Malgré les annonces gouvernementales, l'assouplissement des visites n'a pas lieu dans beaucoup d'EHPAD, alors que l'évolution de l'épidémie ne justifie plus un tel enfermement et une telle privation de libertés. Les dégâts psychiques sur les personnes sont majeurs et irréversibles. La souffrance des familles est importante.
Le déconfinement annoncé ne concernerait pas les EHPAD: visites des familles au compte gouttes, avec distanciation physique, interdiction de sorties .
Les difficultés cognitives des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer ne permettent pas une communication verbale , encore moins une distanciation physique.
Il faut un réel déconfinement.
Alors que le Président Macron a reconnu que notre pays tenait « tout entier sur des femmes et des hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal », les travailleuses et travailleurs de l'aide à domicile, au contact des populations les plus fragiles, sont les grands délaissés de la « première ligne ». Les fédérations et associations des services d’accompagnement à domicile demandent à ce que ce travail soit reconnu, notamment par une prime exceptionnelle.
Que pendant les quinze ou vingt dernières années de sa vie un homme ne soit plus qu'un laissé pour compte, cela manifeste de l'échec de notre civilisation : cette évidence nous prendrait à la gorge si nous considérions les vieillards comme des hommes, ayant une vie d'homme derrière eux, et non comme des cadavres ambulants. (Simone de Beauvoir : La Vieillesse, Paris 1970)
Les EHPAD sont les grands oubliés de la réponse à l'épidémie. Pour les personnels, la consigne était claire: continuer à travailler et à offrir une alternative à une hospitalisation. Peu importe les conditions. Pour les pensionnaires, mourir seuls, et sans traitement pour apaiser ses souffrances. Par Jean-Hervé Bradol, Directeur d'études à La Fondation Médecins Sans Frontières.