La thématique du jour Jeux vidéos, réseaux sociaux, école, parents : quand les responsables politiques cherchent des coupables aux révoltes

Cela fait maintenant plus d’un mois que Nahel Merzouk est mort d’un tir policier, que des villes et des quartiers populaires se sont embrasés. Alors que les raisons de la colère sont reconnues, des dirigeants politiques et des médias tentent encore de distiller des récits alternatifs pour rejeter leurs responsabilités. Et réutilisent sans vergogne de vieilles paniques morales, maintes fois démenties par les sciences sociales. Pour sortir de cette nocive chasse aux coupables, plusieurs contributions proposent des analyses stimulantes de ces éléments de langage.

Révoltes et réseaux sociaux : le retour du coupable idéal

Les mouvements de révoltes qu’ont connues de nombreuses villes de France en réaction à la mort de Nahel ont entraîné une réponse sécuritaire et autoritaire de l’État. Ces évènements ont également réactivé une vieille antienne : tout cela serait dû au numérique et aux réseaux sociaux.

Derrière les jeux vidéos, encore...

[Rediffusion] À la suite des révoltes dans les quartiers populaires consécutives à la mort du jeune Nahel, tué par un policier, le « rôle considérable » des jeux vidéos a été mentionné comme cause de l'apparition de la violence. Pour un ensemble de professionnels du soin psychique et de la santé mentale, de la recherche, de l’accompagnement des enfants et adolescents et de la prévention, les jeux vidéos sont la « cause récurrente de tous les maux » et l'alibi facile, en stigmatisant un usage culturel, « d'une société société sous panique morale ».

De la prétendue démission parentale dans les familles populaires…

[Rediffusion] La récurrente accusation d'une démission éducative des familles populaires ne repose sur aucune analyse objective. Elle s'inscrit dans une volonté de se débarrasser de la question sociale en considérant les classes populaires comme dangereuses et responsables de leur sort, histoire de prendre les victimes pour des coupables.

Émeutes urbaines, l'école est elle coupable ?

 Après les émeutes urbaines qui ont touché la France au mois de juin, son système éducatif se retrouve une fois de plus sur la sellette et comme à chaque fois, chacun joue sa partition. Pour les déclinistes, selon lesquels si l’école va mal, c’est forcément à cause du pédagogisme, « l’école fabrique des masses de jeunes violents et incultes ». L’éducation est-elle responsable de tous les maux de la société ? 

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« Non, toute la police ne souhaite pas user impunément de la violence (...) Non, toute la police n’est pas solidaire du comportement de policiers qui se rendent coupables de crimes dans l’exercice de leur fonction » : à travers un témoignage percutant, un fonctionnaire s'élève contre les dysfonctionnements systémiques de l'institution, dont se rendent coupables les responsables hiérarchiques. Dans le Club, d'autres contributions pointent la pusillanimité du chef de l'Etat face aux syndicats qui demandent une justice d'exception. Et, pour certains, espèrent une police « républicaine » et respectueuse de tous les citoyens.

Saint Tom Cruise, priez pour nous

Welfare, Aix-en Provence

Féminisme et Barbie

Liberté de la presse : au-delà des états généraux de l’information, le besoin de courage politique 

[Rediffusion] Le 13 juillet dernier, le Président de la République annonçait l’organisation d’états généraux de l’information, après les réactions suscitées par la désignation de Geoffroy Lejeune à la tête de la rédaction du Journal du dimanche. Cette initiative pourrait s’avérer utile si le renforcement de la concentration de la presse était un sujet inédit. 

Xénophobie en Tunisie : la responsabilité du président Saïed

Alors que la dramatique crise humanitaire qui touche les migrants africains noirs en Tunisie commence à attirer l'attention de la communauté internationale, plus de 130 universitaires de nombreux pays, dont Bertrand Badie, Judith Butler, Achille Mbembe, Cédric Villani, Mary Teuw Niane, ont adressé une lettre à Antonella Polimeni, Rectrice de l’Université La Sapienza, demandant le retrait du doctorat honorifique décerné au président Saied, en raison de son implication dans les graves abus contre les Noirs en Tunisie. 

Mort de Nahel : colère et effroi - 500 personnalités alertent

[Billet mis à jour] Après la mort de Nahel, tué par la police, et alors qu’une cagnotte faisant « ni plus ni moins l’apologie d’un meurtre raciste » a été lancée, une tribune a été signée par un panel inédit de 500 personnalités et militants : Amal Bentounsi, Médine, Angèle, Hatik, Annie Ernaux, Casey, Médine, Angèle, Mame-Fatou Niang, Hatik, Pomme, Adèle Haenel, Rokhaya Diallo, Jean Luc Mélenchon. Nacira Guénif, Edouard Louis et d’autres , signent à leur tour ce texte, ainsi que les collectifs et associations Echo-banlieues, Lallab, l’UNEF, Cerveaux non disponibles, Ghett’UP et le Collectif de défense des jeunes du Mantois. Mais aussi des milliers d’anonymes : en 24 heures, nous avons recueilli plus de 10 000 contributions de citoyen·nes souhaitant s’associer à notre appel. Une convergence pour un Etat de droit où la sécurité et la dignité des citoyens sont garantis.

Festival de films et de débats

Le Festival Résistances propose en Ariège 8 jours pour échanger et construire une culture commune autour de films sélectionnés par des comités bénévoles tout au long de l'année.

Mediapart fête ses 15 ans à Rennes le 9 septembre

Mediapart fête ses 15 ans le samedi 9 septembre de 14h à 18h à la Halle de la Brasserie à Rennes. En présence de Carine Fouteau, Lenaïg Bredoux, David Perrotin, Pauline Graulle, Mathilde Goanec et Edwy Plenel. Venez échanger sur le journalisme indépendant, l'actualité politique et économique, l'école, et d'autres sujets d'actualité.

Université d’été des mouvements sociaux et des Solidarités : un riche programme à découvrir !

Dans le contexte national et international actuel, marqué par les attaques antisociales et répressives du gouvernement, la montée des extrême droites et de leurs idées, la crise climatique et ses conséquences, les tensions internationales, nous retrouver dans la diversité de nos mouvements est indispensable. L’Université d’été des mouvements sociaux et des Solidarités, du 23 au 27 août à Bobigny, propose un programme très riche et varié, faits de débats, rencontres, ateliers, formations, activités culturelles.

Table ronde - Enquête « Femmes à abattre »

Table ronde autour de l’enquête internationale sur les féminicides politiques en partenariat avec Mediapart. Rendez-vous le 12 juillet à 19h.