Chaque génération pose sa pierre pour la décolonisation. L’histoire de la Martinique est riche en évènements qui interrogent la société dans son rapport à la France et de ce fait dans son rapport avec elle-même.
Qu’elles l’applaudissent, la déplorent ou la condamnent, les postures morales qui ont accueilli la destruction des statues de Victor Schœlcher empêchent de soulever un nœud de problèmes que cette radicalité inédite en Martinique demande d’affronter. La violence d’aujourd’hui vient ainsi poser avec force à la société martiniquaise cette question éthique et politique délicate : peut-on patrimonialiser la domination subie? Et si oui, comment le faire?
Des statues déboulonnées, des manifestations anti racisme, des rues à rebaptiser.
Comment concilier nettoyage de notre mémoire collective avec la justesse d'une transition qui pourrait s'abstenir d'évoluer par la violence et la destruction ? Gageons que nous en sommes capables !
Plusieurs statues érigées en hommage à des colonisateurs (tous plus ou moins génocidaires) sont périodiquement contestées (et certaines déplacées) depuis quelques années.