La thématique du jour
Ukraine : un jour qui dure toujours ?
« Un jour qui dure toujours ». C’est ainsi qu’Iryna Slavinska décrivait le 24 février 2022, qui précipita les Ukrainien·es dans une temporalité autre. Il y a un an, Poutine enclenchait une guerre impérialiste en envahissant l’Ukraine. Depuis, face à l'insubordination du peuple ukrainien, rien ne se passe comme il avait prévu. Tentatives de réinventer l’internationalisme au regard de la guerre, voix rares de la dissidence anti-guerre russe, témoignages de l’insubordination ukrainienne face à une guerre qui dure, analyses sur la propagande russe... Dans le Club, rétrospective en forme d'expectatives.
Kasimir Malévitch, La Charge de la cavalerie rouge (vers 1932)
« Les guerres ont lieu quand elles sont nécessaires, puis les récoltes poussent encore une fois et les bavardages se taisent devant le sérieux de l’histoire » (Hegel). Loin de procéder d’une quelconque nécessité historique, la décision de Poutine est dictée par l’obsession de rétablir la continuité d’une histoire très ancienne rompue par des ruptures vécues comme des traumatismes. Le 12 juillet 2021, il a exposé sa conception de l’histoire ; la « nation grand-russe » s’y voyait reconnaître un rôle moteur. 1er volet d'une réflexion en 4 parties de P. Dardot et C. Laval : l’empire tsariste et la question ukrainienne.
[Rediffusion] Jeudi le 24 février tôt dans la matinée, je suis réveillée par un bruit inconnu. Ce sont les premières explosions dans le ciel de Kyiv. Les sons de la défense antiaérienne que je m’habitue à reconnaître. J’aimais beaucoup la réalité d’autrefois où je n’avais encore maîtrisé cette nouvelle compétence. Mais cette réalité n’existe plus depuis que les Russes ont attaqué nos villes ukrainiennes.
Alors que la littérature ukrainienne est massivement sous-traduite en français, ce texte évoque trois autrices accessibles dans les langues européennes et dont l’oeuvre est un puissant témoignage sur le conflit en cours au Donbass depuis 2014. Elles anticipent un mouvement littéraire prégnant depuis le 24 février 2022 : contre la guerre en Ukraine, les femmes artistes sont en première ligne.
Un mois avant la remise de son prix Nobel de la Paix, Oleg Orlov, dissident russe de Memorial vivant à Moscou, dresse le portrait d'une Russie zombifiée où, dans le déni de l'existence même du peuple et de la culture ukrainien·nes, dans la propagande d'État, se lisent les signes du fascisme. Premier volet d'une série de textes issus d'un partenariat entre le Club de Mediapart et un réseau de dissident·es de la Russie d'aujourd'hui.
Le 24 février 2022 a été un choc pour de nombreux Russes. Certains ont salué le déclenchement de l' « opération militaire spéciale », d'autres s'y sont opposés. Cependant, une majorité de personnes a adopté une position « indécise », ainsi que le montrent les chercheurs du PS Lab. Ces derniers cherchent à en déchiffrer les mécanismes.
Nos dernières thématiques
L'étranger a toujours été considéré comme une menace, le droit (le CESEDA) l'inscrit désormais « de manière quasi obsessionnelle » dans la loi, explique Patrick Henriot, magistrat honoraire et membre du syndicat de la magistrature dans Délibérée, la Revue de réflexion critique sur la justice, le(s) droit(s) et les liberté. « Menace » à l'ordre public, l'étranger - l'étrangère aussi - sert aussi, depuis les décolonisations, de triste tremplin aux politiques en mal de légitimité. SK
Nous avons conservé le silence pendant 30 jours sur la détention du journaliste franco-afghan Mortaza Behboudi, dans une prison de Kaboul en Afghanistan. Un mois après son arrestation, le 7 janvier dans la capitale afghane, nous rendons aujourd’hui l’information publique, en espérant qu’il sera libéré au plus vite et pourra rentrer en France. Depuis un mois, nous avons fait tout notre possible, à des titres divers, afin d’obtenir sa libération. Son incarcération est proprement aberrante.
« Combien d’entre nous seront morts avant d’arriver à la retraite ? » Prenant part à la « mobilisation historique » contre la réforme des retraites, un large ensemble de lycéen·nes et étudiant·es veulent « faire définitivement battre Macron en retraite ». Ils et elles exhortent, dans les lycées, universités, lieux d'étude, à « organiser des assemblées générales, des comités locaux de mobilisation » et à préparer un large blocage le mardi 7 février.
Après l'intervention brutale et illégale des forces de police samedi 21 janvier à l'université de San Marcos (Lima), plus de 500 universitaires et chercheurs français·es ou basé·es en France expriment leur soutien aux Péruvien·nes et à la communauté universitaire du pays. Face à la répression, à la polarisation politique en cours et à la criminalisation des sciences humaines et sociales, ils et elles rappellent leur utilité, et défendent « la liberté de pensée critique et la liberté d'expression ».
Politique, économie, écologie, évasion fiscale, corruption, violences sexuelles, discriminations, violences policières, social, international… Depuis sa naissance, Mediapart promeut et défend un journalisme d’utilité publique et d’impact, au service des citoyens. Mediapart vous invite à échanger autour de ces sujets pour la 5e édition de son festival au 104-Paris, samedi 25 mars de 11h à 19h.
Après L’Ardeur, La Beauté, Le Courage, Le Désir puis L’Éphémère, j’avais en tête un intitulé libre et fantaisiste. Pas forcément féérique, mais sans équivoque ni férocité. Un mot qui en appelle à la félicité et à l’imaginaire...
Le Kosovo célèbre ce 17 février le quinzième anniversaire de sa proclamation d’indépendance, mais de lourds nuages pèsent sur l’avenir du petit pays, qui n’est toujours pas pleinement reconnu sur la scène internationale. Pour parler de ces questions brûlantes, le Courrier des Balkans vont propose un webinaire mercredi 15 février de 19h à 20h30. Inscription gratuite et obligatoire
Jeudi 2 mars 19h à Paris, Auditorium de la Maison de l'Amérique latine, l'Institut du Tout-Monde célébrera avec le cinéaste et poète Jean-Denis Bonan les itinéraires d'une vie en quête de la parole poétique.