La thématique du jour
« Aux urgences, les morts inattendues, c’est ce que tout le monde redoute »
« Madame la ministre, assez de fausses solutions lancées dans les médias. La réalité de terrain est que votre politique est meurtrière et que vous en portez la responsabilité morale avec vos prédécesseurs ». Alors que les médias relaient l'égrènement funeste des morts évitables aux urgences, contributeurs et contributrices du Club, patient·es comme soignant·es, témoignent et contextualisent. Et surtout, énoncent les culpabilités : les morts silencieuses dans les couloirs, cet hôpital qui saigne des départs de personnels épuisés, sont les suites directes d'une politique néolibérale qui ruine le système de soins français et dilapide notre patrimoine social.
Ces dernières semaines, la presse a fait état d’un certain nombre de décès de personnes qui visiblement n’ont pas bénéficié de soins adaptés dans des situations d’urgence. Madame la ministre, assez de fausses solutions égrenées dans les médias. La réalité de terrain est que votre politique est meurtrière et que vous en portez la responsabilité morale avec vos prédécesseurs ainsi que le président de la République.
Après avoir fait ma carrière à la sécurité sociale, un épisode récent - les soignants d'un hôpital de Trappes m'ont sauvé la vie -, m'amène à expliquer, car je le vis dans mes tripes, combien il est essentiel de protéger la sécurité sociale de toutes les atteintes que subit notre patrimoine social. Dans les couloirs de l’hôpital, j’ai ressenti le stress des soignants. Le sens professionnel qu’ils démontrent au quotidien mérite mieux que ce détricotage silencieux et sournois que notre gouvernement, et d’autres avant, ont engagé.
Les professionnels du secteur de la santé comptent, parmi les catégories de professions qui présentent le plus haut risque de burn-out. Les plus touchés seraient ceux dont la pratique les met en contact permanent avec des malades particulièrement lourds ou dont le pronostic vital est sans cesse en jeu.
Témoignage d'une prise en charge à l'hôpital public, il s'agit d'un vécu personnel. Le but est de permettre la prise de conscience de la part du public mais aussi des professionnels, de l'aberration du système de soin actuel.
André Grimaldi, François Bourdillon, Michel Canis et Michek Naiditch, quatre médecins du Collectif de Professionnels et de Patients pour la Refondation de la Santé (CPPRS) expliquent ici de façon très pédagogique comment « placer la santé hors des lois du marché », en remplaçant la régulation comptable par une régulation médicale.
Nos dernières thématiques
« Immigrés, gauchistes et antifas » : au moment de la panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian, contributeurs et contributrices pointent l'ampleur de la tartufferie - célébrer ceux qui sont aujourd'hui pourchassés et réprimés par le gouvernement -, et fabriquent leur panthéon alternatif. Contre un hommage qui fige les combats du groupe Manouchian dans le formol, ils et elles se saisissent de l'occasion de la mésentente mémorielle pour honorer leur histoire vivante, redisent la force de leur lutte et conjuguent leur antifascisme au présent.
Les Arméniens de la République d’Artsakh ont été victimes du parachèvement des politiques d’épuration ethnique menées par l’Azerbaïdjan. En France, le logiciel de l’extrême droite repris par un large spectre politique conduit à des erreurs dans la perception du conflit. Contre les récupérations, c'est à la gauche de déconstruire ce logiciel occidental et islamophobe en ancrant la défense des peuples contre l’impérialisme dans l’horizon des luttes internationalistes et anticoloniales.
Aurore Bergé a déclaré vouloir « passer au crible les associations féministes » afin de supprimer les financements en cas de « propos ambigus » au sujet du 7 octobre. Un énième signe du « backlash » anti-féministe, alors que nous assistons à un nouvel élan du mouvement #MeToo. Un large ensemble d'organisations et personnalités répondent : « N’inversons pas les rôles : féministes, nous croyons les victimes, dénonçons toutes les violences masculines. Nous ne vous laisserons pas instrumentaliser nos combats. »
« À travers les activités artistiques et les institutions culturelles, l’existence même du peuple est visée. » Après le saccage du célèbre « Théâtre de la Liberté » le 13 décembre dernier par l’armée israélienne, un ensemble d'artistes et de personnalités dénonce cette stratégie d'effacement. « Massacrer l’enfance et la jeunesse, détruire les installations éducatives, abattre les porteurs de sa culture, c’est assassiner un peuple. »
Le collectif LGBTI "les inverti·e·s" organise une journée politique et festive au Sample à Bagnolet : "Inver·tea Dance" ! La journée commencera par une table ronde avec Danièle Obono (LFI) , Sébastien Tüller (Amnesty), le collectif antifasciste la Jeune Garde et le collectif la MIF (Militant·e·s pour l'interdiction des frontières) le débat sera suivi de DJ set.
Une séance autour du livre « Une histoire globale des révolutions » (direction Ludivine Bantigny, Quentin Deluermoz, Boris Gobille, Laurent Jeanpierre, Eugénia Palieraki)
Du 12 janvier au 1er mars, des bibliothécaires programment tous les vendredis à 12h au Centre Pompidou des films issus des yeux doc (Cinéma 2 - entrée libre).
Nous avons tous un point de vue sur le monde, et devons sans cesse faire des choix, qui se résument souvent à éviter le pire. L'engagement part du sentiment profond que la réalité imposée à chacun n'est pas inéluctable, qu'on peut imaginer une autre voie pour les autres et pour soi.
Au festival des Cinémas Engagés nous regardons des films qui explorent ces autres voies.