La thématique du jour
Contre la guerre impérialiste, quel internationalisme ?
Face à une guerre prédatrice, contre « un pacifisme abstrait qui condamne toutes les parties » comme l’écrivaient des féministes ukrainiennes, une seule voie de sortie semble se dessiner : celle d’un internationalisme par le bas. Un ensemble de contributions dessine cette ligne d'un coudoiement des peuples opprimés, dont celle tracée par la Cantine syrienne (collectif de Syrien·nes en exil et de militant·es internationalistes). Ce précieux point de vue, fondé sur les leçons de 10 ans de soulèvement et de guerre en Syrie, est à conjuguer avec « l'internationalisme socialiste » puisé chez Jaurès par D. Fasfalis, et celui de Dardot & Laval, qui rappelaient que « c’est le système capitaliste financier mondial, avec toutes ses opacités, qui a contribué à fabriquer le monstre étatique poutinien. C’est contre les deux qu’il faut faire l’union de tous les démocrates radicaux ».
Mosaïque de l'ère soviétique, Kyiv, (photo prise en 2021)
Dernier volet d'une réflexion en 4 parties : face au nationalisme grand-russe, réinventons l’internationalisme. C’est le système capitaliste financier mondial, avec toutes ses opacités, qui a contribué à fabriquer le monstre étatique poutinien, et c’est contre les deux qu’il faut faire l’union de tous les démocrates radicaux de l’Ouest et de l’Est.
Dans ce texte, notre collectif d'exilés syrien·nes et de militant·es internationalistes réfléchissent à la manière dont nos expériences dans la révolution syrienne et la guerre peuvent éclairer les efforts visant à soutenir la résistance à l'invasion en Ukraine et le mouvement anti-guerre en Russie.
Dans un manifeste, des féministes ukrainiennes exhortent leurs camarades du monde entier « à la solidarité avec la résistance du peuple ukrainien contre cette guerre impérialiste prédatrice ». Alors que l'agression impérialiste russe « met en péril les acquis des féministes ukrainiennes dans la lutte contre l'oppression », elles appellent à défendre le droit des femmes d'y résister et de déterminer de manière autonome leur stratégie politique face au gouvernement ukrainien.
Je lis des commentaires qui ne cessent d'opposer la condamnation de l'invasion barbare de Poutine aux autres oppressions qui seraient oubliées. Arrêtons d'opposer les combats, conjuguons-les. Condamner Poutine, c'est condamner tous ses clones, dont il est le parrain affiché, qui musèlent pareillement les peuples avec le même poison de la haine nationaliste et identitaire appelé fallacieusement souverainisme qui n'est que le souverainisme de la dictature contre celui du peuple et des citoyens.
Carte de l'Empire britannique en 1886 par Walter Crane. Source: Wikimedia Commons.
Rompant avec les illusions du discours dominant, Jaurès dévoile en 1895 les ressorts sociaux de la guerre en son temps. À l'heure de l'escalade mortifère entre puissances en Ukraine, son discours sonne comme une résurgence et un appel militant à l'internationalisme socialiste, en rupture avec la propagande des classes dirigeantes, à l'Ouest comme à l'Est. « C'est à l'intelligence du peuple, c'est à sa pensée que nous devons aujourd'hui faire appel si nous voulons qu'il puisse rester maître de soi, refouler les paniques, surveiller la marche des hommes et des choses, pour écarter de la race humaine l'horreur de la guerre », écrivait-il.
Nos dernières thématiques
Alors que le salon de l'Agriculture s'ouvre en plein péril de sécheresse, retour en contributions du Club sur les enjeux sociaux, alimentaires et écologiques d'une nécessaire révolution de l'agriculture et de la paysannerie. Cet été, alors que s'abattaient sur la France des calamités que personne n'aurait pu prédire, Yves Guillerault en résumait les enjeux, et appelait à « un changement radical du processus et de la sociologie agricoles » supposant « que le monde paysan nouveau (moins marketing que le beaujolais du même tonneau) se regroupe, mette en commun les savoirs, se fédéralise pour peser politiquement dans les territoires mais aussi face à l’oligarchie de la FNSEA ».
Nous avons conservé le silence pendant 30 jours sur la détention du journaliste franco-afghan Mortaza Behboudi, dans une prison de Kaboul en Afghanistan. Un mois après son arrestation, le 7 janvier dans la capitale afghane, nous rendons aujourd’hui l’information publique, en espérant qu’il sera libéré au plus vite et pourra rentrer en France. Depuis un mois, nous avons fait tout notre possible, à des titres divers, afin d’obtenir sa libération. Son incarcération est proprement aberrante.
« Combien d’entre nous seront morts avant d’arriver à la retraite ? » Prenant part à la « mobilisation historique » contre la réforme des retraites, un large ensemble de lycéen·nes et étudiant·es veulent « faire définitivement battre Macron en retraite ». Ils et elles exhortent, dans les lycées, universités, lieux d'étude, à « organiser des assemblées générales, des comités locaux de mobilisation » et à préparer un large blocage le mardi 7 février.
Après l'intervention brutale et illégale des forces de police samedi 21 janvier à l'université de San Marcos (Lima), plus de 500 universitaires et chercheurs français·es ou basé·es en France expriment leur soutien aux Péruvien·nes et à la communauté universitaire du pays. Face à la répression, à la polarisation politique en cours et à la criminalisation des sciences humaines et sociales, ils et elles rappellent leur utilité, et défendent « la liberté de pensée critique et la liberté d'expression ».
Politique, économie, écologie, évasion fiscale, corruption, violences sexuelles, discriminations, violences policières, social, international… Depuis sa naissance, Mediapart promeut et défend un journalisme d’utilité publique et d’impact, au service des citoyens. Mediapart vous invite à échanger autour de ces sujets pour la 5e édition de son festival au 104-Paris, samedi 25 mars de 11h à 19h.
A l'occasion de la journée internationale pour les droits des femmes, la Fondation OpenAsia|Armanshahr, 40BRAIDS ainsi que la Fédération internationale pour les droits humais (FIDH) ont le plaisir de vous inviter à l'évènement « Femme, Vie, Liberté » proposant films, débats, poésie et expositions, du 1 au 31 Mars 2023, à la Halle Saint Pierre.
Après L’Ardeur, La Beauté, Le Courage, Le Désir puis L’Éphémère, j’avais en tête un intitulé libre et fantaisiste. Pas forcément féérique, mais sans équivoque ni férocité. Un mot qui en appelle à la félicité et à l’imaginaire...
Jeudi 2 mars 19h à Paris, Auditorium de la Maison de l'Amérique latine, l'Institut du Tout-Monde célébrera avec le cinéaste et poète Jean-Denis Bonan les itinéraires d'une vie en quête de la parole poétique.