logiciel de l’extrême droite repris par un large spectre politique conduit à des erreurs dans la perception du conflit. Contre les récupérations, c'est à la gauche de déconstruire ce logiciel occidental et islamophobe en ancrant la défense des peuples contre l’impérialisme dans l’horizon des luttes internationalistes et anticoloniales.
« À travers les activités artistiques et les institutions culturelles, l’existence même du peuple est visée. » Après le saccage du célèbre « Théâtre de la Liberté » le 13 décembre dernier par l’armée israélienne, un ensemble d'artistes et de personnalités dénonce cette stratégie d'effacement. « Massacrer l’enfance et la jeunesse, détruire les installations éducatives, abattre les porteurs de sa culture, c’est assassiner un peuple. »
Cette tribune est une initiative citoyenne portée par des activistes et le compte instagram @soutien CIIVISE (Commission Indépendante sur l’Inceste et les Violences Sexuelles faites aux Enfants). Elle a été signée par plus de 450 personnes et associations. Elle met en évidence combien la dimension sociétale de la Ciivise est impactée par l’éviction du Juge Durand. « Monsieur Macron, à l'heure du remaniement, vous pouvez faire un choix décisif : imposer des personnes engagées pour l'enfance à des postes clés ! »
Le collectif LGBTI "les inverti·e·s" organise une journée politique et festive au Sample à Bagnolet : "Inver·tea Dance" ! La journée commencera par une table ronde avec Danièle Obono (LFI) , Sébastien Tüller (Amnesty), le collectif antifasciste la Jeune Garde et le collectif la MIF (Militant·e·s pour l'interdiction des frontières) le débat sera suivi de DJ set.
Une séance autour du livre « Une histoire globale des révolutions » (direction Ludivine Bantigny, Quentin Deluermoz, Boris Gobille, Laurent Jeanpierre, Eugénia Palieraki)
Du 12 janvier au 1er mars, des bibliothécaires programment tous les vendredis à 12h au Centre Pompidou des films issus des yeux doc (Cinéma 2 - entrée libre).
Nous avons tous un point de vue sur le monde, et devons sans cesse faire des choix, qui se résument souvent à éviter le pire. L'engagement part du sentiment profond que la réalité imposée à chacun n'est pas inéluctable, qu'on peut imaginer une autre voie pour les autres et pour soi.
Au festival des Cinémas Engagés nous regardons des films qui explorent ces autres voies.