Nous assistons aujourd’hui à une surprenante sacralisation de la fonction de caricaturiste : le voici transformé en héros de la liberté d’expression, placé de ce fait au-dessus de toute contestation et de toute critique. Il y a manifestement abus lorsque, sous prétexte d’exalter la liberté d’expression, la caricature devient une entreprise publique imposée à tous.
L’abominable attentat perpétré contre Samuel Paty par un criminel fanatisé a suscité une indignation à la mesure de son horreur. Elle a aussi engendré un certain nombre de commentaires et propositions qui témoignent d’une redoutable confusion, concernant notamment la notion de liberté d’expression et ses manifestations.
Signal d’encouragement pour les forces de l’ordre, la restriction du droit de filmer la police est un tournant majeur, une marque du déclin des libertés et de la dérive vers un pouvoir autoritaire.
Liberté d'informer, liberté de la presse, liberté d'opinion, liberté d'expression, liberté de réunion, liberté de manifestation… Toutes contre-pouvoirs démocratiques dans un état de droit contre l'arbitraire, les violences policières. Depuis des jours nous sommes nombreux à refuser obstinément d'admettre que la loi «Sécurité globale» puisse passer.
Renoncer aux excès du blasphème n’est pas signe de faiblesse, mais de maturité. On devrait user des caricatures à dose homéopathique, non sous une forme pléthorique.