Ce texte a été écrit en janvier 2012. Il reste, hélas, dramatiquement actuel. Depuis cette date, de nombreuses victimes des violences policières sont venues allonger une liste déjà trop longue. Adama Traoré, Steve Caniço, Cédric Chouviat, Sabri Chouhbi... morts comme beaucoup d'autres lors de leur interpellation ne seront, malheureusement, pas les derniers à mourir entre les mains de la police.
Deux phrases de Camélia Jordana ont suffi pour mettre le champ politico-médiatique dans la tourmente. Pourquoi ne peut-on pas avoir une discussion sur les excès de la police comme on le ferait pour tout autre institution ? Discriminations, violations des droits humains, techniques dangereuses, un débat doit avoir lieu sur des pratiques et des comportements contraire à l'idéal démocratique.
Le lynchage policier de George Floyd illustre la violence du racisme et des inégalités socio-raciales à l'échelle locale et globale. Il oblige aussi à interroger les violences globales qui brisent la dignité humaine, à l'ère de la Covid et du néolibéralisme.
Si elle prétend désigner un type d’actions, la catégorie de violences policières est problématique parce que les pratiques des forces de l’ordre sont violentes par essence. En fait on devrait affirmer qu’il n’y a pas de violences policières — qui dit police dit violence — ou alors qu’il n’y a que des violences policières. Que voulons-nous dire alors lorsque nous parlons de violences policières?
Certaines entreprises n’ont pas tardé à afficher leurs soutiens au mouvement anti-raciste aux Etats-Unis, risquant de se retrouver parfois face à leurs contradictions.